Surf – Hira Teriinatoofa est de retour

    mardi 16 août 2016

    surf

    (Photo : Anne-Charlotte Bouleau)

     

    Air Tahiti Nui Billabong Teahupoo Trials

     

    Je suis comme sur un nuage”. Cette phrase adressée au peuple polynésien par Hira Teriinatoofa représente énormément pour le Tahitien.

    Le gaillard de 37 ans, meilleur local des trials dimanche à Teahupoo, battu (14,17 contre 10,86 points) par le Hawaiien Nathan Hedge en quarts de finale, a su saisir l’opportunité qui s’offrait à lui pour se qualifier pour le main event de la Billabong Pro Tahiti à partir du 19 août, septième étape du tour mondial.

    Ça faisait neuf ans que le surfeur de Papara n’avait plus mis les pieds parmi l’élite mondiale via les trials. C’est donc chose faite, malgré un petit goût d’amertume de ne pas être allé au bout du bout et surtout que ce ne soit pas “un Tahitien qui ait gagné cette année.

    Les autres locaux sont partis la fleur au fusil, mais sont rentrés un peu penauds. C’est donc la récompense de la persévérance pour celui qui pratique la compétition depuis l’âge de 8 ans en s’ouvrant, dimanche, la porte du gratin mondial sans jamais craindre de passer par la fenêtre lors de ces Air Tahiti Nui Billabong Teahupoo Trials.

    Maintenant, le doyen du “team fenua” savoure le moment et va pouvoir côtoyer ses idoles à partir de vendredi. “Michel à bientôt !” Ce petit mot amical adressé à son pote Michel Bourez, huitième du Championsip Tour, résume bien son excitation d’être au plus vite au cœur de la mêlée pour “faire de mon mieux et grappiller des places.

     

    L’hécatombe tahitienne

     

    Dimanche, la Air Tahiti Nui Billabong Trials s’est offert un vainqueur prestigieux en la personne de Bruno Santos qui s’est montré décisif et épatant face Nathan Hedge (13,1 contre 12,67 pts). Moins décisifs et épatants dans l’ensemble ont été les locaux qui ont explosé au fil des rounds face à des étrangers bien plus affûtés.

    Après avoir accueilli les huit pré-trialistes tahitiens (Kevin Bourez, David Dandois, Kevin Johnson, Mormon Maitui, Teaotua Dubois, Matahi Drollet, Tikanui Smith et O’Neill Massin) qui s’étaient qualifiés samedi, et qui ont été ensuite dispatchés dans les différentes séries du round 1 des trials, le combat des chefs des trials pouvait enfin débuter le lendemain.

    C’est sur un plan d’eau bien moins tourmenté que la veille, mais avec une houle d’1,50 m, orientée trop au sud pour offrir du tube bien profond, que les surfeurs locaux (16) et étrangers (16) ont tenté d’accomplir leur besogne.

    Mais leur principal ennemi aura été ces satanées vagues jamais là au bon moment, les contraignant de se contenter du peu que le spot de Havae leur proposait. Résultat : beaucoup de têtes tahitiennes sont tombées ce jour-là pour ne pas dire que ce fut une hécatombe.

    Tout simplement les huit pré-trialistes (cités plus haut) et sept des huit trialistes : Teiki Charles, Enrique Ariitu, Lorenzo Avvenenti, Steven Pierson, Jocelyn Poulou, Heiarii Williams, Tereva David. Ça suffit, n’en jetez plus !

    Pour faire simple, en quarts de finale, il n’en restait qu’un : Hira Teriinatoofa. C’est lui qui se voyait offrir le ticket pour le main event et devait, maintenant, relever le défi d’exploiter les faiblesses de ses adversaires pour permettre au camp tahitien de conserver son titre.

     

    Hira éliminé pour quelques centimètres

     

    En effet, depuis 2002, la victoire a souvent été l’apanage du camp des locaux (voir palmarès), ne lâchant leur “précieux” qu’à de très rares occasions. Taumata Puhetini en était, jusqu’à dimanche, le double tenant (2014-2015).

    Mais le surfeur de Papenoo avait pris la douloureuse décision de ne pas défendre son titre cette année, mais plutôt de tenter sa chance sur les épreuves européennes du Qualyfying Series. Donc, dimanche, l’affaire était loin d’être acquise pour Hira, le double champion du monde ISA (2004, 2010) se retrouvant face à Nathan Hedge.

    Le Hawaiien, ancien pensionnaire du Championship Tour, a vraiment dû s’employer pour écarter le Tahitien et  son mental en acier inoxydable. Alors que Nathan mène les débats avec 14,17 points (7,67-6,5), Hira, auteur d’un 10,86 pts (5,93-4,93) s’attelle à le déboulonner, recherchant patiemment un 8,25.

    Et c’est à quatre minutes de la sirène que le Tahitien s’engouffre “enfin” dans un super tube caverneux mais son manque de vitesse, alors qu’il se cale dans la deuxième section de la vague, lui est fatal…

    Il comprend soudain que c’est mort pour quelques centimètres. Hira sort tout de même par la grande porte à défaut de l’avoir défoncée. Il lui reste à accomplir le plus grisant : se sublimer dans le main event avec son pote Michel Bourez.

    Un peu plus tard, Bruno Santos s’octroyait le titre face à Nathan Hedge (10,67 contre 9,85 pts). Le Brésilien débarque donc, avec Hira, au main event en habitué de l’exercice.

    Petite piqûre de rappel : en 2008, il remportait la Billabong Pro Teahupoo face à une autre wild card, le Tahitien Manoa Drollet et, l’an dernier, il se hissait au round 5, pliant face à l’Australien Kai Otton mais après avoir tout de même éliminé le champion en titre Adriano de Souza au round 3.

    Hira Teriinatoofa et Bruno Santos savent maintenant, en bons adultes consentants, où ils mettent leurs pieds.

     

    M.Tr.

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