Sur France Inter, Hollande « assume » son échec sur le chômage et brandit ses réformes

lundi 5 janvier 2015

A l’offensive depuis ses vœux de la Saint-Sylvestre, François Hollande a « assumé » lundi l’échec de sa politique de lutte contre le chômage mais brandi avec combativité l’étendard des réformes visant à réveiller l’espoir d’une sortie de crise.
Lancé dans une tentative de reconquête de l’opinion à l’aube d’une année électorale décisive (départementales en mars, régionales en décembre), le chef de l’État, invité pendant deux heures de France Inter, l’a concédé : face au chômage qui a atteint un nouveau record en fin d’année, « il y a une responsabilité, celle que j’assume ».
« Je suis président de la République, je ne vais pas dire : ‘C’est la faute de l’étranger, de la crise' », a-t-il insisté.
François Hollande s’est toutefois vivement défendu de se limiter à « un traitement social du chômage« , affirmant mener les réformes nécessaires pour « créer durablement de l’emploi » et prêt à prendre « tous les risques » pour y parvenir.
Sans annoncer d’initiatives, il a égréné la liste des chantiers de l’exécutif comme le pacte de responsabilité avec sa baisse massive des prélèvements sur les entreprises ou la loi d’activité et de croissance dite « loi Macron », qui regroupe des initiatives hétéroclites allant des voyages en bus au travail du dimanche en passant par les tarifs des notaires.
« Je changerai tout ce qui bloque, empêche, freine et nuit à l’égalité et au progrès », a-t-il proclamé, ostensiblement offensif, promettant de tout faire pour obtenir une croissance supérieure à 1%. 

Hollande ne pense pas « pour l’instant » à 2017
 
Quant à la politique de réduction des déficits publics qui ont encore dérapé cette année conduisant le gouvernement à repousser de deux ans, à 2017, l’objectif d’un retour à 3% du PIB, elle sera poursuivie sans fléchir, a-t-il assuré. « Si la croissance est un peu supérieure » en 2015 à la prévision officielle, « cela ira à la réduction des déficits ».
En attendant, François Hollande mise gros sur la loi Macron qu’il a qualifiée d’une formule étonnante : sans être « la loi du siècle », c’est « une loi pour le siècle prochain » dont il attend, « confiant », l’adoption par le Parlement sans recours au 49.3 (engagement de la responsabilité du gouvernement).
« C’est une loi de liberté et en même temps une loi de progrès », a-t-il opposé à ses nombreux détracteurs telles l’ex-ministre écologiste Cécile Duflot, qui a dénoncé « un net recul idéologique du quinquennat » ou la maire de Lille Martine Aubry, vent debout contre le travail du dimanche.
Il a d’ailleurs maintenu l’objectif de porter à 12 le nombre d’ouvertures dominicales autorisées chaque année.
Dans un message au patronat qui s’est alarmé de l' »usine à gaz » du compte pénibilité, il s’est engagé à le « simplifier » s’il était « encore trop compliqué ».
Interrogé sur 2017, le chef de l’État a botté en touche : il ne se préoccupe pas « pour l’instant » de cette échéance ni des éventuelles primaires. Il sera temps de juger à la fin de son quinquennat s’il a pris ou non « le bon chemin » pour redresser la France, a-t-il observé.
Tout en réaffirmant son credo écologiste, François Hollande est resté vague sur une date de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, affirmant par ailleurs que le projet d’aéroport à Notre-Dames-des-Landes, près de Nantes, serait bien « lancé » quand les recours auront été « épuisés ».
Une nouvelle fois, il a rappelé aussi les « principes » républicains comme dans l’affaire du refus d’inhumer un nouveau-né rom à Champlan (Essonne), parlant d’une manière générale d’une « grave » crise identitaire en France dans un environnement « menaçant ».
Au chapitre international, il s’est voulu tout autant à l’offensive, annonçant une rencontre impromptue avec la chancelière allemande Angela Merkel dimanche à Strasbourg pour « parler de l’avenir de l’Europe ». Bruxelles travaille d’arrache-pied au plan Juncker prévoyant 315 milliards d’euros d’investissement en trois ans.
Très actif dans la recherche d’une solution politique à la crise ukrainienne, il a confirmé qu’il se rendrait à Astana (Kazakhstan) le 15 janvier pour y retrouver les présidents russe et ukrainien Vladimir Poutine et Petro Porochenko ainsi qu’Angela Merkel, mais « à une condition, c’est qu’il puisse y avoir de nouveaux progrès ».
Bousculant le calendrier de sa rentrée par son offensive médiatique, le président entend surfer sur la légère embellie de sa popularité : 13% à l’automne, entre 17 et 25% en décembre.
Il poursuivra son marathon médiatique fin janvier avec sa cinquième conférence de presse semestrielle.
Verdict du Jean-Christophe Cambadélis, numéro un du PS : François Hollande est « un très bon socialiste ». Pour Europe Ecologie-Les Verts, François de Rugy a salué « l’évolution » du président vers les questions environnementales, alors que, très remontée, Cécile Duflot avait appelé dimanche à « mettre en échec » la loi Macron.
Pour le PCF et le Parti de gauche, en revanche, M. Hollande persiste dans l’erreur d’une politique qui a « échoué ».
A droite, si Nicolas Sarkozy n’a pas réagi, Alain Juppé s’en est chargé depuis Bordeaux, concédant que le chef de l’État est « dans son rôle » en professant « l’optimisme » mais jugeant la France « dans un marasme profond » faute de réformes nécessaires. Pour le Front National, qui a réagi par la voix de son vice-président Louis Aliot, Hollande se contente de gérer « la décadence économique, sociale et morale de la France. »

AFP

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