Studio Poly 3D – Des Padawans en quête d’émotions

    mardi 17 novembre 2015

    Rien n’est décidément comme dans les autres écoles au Studio Poly 3D, la nouvelle formation mise en place par la Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers (CCISM), spécialisée dans les métiers du numérique, et notamment la création de jeux vidéo et d’animation en trois dimensions.
    Ici, pas de salle de classe, mais un labo, pas de professeur, mais un coach, pas de groupe de travail, mais des légions, pas d’élèves, mais des Padawans.
    Et lorsque l’inspiration ne vient pas, c’est en marchant, sur le front de mer et dans les jardins de Paofai, que cette armée créative part en quête d’idées. “Steve Jobs le dit dans sa biographie, il était toujours en train de marcher. C’était sa manière de fonctionner. S’il avait besoin de trouver des idées, il partait marcher”, explique Patricia Gallot-Lavallée, la coach de cette première promotion, réjouie de voir un élève en mode marche automatique, perdu dans ses pensées. “Là, il est en train d’imaginer, de créer, d’améliorer, d’affiner.” La mission est inédite pour ces combattants du pixel, surtout venus pour apprendre à créer des jeux vidéos à l’image de ceux qui ont animé leur jeunesse ou des dessins animés qui ont bercé leur enfance.
    Aujourd’hui, plus que de la forme et de l’image, c’est avant tout du sens et du fond qui est réclamé. D’ici vendredi, ils devront produire une “ad emotion”, une publicité qui crée de l’émotion.

    “Les émotions peuvent être travaillées”

    Hier, dès 8 h 30, ils ont découvert le client mystère qu’ils devront virtuellement satisfaire, et l’objectif recherche.
    C’est finalement pour leur propre cursus qu’ils devront amener les futurs élèves potentiels à ressentir du désir, de l’envie de s’inscrire ou de l’admiration, tout cela avec la caméra d’un smartphone, et en moins de
    30 secondes.
    Si reproduire, dessiner, modéliser est surtout complexe techniquement, penser, imaginer pour toucher en plein cœur est une toute autre affaire.
    “Plein de gens croient qu’une émotion, c’est nébuleux, que cela n’appartient qu’à soi, mais des émotions peuvent être créées par des points techniques que l’on peut travailler”, rassure Patricia Gallot-Lavallée.
    “Ce qui est magique, avec l’émotion, c’est que ce sont des symboles, nous allons donc travailler sans texte, sans dialogue.”
    Mais comme le veut la politique de la formation, c’est aux élèves eux-mêmes de découvrir la recette parfaite pour faire vibrer les spectateurs. Les jeunes Padawans ont donc recensé les publicités qui les avaient touchées puis les ont analysées, démantelées, autopsiées pour tenter d’en extraire le mécanisme créateur d’émotions.
    La mission est rendue plus facile par le sujet : donner envie de s’inscrire dans leur cursus. “C’est plus facile parce qu’ils savent les leviers qui ont créé de l’émotion chez eux.”

    “S’inspirer des publicités et de son expérience”

    Ka’imi n’est pas forcément de cet avis : “Cela fait partie des choses que l’on doit connaître parce qu’un jeu sans émotion, cela ne doit pas être top. Le fond de l’histoire est le plus difficile à créer selon moi. Après, il est plus facile de dessiner un personnage. Il n’y a pas de leçon pour écrire une histoire”, reconnaît le jeune Padawan.
    Si la marche fait suer Jessie, sous le lourd soleil qui frappe la ville actuellement, elle semble aussi avoir mis ses idées au clair. “Il faudra s’inspirer des autres publicités et de sa propre expérience.” “On s’installe sur les épaules des géants”, indique ainsi le coach, qui incite aussi à s’inspirer des grands succès de la publicité.
    Les élèves ne sont pour l’instant qu’en première année, mais ils vont très rapidement s’attaquer aux droits d’auteur et à la propriété intellectuelle. “Nous voulons qu’ils se sentent en confiance pour évoluer dans les sphères internationales où l’on est plus des bidouilleurs”, ambitionne la coach qui travaille à l’amélioration de quelques grandes marques internationales.
    Mais l’autre difficulté, c’est bien la lutte contre la montre. Le film devra en effet être terminé d’ici vendredi 16 heures. Après la marche, chaque légion doit présenter son idée.
    Hier après-midi, l’heure était à la conception du storyboard, et la préparation du tournage a lieu aujourd’hui. Il sera ensuite temps de se pencher sur le son et la musique, élément essentiel à la création d’émotion. Il faudra aussi tester le résultat du travail avant la projection officielle, en trouvant un public type. Une semaine bien remplie, et notamment d’émotions, pour la première promotion de Poly 3D.

    F.C.

    Hei 2015-11-17 16:50:00
    Apparemment, tu sais de quoi tu parles ~
    rori hua 2015-11-17 13:11:00
    Un petit footing pour dégonfler le bide ne leur ferait pas de mal.
        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete