Un squat délogé à Hitimahana

    mardi 6 décembre 2016

    squat hitimahana

    Les cabanes insalubres étaient installées entre les terrains militaires et la plage, en baie de Muriavai, à Mahina.
    Elles ont été détruites hier par les muto’i. (© Jean-Luc Massinon)

     

    Trois cabanes installées sur la plage ont été détruites par la police municipale de Mahina. Le maire ne veut pas une extension de l’insoluble squat de Hitimahana. Les occupants n’ont pas fait de résistance, mais dénoncé la validité de la procédure.

     

     

    On est loin de l’ampleur de la Jungle de Calais, mais c’est bien un démantèlement qui a été opéré hier matin par la police municipale de Mahina sur le littoral, en baie de Muriavai. Trois constructions illégales ont été détruites et une dizaine d’occupants priés de partir.

    Si l’opération s’est déroulée dans le calme, c’est qu’une partie des squatteurs avait déjà vidé les lieux. Les muto’i avaient averti qu’ils viendraient démonter ces cabanes installées entre la plage et les clôtures du champ d’antennes militaires.
    Cachés dans la végétation de riri et de raisiniers de bord de mer, ces abris insalubres étaient presque invisibles.

    Deux des cahutes étaient en quelque sorte des “résidences secondaires” de squatteurs de quartiers voisins. Le couchage était sommaire, composé de palette de bois pour surélever des sommiers en contreplaqué fatigué.

    Des tôles et des bâches ficelées à des tubes, des troncs ou aux branches des arbustes, assuraient une étanchéité relative.

     

    Procédure dénoncée

     

    Si les deux premiers squats étaient vides, le troisième était toujours occupé. Deux cousins habitaient là depuis quelques mois. Sans eau et sans électricité, le seul confort résidait dans une gazinière. Le jeune homme, présent à l’arrivée des agents, a montré sa désapprobation, expliquant qu’il n’avait nulle part ailleurs où aller et surtout pas dans un foyer pour sans-abri.

    “Je ne gêne personne ici”, a-t-il tenté de manifester. Mais le chef de la police lui a expliqué qu’il ne pouvait rester là en raison des risques qu’il courait en cette période de cyclone et de forte houle. Le jeune homme et son compagnon de galère, qui l’avait rejoint, ont tenté de mettre en défaut les muto’i en assurant qu’une ancienne élue de Mahina leur avait garanti que la mairie ne pouvait pas les déloger sans avis d’expulsion et sur un littoral qui n’appartient pas à la commune.

    Les muto’i ont répliqué que la sécurité et l’insalubrité étaient de compétence du maire. La bonne conseillère aurait dû leur trouver plutôt un abri, car le squat a été démonté malgré tout. Les services techniques sont venus ramasser tous les matériaux qui ont servi à ériger ces cabanes d’infortune. 

    J.-L.M.

     

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    Les services techniques ont fait place nette après le démantèlement. (© Jean-Luc Massinon)

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    Très sommaires, deux des trois abris avaient été vidés par leurs occupants, avertis de l’opération. (© Jean-Luc Massinon)

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    Si les deux premiers squats étaient vides, le troisième était toujours occupé. (© Jean-Luc Massinon)

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    Les muto’i avaient averti qu’ils viendraient démonter ces cabanes installées entre la plage et les clôtures du champ d’antennes militaires. (© Jean-Luc Massinon)

     

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