Surf – Steven Pierson : la Billabong Pro Teahupo’o en ligne de mire

vendredi 7 août 2015

Le Tahitien va participer, demain, aux pré-trials avec l’espoir de se qualifier, dans un premier temps, pour les trials (9 au 11 août), puis pour le main event de la Billabong Pro Teahupo’o (14 au 25 août) afin de se frotter à l’élite du surf… pour l’expérience. Il continue inlassablement son parcours sur le circuit professionnel des Qualifying Series avec comme objectif de se qualifier pour le Championship Tour. Après sa carrière, il souhaite se lancer à fond dans la formation des jeunes qui voudraient tenter l’aventure du circuit professionnel.

Surfeur infatigable, Steven Pierson n’est pas du genre à se mettre sur le devant de la scène, sa modestie débordante le lui interdit presque. Mais ce n’est sûrement pas une raison pour ne pas tourner les projecteurs sur ce garçon de 31 ans, qui bataille sans relâche sur le circuit QS depuis quelques années.
Après trois ans et demi de galère, ces années de disette sont belles et bien révolues, les sponsors sont revenus et, cerise sur le gâteau, il n’a rien perdu de sa fougue et de son talent. On en aura un aperçu dès demain lors des pré-trials qui s’annoncent très relevés dans des conditions, par contre, exécrables (vent fort et houle mal orientée)… Pas de crainte, Pierson a l’habitude.

Quelle est ton actualité ?
J’ai gagné un tournoi de jiu-jitsu brésilien à Los Angeles samedi dernier. Et comme je m’étais fait éliminer rapidement de la compétition de surf Vans US Open à Huntington aux États-Unis, j’ai pu y participer.

Tu as l’air de cartonner en jiu-jitsu brésilien. Tu le pratiques depuis combien de temps ?
Ça fait deux ans que je pratique la discipline. Mais, mes prochaines compétitions, ce ne sera que du surf. Le jiu-jitsu, c’est vraiment à côté, seulement quand j’ai le temps.

Et où en es-tu dans le circuit QS ?
Je suis actuellement 91e. Si je fais encore deux bons résultats sur de grosses QS, j’assure ma qualification pour l’année prochaine. Ce sont seulement les 100 premiers qui sont qualifiés pour participer aux grosses épreuves QS. Celles-là même qui te donnent assez de points pour permettre de te qualifier pour le CT si tu sais les négocier.

Depuis combien d’années circules-tu sur le circuit QS ?
Ça fait un bout de temps, je ne compte même plus. J’ai repris le QS il y a trois ans et demi. J’avais arrêté trois ans faute de moyens et de sponsors. Mais, dès lors que j’ai pu en retrouver, j’ai repris le tour QS… avec la rage au ventre.

Tu penses au CT ?
C’est clair ! Mon objectif reste le Championship Tour. Lors de mes débuts sur le QS, faute de moyen, je ne pouvais pas faire assez de compétitions pour tenter ma chance dans le CT. Maintenant que je suis bien positionné, je dois toujours rester vigilant car rien n’est acquis. J’essaye de grimper dans un premier temps dans le Top 50. C’est difficile de rejoindre Michel Bourez, Mais ça reste mon objectif ultime.

Tu vis exclusivement du surf ou as-tu un job à côté ?
Je gagne ma vie avec le surf. Lorsque j’avais arrêté, je gagnais toujours ma vie avec le surf grâce à des petits sponsors mais pas suffisamment pour voyager. La galère du QS. C’est très stressant ce genre de vie car tu ne sais jamais de quoi sera fait le lendemain. Je suis heureux de vivre de ma passion surtout à Tahiti. Il n’y a pas beaucoup de sportifs qui vivent de leur passion, c’est tellement loin de tout… J’ai une chance incroyable.

Ton avenir ?
L’année prochaine, c’est sûr que je continue. Après, si j’ai encore mes sponsors, je tenterai encore une année supplémentaire. Mais si ça se passe mal, alors j’arrêterai.

