Steven Pierson, un champion au grand cœur

    mercredi 30 novembre 2016

    steven pierson

    Dans sa carrière, Steven Pierson a alterné échecs et réussites, rechutes et finalement renaissance. (© DR)

     

    Steven Pierson s’est forgé un mental d’acier qui lui a permis de rafler, cette année, son 10e titre de champion de Tahiti Open, la Coupe de Tahiti, ainsi que la “Toutes Catégories”. Sa mère lui a inculqué les vraies valeurs de la vie : respect, honnêteté, humilité… “Merci maman !” Avec son école de surf (Tahiti Nui Surf School), le Tahitien veut aussi faire partager sa passion.

     

     

    Un mental d’airain. Voilà comment on pourrait définir Steven Pierson. Le Tahitien s’est façonné au fil du temps  un état d’esprit en convenance avec ses ambitions cannibales. 

    Arrivé à Tahiti à l’âge de trois mois, “Blanc-Blanc”, comme on pourrait le surnommer, a toujours grandi en harmonie avec la nature mais  a dû trouver sa place dans un nouvel environnement jonché d’embûche.

    “Étant un petit blanc-blanc, j’ai dû me faire accepter. Je n’ai jamais réellement connu ma famille. Ma mère m’a élevé seul, ici, à Tahiti, c’était son choix. J’ai donc dû apprendre à me défendre seul.”

    Pierson s’est parfaitement adapté à son île qu’il a rapidement apprivoisé : “Je ne regrette rien car j’ai beaucoup appris avec la vie que j’ai eue avec ma mère. Ça n’a pas toujours été facile, mais cela a forgé mon caractère. Elle m’a donné une bonne éducation, et les valeurs de la vie (respect, honnêteté, humilité, l’amour de la nature des animaux…)”

    Mais Pierson c’est aussi de la puissance, de la vélocité et beaucoup de volonté à l’état pur. Ces trois composés lui ont aussi permis d’arriver, après de longues années de haute lutte incessante, à la réussite.

    Et quelle réussite ! Un dixième titre de champion de Tahiti Open décroché la semaine dernière, ainsi qu’une Coupe de Tahiti Open et, cerise sur le gâteau, la victoire finale de l’épreuve “Toutes Catégories” dimanche dernier. C’est carrément balèze !

     

    Les années galère

     

    Mais cette implacable domination, il a dû aller la chercher au fond de ces tripes.  Il se souvient de ses balbutiements dans le monde sans pitié du surf. La galère ! La galère ! “Après mon bac, je suis allé en Europe grâce à quelques sponsors de l’époque. J’ai pu suivre pendant une année les épreuves pro juniors. j’ai réussi à décrocher un sponsor majeur (Rip Curl). J’ai terminé la saison dixième junior Européen en professionnel, le meilleur Junior du Team classé cette année-là chez Rip Curl.”

    Mais patatras, le sponsor se désengage. “L’année suivante, j’ai perdu ce sponsor qui m’avait tant promis. Je n’ai donc pas pu faire suivre le circuit WQS (World Qualyfying Series, NDLR) correctement faute de moyens. Je suis donc rentré à la maison en attendant une nouvelle opportunité. C’est donc là que j’ai commencé à pêcher pour gagner de l’argent. Je pêchais le jour et aussi la nuit, en haute mer avec des copains, dans le lagon au fusil et au filet. J’ai beaucoup appris durant ces trois années. Je faisais en même temps les compétitions locales pour gagner un peu d’argent pour pouvoir repartir au combat.”

    Ces péripéties lui ont forgé une carapace qui ne laisse pas transparaître la moindre faiblesse, mais parfois, le physique ainsi que le mental en prennent un coup quand même.
    À chaque contre-performance, l’émotion affleurait, le rattrapait, l’assaillait presque.

    Son année 2015, achevée dans la souffrance, est là pour lui rappeler ces années de galère.

    “Bien que j’ai réussi à me maintenir dans les primes event (épreuves cotées du QS) pour 2016, côté financier ça devenait trop compliqué. Et en Jiu-jitsu, mon autre passion, je me blesse aux côtes flottantes lors des Championnats du monde IBJF et je suis donc contraint d’abandonner”.

     

    2016, la renaissance

     

    Il accuse le coup mais rebondit illico presto pour ne pas se laisser submerger par la déception. En 2016, sa fébrilité a comme par magie disparu et il retourne fracasser les spots du circuit du Qualyfying Series ainsi que ses adversaires sur le tatami.

    Le bonheur redevient une habitude pour Steven Pierson. “Fin 2015, je décide de lancer mon école de surf (Tahiti Nui Surf School). Une très bonne décision d’ailleurs. J’ai fait un petit break côté surf à l’international mais sans lâcher le monde de la compétition.”

    Et alors qu’il s’occupe de sa petite affaire et qu’il vient d’être papa le mois dernier pour la seconde fois, paradoxalement, Steven se sent plus fort que jamais. Il s’est forgé un palmarès sur le plan local à faire pâlir d’envie ses pairs, à tel point qu’il s’en est fallu de peu qu’il se laisse submerger par l’émotion.

    “J’ai été champion de Polynésie en ceinture blanche et champion du monde en blanche IBJJF (IBJJF est la fédération la plus prestigieuse dans les compétitions de Jiu-jitsu, NDLR). J’ai récemment remporté ma première compétition en ceinture bleue. Ça fait chaud au cœur !”

    En clair, il a tout simplement estourbi ses adversaires. Dorénavant, il redouble d’effort et d’énergie pour transmettre sa passion et son savoir à des jeunots en soif d’apprentissage que ce soit en surf ou en jiu-jitsu.
    Et rien que pour cela, il mérite le respect.

    Steven Pierson c’est aussi l’homme nature : “Je m’investis aussi dans des événements environnementaux. J’ai fait une vidéo avec les enfants de mon école dans laquelle je dénonce le manque de civisme de certains”.
    Steven Pierson c’est aussi la main sur le cœur : “La copine de ma femme cherchait des fonds pour aider une famille à venir à Tahiti pour que leur enfant découvre ses origines avant de ne plus avoir l’usage de ses jambes (il est atteint d’une grave maladie). Je lui ai donc offert un billet d’avion grâce à mon partenariat avec Air Tahiti Nui. Je suis allé voir mon sponsor pour savoir si je pouvais lui donner un de mes billets. C’était O.K.. Il était heureux de mettre les pieds dans le sable et encore plus de ressentir les sensations de glisse sur les vagues. Aujourd’hui ce petit garçon ne marche plus”.

    Steven Pierson carbure au défi, au partage, qu’il ne peut et ne pourra jamais assouvir. Merci “Blanc-Blanc”.

     

    M.Tr.

     

    Plus d’informations dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique avec l’interview de Steven Pierson

     

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