Surf – Encore du costaud avec les Tahitiens

    samedi 16 janvier 2016

    Ils sont, pour l’instant, sept Tahitiens à participer aux épreuves des Qualifying Series 2016 de la World Surf League. À 28 ans, Taumata Puhetini devrait, si son année sabbatique lui est accordée, faire une saison pleine. L’objectif sera de rejoindre Michel Bourez dans le “main event”, et le plus tôt sera le mieux.

    C’est bien connu : plus on est nombreux, plus on est forts ! Cette année encore, les Tahitiens ne vont pas déroger à la règle avec un important  contingent qui va effectuer des déplacements, pour une nouvelle saison, sur les spots du circuit des Qualifying Series de la World Surf League.
    La tâche sera à nouveau ardue pour Mateia Hiquily, Mihimana Braye, O’Neill Massin, Tereva David, Ariihoe Tefaafana, Vehiatua Prunier et Taumata Puhetini, seuls surfeurs, pour l’instant, inscrits dans les épreuves QS.
    L’occasion de s’illustrer, même dans l’ombre, ne se refuse pas pour Taumata qui, on se souvient, remportait le 11 août dernier, pour la troisième fois, la seconde consécutive, les trials de la Billabong Pro Tahiti face au Brésilien Bruno Santos.
    Taumata est résolu à se lancer corps et âmes dans les méandres du circuit QS : “Si je dois tenter ma chance, c’est maintenant ou jamais.”
    À 28 ans passé, le natif de Papenoo n’a jamais eu, jusqu’à présent, l’occasion d’intégrer le circuit mondial, faute de moyens financiers et de sponsors. C’est en passe d’être réglé… Enfin ! : “J’ai peut-être décroché un gros sponsor, cela va m’aider à financer mes voyages.” Mais un fâcheux contretemps a un tant soit peu plombé son engouement : “Je m’étais inscrit à la Sunset Pro (épreuve QS 1 000 à Hawaii qui débute mardi, NDLR), mais je crains de ne pas pouvoir y aller. Je
    n’ai pas eu les congés qu’il fallait pour pouvoir réaliser ce déplacement.”
    Mais pas le temps de gamberger, le champion en titre du Papara Surf Festival (QS 1 000), disputé début avril, n’a pas hésité à demander une année sabbatique pour réaliser ce projet qui lui tenait tellement à cœur : “Si j’arrive à obtenir une année de disponibilité avec l’accord de mon travail, j’aimerais bien suivre le tour QS. J’attends la réponse de mon directeur et, d’ici février ou mars, cela devrait se finaliser.”
    Intégrer pour la première fois le QS à temps plein n’est jamais évident pour tout surfeur qui se respecte. En effet, le Tahitien devra, dans un premier temps, se coltiner les nombreuses épreuves QS peu cotées afin d’emmagasiner un maximum de points pour espérer, en fonction de son classement, surfer les Prime Event (réservés aux 100 premiers du classement, NDLR). C’est grâce à celles-là, uniquement, qu’il aura la possibilité d’accéder au très convoité “main event”… À 28 ans, tout est permis.
    “C’est vrai que je ne suis plus très jeune par rapport à Mihimana Braye ou Mateia Hiquily (20 ans, NDLR). Mais je pense que j’ai acquis beaucoup d’expérience et que c’est le bon moment.” Un leader n’aurait pas dit mieux.

    Des leaders à la pelle

    Mateia Hiquily, qui a bien failli créer la sensation la saison dernière en rejoignant Michel Bourez parmi l’élite, a raté ses deux dernières grosses sorties à Hawaii. Après avoir atteint le quatrième round de la Oi HD São Paulo Open au Brésil, début novembre, qui l’a propulsé au 42e rang du classement QS avec 21 places de gagnées, le Tahitien a craqué lors des deux étapes hawaiien-nes : lors de la Hawaiian Pro, en novembre, Mateia, sorti au troisième round, décroche à la 47e place. Ses chances de qualification sont alors infimes, mais réelles tant le Tahitien a été très costaud cette saison. Mais à la Vans World Cup, début décembre, c’est le drame… Il est sorti dès le premier round et il termine la saison QS à la 52e place. Tellement proche et tellement loin à la fois…
    Mihimana Braye et O’Neill Massin ne se sont pour ainsi dire jamais quittés. Les deux compères ont vécu une saison juniors (la dernière) d’anthologie, décrochant, respectivement, les deuxième et troisième places mondiales de la zone Australasia.
    Qualifiés pour le Championnat du monde juniors, qui s’est déroulé cette semaine au Portugal, ils ont atteint les quarts de finale à Ériceira.
    O’Neil Massin lancera sa saison en Australie, fin janvier, avec la Burleigh Pro, la Tweed Coast Pro et la Central Coast Pro. Quant à Mihimana, il est déjà en action, en Israël, avec la Kontiki Beach (le premier tour devait démarrer dans la nuit d’hier à aujourd’hui pour Tahiti, NDLR).
    Tereva David veut suivre les traces de son oncle Vetea, ancien surfeur professionnel ayant fait partie de l’élite mondiale dans les années 1990. Le surfeur de Punaauia compte bien effectuer toutes les étapes hawaiiennes et tahitiennes cette saison. Il se lance dans son objectif, mardi, à la Sunset Pro à Hawaii.
    “Je vais essayer de faire toutes les étapes qui se déroulent à Hawaii, ainsi que celles au fenua. Pour le moment, je n’ai pas fait beaucoup de QS, donc, je suis relativement bas dans le classement… On connaît bien nos vagues et nos sites, donc, ce sera de bons duels.”
    Ariihoe Tefaafana n’adopte pas tout à fait la même stratégie que Tereva mais, comme O’Neill, il prendra ses marques chez les Aussies : “J’ai prévu de partir sur l’Aus-tralie où il y a plus de QS qu’à Hawaii. J’ai préféré utiliser mon budget pour plus de compéti-tions. Ensuite, en milieu d’année, j’irai en Europe comme tout le monde. Puis, en fin d’année, ce sera Hawaii avec les grosses épreuves.”
    Vehiatua Prunier, qui n’a surfé qu’avec parcimonie la saison dernière, ne sera que remplaçant lors de sa première épreuve de l’année, le 9 février, en Australie, à la Central Coast Pro.
    Toute la clique est fin prête à envoyer du costaud cette saison, en attendant d’être portée en héros par tout le peuple polynésien.

    M.Tr. et J.-M.M.

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