Surveillance renforcée autour des “sites stratégiques” du fenua

    samedi 10 janvier 2015

    La vague d’attentats qui a frappé ces derniers jours la métropole a conduit le gouvernement central a relevé le seuil du plan Vigipirate à son niveau maximal dans plusieurs départements. Une mesure qui n’a pas été étendue à la Polynésie, mais le haut-commissariat a néanmoins diffusé une note de service à l’intention des forces de l’ordre leur demandant de faire preuve d’une vigilance accrue aux alentours de différents “sites stratégiques qui pourraient faire l’objet d’une tentative d’attentat”, dixit le procureur de la République, José Thorel.
    Les bâtiments administratifs, l’aéroport international de Tahiti-Faa’a, le Port autonome, la zone de Motu Uta (qui abrite les réserves de gaz et d’hydrocarbures), mais aussi les lieux de culte (notamment la synagogue de Papeete) sont ainsi concernés.
    “Il n’a pas été mis en place de surveillance statique, mais les patrouilles ont été réorganisées pour être plus fréquentes sur ces sites”, explique à La Dépêche de Tahiti Marie Baville, la directrice de cabinet du haut-commissaire, à qui revient la charge des problématiques de sûreté et de sécurité. Les autorités ont également organisé diverses réunions avec les personnels travaillant sur ces zones jugées sensibles afin qu’eux aussi fassent preuve de “vigilance” et alertent les forces de l’ordre en cas de comportements suspects. Un message identique a été transmis aux sociétés de sécurité privée.
    Pour autant, les Polynésiens n’ont “pas d’inquiétude” à avoir, assure Marie Baville. “Il n’y a pas d’évolution de la menace sur notre territoire. Le risque est considéré comme faible, mais nous ne sommes jamais à l’abri d’une personne isolée, soit fragile psychologiquement, soit autoradicalisée par des sites Internet. Notre mission est d’être attentifs à toutes ces situations.”
     
    “Sujets confidentiels”
     
    José Thorel, qui a participé aux réunions de sécurité, livre la même analyse. “La Polynésie n’est pas concernée par les phénomènes migratoires importants. À ce titre, elle est, entre guillemets, protégée. Mais c’est un territoire français. Elle dispose d’un certain nombre de sites qui peuvent être considérés comme stratégiques. Donc nous ne pouvons pas exclure qu’elle puisse intéresser tel ou tel groupe terroriste ou qu’il puisse y avoir, par contagion, une déstabilisation d’individus fanatiques, borderline, ou un peu dérangés, qui pourraient passer à l’acte individuellement. Cette menace, il ne faut pas la négliger”, souligne-t-il. Le fait que de nombreux militaires originaires de Polynésie interviennent sur différents théâtres d’opération extérieure, mais aussi les manifestations de ces derniers mois en opposition au projet de mosquée à Papeete, peuvent-ils faire du fenua une cible des fous de Dieu ?
    “On ne peut pas dire cela”, rétorque la directrice de cabinet de Lionel Beffre, “mais, effectivement, nous tenons compte de ce contexte pour évaluer les risques”.
    L’hypothèse d’éventuelles représailles envers la communauté musulmane n’est également pas écartée. Les autorités ne sont cependant pas “inquiètes”, cette dernière comptant un nombre minime de membres qui n’ont, de surcroît, pas “de lieu de culte visible”.
    Pour autant, la “vigilance” reste là aussi de mise. “C’est ce que l’on appelle l’effet d’amalgame. C’est-à-dire que certains esprits échauffés, ou jusqu’au-boutistes, imputeraient à la religion musulmane ce qui s’est passé en métropole”, précise le procureur de la République.
    Quant à savoir si, en Polynésie, certains individus font l’objet d’une surveillance de la part des services de renseignement, les deux interlocuteurs bottent en touche : “Je ne ferai aucun commentaire”, coupe José Thorel. “Il y a des sujets confidentiels, comme les détails des mesures du plan Vigipirate, qui ne peuvent être dévoilés”, renchérit Marie Baville.
    Selon nos informations, personne, à l’heure actuelle, n’a attiré l’attention desdits services. Ces derniers mois, seul l’imam autoproclamé Hicham el Berkani était attentivement surveillé, mais le religieux, de tendance salafiste, ne se trouve plus aujourd’hui sur le territoire.
     
    J.-B.C.

    SIRE 2015-01-10 11:33:00
    Cela fait juste 1 an que nous sommes attaqués par les frères ZIKA et CHIKUNGUNYA,

    14 morts et combien d'autres encore ?

    Question de priorité comme d'habitude
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