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Surf – Un prince devenu roi

mercredi 22 mars 2017

Ariihoe Tefaafana Papara Pro Open Tahiti

La pression, le stress, la passion et enfin la délivrance… Ariihoe Tefaafana, porté en héros après
sa victoire en finale de la Papara Pro face à Hira Teriinatoofa, sera passé par toutes les émotions dimanche dernier. (© DR)


Dessine-nous une victoire ! Ariihoe Tefaafana s’est exécuté et a remporté, dimanche dernier, la Papara Pro Open Tahiti à Taharu’u. Il s’agit d’une première consécration sur le circuit professionnel pour ce jeune de 22 ans qui n’a pas fini de faire parler de lui. Focus !

Ariihoe Tefaafana   a  remporté dimanche,  le jour de son  22e anniversaire et pour la première fois de sa carrière,  une épreuve du circuit du Qualifying Series.
Le Tahitien s’est offert un magnifique cadeau: la Papara Pro Open Tahiti lors de laquelle il a battu en finale Hira Teriinatoofa de quinze ans son aîné (37 ans).

Alors que son nom le prédestine à devenir un roi du va’a, Ariihoe (roi de la rame) se tourne vers le monde du surf.
C’est à l’âge de onze ans qu’il se lance dans le grand océan, à Papara sur le spot de Taharu’u.

“J’ai été pris de passion pour le surf très tardivement, à 11 ans exactement. C’est en voyant surfer mon frère que j’ai décidé de m’initier au surf avec lui. Et un jour, mon père m’a acheté ma première planche au marché aux puces.”
Un achat déterminant qui le fera basculer définitivement dans le monde de la glisse, l’éloignant de son sport de prédilection, le taekwondo.

“J’y ai pris goût rapidement et j’ai décidé d’arrêter le taekwondo. J’étais pourtant ceinture rouge et mon palmarès était prometteur avec déjà deux titres de champions de Polynésie. J’ai également fait troisième aux Championnats de France, et j’ai été sélectionné deux fois en Coupe de France. Ça vraiment été un choix difficile au moment d’arrêter mais je ne regrette rien.”
Force est de constater tout le chemin parcouru depuis que le jeune homme a mis pour la première fois les pieds sur sa planche d’occasion, il y a onze ans.

Son imperturbable et inébranlable sérieux lui a permis de réussir de belles prouesses, sur le plan local notamment. Ses titres de champion de Polynésie (cadets et juniors), ses victoires sur le Tahiti Open Tour en juin 2015, lors de la To’a na Maeha’a 2016, et sa deuxième place à la Coupe des champions 2016, sans oublier ses victoires d’étapes sur la Coca Cola Teen Surf Session, sont les signes, certes encore perfectibles, d’une volonté de batailler pour vaincre.

 

Le CT oui, mais pas à n’importe quel prix

 

Vaincre ses adversaires un à un pour atteindre le Graal. Car intégrer un jour le Championship Tour serait pour lui une “super” performance. Ce fut à un moment donné dans sa toute jeune carrière une obsession.
Puis, plus le temps passait, plus il modérait ses ardeurs. “Franchement, j’y ai pensé lorsque j’étais plus jeune avec toute la motivation que j’avais, mais au fil du temps et après avoir essayé plusieurs fois, à un moment donné tu te dis : “Et si je ne réussissais jamais ?” Donc, pour le moment, je prends la vie comme elle vient. Je suis heureux de continuer à faire ce que j’aime (surfer, voyager…).”

Cela ne veut évidemment pas dire qu’il a fait une croix sur le CT, loin de là. Mais la qualification ne se fera pas à n’importe quel prix.
“Je me consacre d’abord à fond à mes études. Je suis actuellement en 3e année d’une Licence Économie Gestion à l’UPF (Université de la Polynésie française). J’essaie également de m’autofinancer  pour payer mes déplacements à l’étranger et pour ne plus dépendre de mes parents financièrement. Et si un jour j’atteins le CT, je pense que je me sentirais comme un enfant qui a toujours voulu être “Superman” et qui a réussi.”

 

Une  première victoire sur le circuit QS

 

Ariihoe Tefaafana est également conscient que pour devenir “Superman”, la route sera longue. Et la concurrence exacerbée des surfeurs du QS, qui les conduit parfois à l’hostilité, ne lui fera pas de cadeau. Il est conscient également qu’il devra prendre des bons coups de trique. Mais parfois, lorsque l’on sait les éviter, la jouissance procurée par ces épreuves vous offre des sensations que personne ne vous a jamais fait ressentir.
Ce fut le cas lors de sa première victoire sur le circuit mondial, dimanche dernier lors de la Papara Pro Open Tahiti, le jour de son 22e anniversaire.

“Franchement, je ne pensais pas gagner cette compétition. Être porté en triomphe sur une QS devenait enfin un rêve qui se réalisait. Je me rappelle m’être dit à ce moment-là : “maintenant, je fais partie des meilleurs surfeurs. Merci Seigneur”. Je ne partais pourtant pas favori car plusieurs surfeurs de talent tels que Mihimana Braye, Mateia Hiquily, Hira Teriinatoofa, Taumata Puhetini, O’Neill Massin et beaucoup de Hawaiiens comme Kai Lenny étaient en lice. Une fois arrivé dans le dernier carré de la compétition, je me suis dit qu’il fallait surfer à 200 %. Il fallait viser la victoire. Et après avoir sorti Mihimana en quarts et Keoni en demies au terme de duels marqués par la saine agressivité, je me suis retrouvé en finale face  au maître du spot : Hira Teriinatoofa. À ce moment-là, il fallait être un grand stratège car on savait tous les deux comment surfer cette vague. Je ne pense pas avoir gagné parce que j’étais le meilleur mais parce que j’ai eu de la chance et que le Seigneur a voulu me donner le meilleur cadeau d’anniversaire qui puisse arriver.”
Comme quoi, il faut toujours compter avec le hasard et une pincée de divin, qui ont leur part dans la réussite de chacun.

 

Une enfance simple qui a façonné le bonhomme

 

Une réussite qui lui permis d’atteindre la perfection dans son fief de Papara après l’avoir longtemps côtoyée depuis ses débuts sur le circuit  de la World Surf League en 2012. Depuis son sacre, impossible de lui enlever son sourire gravé sur son visage d’ange.
Derrière celui-ci, il a enfoui une enfance assez difficile mais heureuse quand même dont il
a dégusté la simplicité jusqu’à la lie…

“J’ai grandi dans le quartier social de Vaininiore à Papeete derrière la caserne des pompiers. Ensuite, on a déménagé à Punaauia cité Bel Air. Mon enfance a été remplie de joie dans la plus grande simplicité. On  jouait aux billes, aux cerfs-volants… On allait parfois à la mer avec les cousins… On s’amusait avec “les moyens du bord”, sans iPad, ni Playstation… Cette vie me manque quand j’y pense (rires). On s’est ensuite installé à Papara en face du spot de surf, j’avais alors 11 ans et j’y vis encore aujourd’hui…”
Pour le meilleur et rien que pour le meilleur !

 

M.Tr.

 

 

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