Et ta reconversion ?
J’ai passé mon brevet d’État en 2011. J’ai commencé à mettre en place une école de surf, mais je ne suis pas encore à fond dedans. Mon objectif premier serait de donner mon expérience à ceux qui veulent se lancer dans la compétition. Mais je ne pense pas que je puisse vivre totalement de ça, car il n’y a pas beaucoup de monde qui veut s’exporter. Je vais évidemment apprendre aux novices les bases du surf, mais ça me tient vraiment à cœur de faire partager mon expérience du haut niveau car le circuit mondial est sans pitié. Il faut avoir les reins solides. C’est clair qu’il y a déjà beaucoup d’écoles de surf, je jouerai donc sur ma notoriété pour trouver ma place parmi les autres.

Les trials et toi, ça donne quoi ?
J’ai fait cinq trials et je me suis qualifié une fois seulement pour le main event, c’était en 2006 grâce à une troisième place qui m’a permis de surfer parmi les grands. Que du bonheur. En 2010 par contre, j’ai loupé ma qualification car j’ai fait une interférence en demi-finale alors que j’étais bien parti pour obtenir mon sésame pour la finale qualificative pour le main event. Cette année, il n’y a pas eu d’absent sur le CT, donc, pas de wild card. J’espère pouvoir le faire cette année. Je ne lâcherai rien.

Ça représente quoi pour toi de participer aux trials ?
C’est une opportunité unique de côtoyer l’élite à Teahupo’o. À la maison par-dessus tout… Et qu’elle est belle cette vague… Ça me change un peu des vagues pourries que je surfe sur le QS. Surfer Teahupo’o avec l’élite, c’est vraiment le rêve de tout surfeur.

Les conditions s’annoncent difficiles (vent fort et houle mal orientée).
Avec le mara’amu et la houle inclinée sud-est, Teahupo’o ne devrait pas tuber. Ce ne sera pas le Teahupo’o habituel. De toute façon, je surfe toutes les conditions de vagues, mais si c’est un Teahupo’o de quatre-cinq mètres, ça risque d’être un peu compliqué. Je ne me suis pas vraiment entraîné cette année. Je me
suis plutôt focalisé sur les vagues de plages plus adaptées aux conditions que je trouve sur le circuit QS.

Ton favori pour les trials ?
C’est moi (rires…). Les gars que je redoute, dans les conditions de ce week-end, c’est Taumata (Puhetini), Hira (Teriinatoofa), Mateia (Hiquily)… Après, tout le monde sait surfer et le facteur chance va forcément rentrer en jeu. Tu peux te retrouver face à un adversaire moins fort que toi et ne jamais trouver les bonnes vagues, surtout dans ces conditions. La stratégie va beaucoup jouer également : avantage donc aux expérimentés. Je pense à… Taumata, Hira et Mateia. Quoi ! encore eux ! (rires). Non, tous les Tahitiens vont être dangereux.

Les étrangers vont être coriaces ?
Dans les trials, tu as huit surfeurs étrangers et Tahitiens déjà qualifiés grâce à leurs résultats de l’année dernière qui sont rejoints par huit autres Tahitiens issus des pré-trials. Et tu as huit wild cards étrangers Billabong qui sont des spécialistes des grosses vagues comme le Hawaiien Jamie O’Brien qu’on ne présente plus (c’est lui qui a surfé la vague de Teahupo’o en feu la semaine dernière lors d’une vidéo de Red Bull). C’est pour ça que c’est fantastique lorsque c’est un local qui gagne car le niveau est très relevé.

Un mot sur Bourez ?
Michel ? C’est le meilleur surfeur polynésien jusqu’à ce jour, il l’a prouvé. J’espère qu’il va réussir à remporter Teahupo’o, c’est son rêve. Il se fera plaisir à lui-même et à toute la Polynésie. Manoa (Drollet) avait terminé deuxième en 2008. Et pourquoi pas un gars des trials ? Une finale Pierson-Bourez et je gagne (rires).

Chiche !
C’est sûr que j’aimerais bien me qualifier pour surfer contre les gars de l’élite et gagner encore en expérience. Mais ma priorité reste quand même mon QS. Au fait, je n’aime pas trop qu’on parle de moi avant les compétitions car, du coup, ça me met la pression.
M. Tr.

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