Succession à la CGT : Philippe Martinez proposé pour succéder à Lepaon

    lundi 12 janvier 2015

    La direction de la CGT a approuvé lundi soir la candidature de Philippe Martinez pour succéder à Thierry Lepaon à la tête du syndicat et ce choix sera soumis mardi au vote du « parlement » de la centrale, qui a le dernier mot et risque de refuser.
    A l’issue d’une journée de débat, la Commission exécutive (direction élargie) a approuvé par 28 voix pour, 18 contre et 6 abstentions le choix du numéro un de la fédération de la métallurgie pour succéder à M. Lepaon, démissionnaire après des révélations sur son train de vie, a appris l’AFP de source interne.
    M. Martinez, la cinquantaine, est un ancien de Renault Boulogne-Billancourt, où il était délégué syndical central. Il dirige depuis 2008 la Fédération des métaux (la troisième de la CGT). 
    La Commission a aussi validé les neuf autres membres du bureau confédéral qui lui ont été proposés par le groupe de travail, mis en place par Thierry Lepaon.
    Le dernier mot revient au turbulent « parlement » de la CGT, le Comité confédéral national (CCN), seul habilité à élire le bureau à une majorité des deux tiers. Le CCN est composé des représentants des 33 fédérations et des 96 unions départementales.
    Contraint à la démission la semaine dernière, après deux mois de polémiques sur son train de vie, M. Lepaon, qui reste à la Commission exécutive, a gardé la main sur le choix de son successeur. 
    Colette Duynslaeger, 54 ans, numéro un de la Fédération de La Poste, est proposée pour le poste d’administratrice-trésorière, une fonction hautement sensible. Le précédent titulaire, Eric Lafont, avait démissionné dans la foulée des révélations sur les dépenses effectuées pour M. Lepaon.
    Les huit autres membres du futur bureau proposé sont : Alain Alphon-Layre (UD Gard), Christine Carlier (UD Nord), Michèle Chay (commerce), Pascal Debay (UD Meurthe-et-Moselle), Virginie Gensel-Imbrecht (numéro un de la fédération de l’énergie), Nathalie Metche-Nickles (services publics), Grégory Roux (cheminots), Philippe Texier (UD Côte d’Or).

    « Une courte majorité »
     
    M. Lepaon a entraîné dans sa chute les membres de son bureau puis qu’aucun ne figure dans la nouvelle équipe. 
    M. Martinez a obtenu lundi une courte majorité a la Commission exécutive où 24 membres ont refusé de l’adouber. 
    La semaine dernière c’est à une majorité de 34 voix que la CE avait accepté la procédure de sélection, proposée par M. Lepaon et vivement critiquée par une partie de l’organisation.
    Au « parlement » mardi, cela risque de coincer.
    La majorité des deux tiers requise pour le choix du nouveau bureau, inscrite dans le marbre des statuts, n’est pas facile à obtenir. 
    M. Martinez et son équipe auront probablement le soutien de quelques grosses fédérations – dont les voix sont prépondérantes au CCN – notamment la métallurgie, la Poste, les cheminots, l’énergie. 
    Mais les fédérations et unions qui ont bataillé dur pour obtenir la démission de M. Lepaon, risquent de ne pas accepter une succession qui porte sa marque. Plusieurs des postulants sont en effet des proches du démissionnaire.
    « C’est la guerre », a indiqué à l’AFP une source interne. Les fédérations qui souhaitaient « une rupture avec Thierry Lepaon n’accepteront pas de ne pas être entendues », ajoute-t-on. 
    Lundi, la région métallurgie CGT Nord Pas-de-Calais a, dans un communiqué, exigé la tenue d’un congrès extraordinaire avant fin juin et la désignation d’une « direction collégiale transitoire » pour préparer ce congrès.
    Le CCN de la CGT est parfois imprévisible. Il avait rejeté le 31 mai 2012 la candidature de Nadine Prigent présentée par Bernard Thibault et avait mis en minorité en mai dernier Thierry Lepaon sur son projet de restructuration de la NVO, le magazine de la centrale.

    AFP

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