Le statut de l’artiste se lance doucement, mais sûrement

    mercredi 24 août 2016

    artiste

    Le ministre de la Culture, Heremoana Maamaatuaiahutapu, a répondu point par point aux nombreuses interrogations soulevées. Une autre réunion d’information devrait être organisée prochainement. (Photo : Vaiana Hargous)

     

    La carte professionnelle peut d’ores et déjà être demandée

     

    C’est un grand pas en avant pour la sphère artistique du fenua. Le statut de l’artiste, concocté depuis deux ans par le ministère de la Culture, est enfin prêt à être servi.

    Le ministre Heremoana Maamaatuaiahutapu, assisté de représentants du service de la culture et du patrimoine et du service des contributions, en informait hier matin les intéressés, lors d’une réunion organisée au conservatoire artistique de la Polynésie française (CAPF) dans le cadre de la mise en œuvre de ce dispositif inédit.

    Dans l’assistance, une quarantaine de personnes issues de tout horizon – musique, peinture, sculpture, tatouage, photographie, etc – était présente pour prendre connaissance des objectifs et modalités du dispositif, mais aussi profiter de poser leurs nombreuses questions au ministre, qui a pris le temps d’y répondre point par point.

    Si chacun saluait l’initiative et y allait de son cas particulier, une grande majorité a surtout souhaité savoir ce que ce statut, qui passe par l’obtention d’une carte d’artiste professionnel, leur apporterait de bon. Pour le ministre, “l’intérêt de cette carte est d’abord d’avoir une patente unique”.

     

    Aujourd’hui, la plupart des artistes ont des patentes très éclectiques et ne sont pas soumis au même régime fiscal. Cette patente a l’avantage d’être exonérée de droit et de TVA, ce qui n’est pas le cas pour les différentes patentes existantes aujourd’hui. Et puis, tous ne sont pas patentés non plus, donc l’autre avantage de cette carte, c’est que tout ce qui se fait au noir pourra faire l’objet de transactions légales. L’un des plus grands problèmes que j’ai rencontré pendant que je dirigeais la Maison de la culture, c’était de ne pas pouvoir passer de commande à mes amis artistes pour des spectacles ou des prestations, parce qu’il fallait passer par le relais d’une association et d’une convention. C’était très compliqué et parfois à la limite de la légalité. Aujourd’hui, on peut faire des bons de commande, pour la Fête de la musique par exemple, qu’on a dû laisser tomber cette année parce que ça devenait trop compliqué. Pour l’administration, c’est beaucoup plus simple.

     

    Aussi, seuls les détenteurs de la carte d’artiste professionnel pourront bénéficier des différentes aides à la création artistique du ministère de la Culture. Ce statut de l’artiste, Heremoana Maamaatuaiahutapu a bien conscience qu’il “n’est pas parfait”.

     

    Bien sûr qu’il y aura certainement des difficultés, mais il faut commencer aujourd’hui.L’idée est quand même de le faire démarrer, de le faire exister, pour ensuite partir sur les rectifications qu’il faudra apporter. S’agissant d’un nouveau dispositif, on sait que, dans la pratique, il y aura des choses à changer. Et il ne faut pas que les artistes hésitent à nous faire remonter les problèmes qu’ils rencontreront.

     

    Pour couper court à une polémique de fichage par le biais de cette carte d’artiste professionnel, le ministre a également précisé à l’assistance que l’adhésion à cette carte “n’est pas une obligation”.

    Ceux qui ont peur d’être fichés par le gouvernement, ne demandez pas la carte ; ceux qui veulent aider à faire avancer les choses, demandez-la. Le but, encore une fois, ce n’est pas de ficher les gens, c’est de pouvoir travailler avec ces gens-là, et surtout de travailler dans la légalité.

     

    Une légalité qui implique bien évidemment de participer à l’effort collectif de solidarité en s’acquittant de ses cotisations auprès de la CPS, un point qui fait souvent l’effet d’un brossage à rebrousse-poil, “mais pourquoi ne pas y participer, au même titre qu’un maçon ou qu’un électricien qui gagne parfois moins qu’un artiste, pour pouvoir aussi en bénéficier ?”, a lancé le ministre.

    Les artistes doivent-ils continuer à vivre aux dépens de ces gens ?” Les artistes peuvent effectuer, dès aujourd’hui, les formalités nécessaires auprès du service de la culture pour être reconnus en tant qu’artistes professionnels.

    Le ministre s’est donné deux ans pour la mise en application progressive de cette reconnaissance des artistes professionnels, laquelle sera accompagnée dès la fin de l’année par la création d’un site de promotion des artistes référencés.

     

    V.H.

     

    Retrouvez dans notre édition du jour :

    • Le statut de l’artiste en bref
    • La carte professionnel  : définitions et renseignements
    • Réactions : Roland Garrigou (manager de Tahiti Ora), Hell Ton John (Artiste) et Stéphane Rossoni (Batteur du grouppe Tikahiri)
    • La liste des activités artisitiques

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