Le statut d’autonomie, frein à l’égalité réelle ?

    mercredi 5 octobre 2016

    égalité réelle

    (© DR)

    Dans la nuit de lundi à mardi, le projet de loi Égalité réelle outre-mer a débuté son étude, à l’Assemblée nationale. Un projet de loi sur lequel les trois ministres successifs du gouvernement de François Hollande se sont tour à tour penchés.
    George Paul-Langevin en tant qu’ancienne ministre des Outremers, Victorin Lurel en tant que rapporteur du projet, et Ericka Bareigts en tant qu’actuelle ministre des Outre-mer.

     

    La nouvelle ministre, en préambule de l’étude du texte, a lancé un plaidoyer presque touchant en faveur des outremers.  “Nos 2 750 000 compatriotes résidant Outre-mer vivent, au quotidien, les différences de niveau de vie entre leur territoire et l’hexagone, et nous ne pourrions nous résoudre à leur faire croire que la République, souvent évoquée et invoquée, est devenue une illusion, surtout pour eux. L’égalité, elle, ne se dilue pas.” Différence de prix, illettrisme, mortalité infantile. Autant de sujets qui font tâche dans une république qui se veut une et indivisible. Le projet de loi, qui n’aura,c’est certain, que peu d’implications en Polynésie française de par le statut d’autonomie, donne l’illusion du choix sans les avantages du soutien républicain.
    Cependant, la ministre, née dans un département d’outre-mer, met les pieds dans le plat d’une société française qui regarde soleil et cocotiers comme autant de boulets bronzés aux chevilles. Le gouvernement souhaite récuser l’hypocrisie et faire taire une petite musique lancinante, trop souvent entendue : “Les outre-mer coûtent mais ne comptent pas” ; “On ne peut pas comparer avec la métropole”. “L’apologie de la résignation ne constitue pas notre programme politique.”

    Pouvanaa cité dans la loi

    La ministre a développé son projet de texte en quatre points. La définition d’un horizon commun pour les outre-mer et d’une méthode novatrice et participative ; la poursuite de la marche vers l’égalité sociale ;  la promotion et la consolidation du développement économique de nos outre-mer et enfin la construction d’une connectivité au service de nos territoires et de leurs habitants.
    “L’égalité réelle a également vocation à s’appliquer en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna, dans le respect des statuts de ces collectivités”, assure tout de même la ministre, qui connaît les difficiles passerelles entre les systèmes économiques et les écarts de monnaie.
    Aide au voyage pour les étudiants, aide au voyage pour les obsèques, péréquation tarifaire pour les forfaits postaux. La ministre conclut : “J’ai entendu également les attentes pour aller encore plus loin, sur le plan de la continuité intérieure, pour des territoires aussi spécifiques que la Polynésie française, aussi étendue que l’Europe. Il faut, certes, respecter les compétences statutaires des autorités locales. Mais, moyennant un surcroît de solidarité nationale, il faudra sans doute à l’avenir imaginer encore de nouvelles solutions et innover”.
    Ainsi, dans l’exposé des motifs de la loi, même Pouvanaa a Oopa est mentionné. “C’est aussi pour l’égalité entre tous les Français que s’est battu Pouvana’a a Oopa.” Mais, si Mayotte et la Nouvelle-Calédonie sont régulièrement citées dans le texte, la Polynésie française, en tant que collectivité à part entière, n’y figure pas. Encore un texte que l’on va regarder passer, avant peut-être, des avancées significatives qui pourraient être incluses dans la modification du statut, ou dans les accords de Papeete.

    Bertrand Prévost

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