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Un syndicat de police demande plus de moyens

vendredi 6 octobre 2017

syndicat police

Le syndicat Unité SGP Police croit pouvoir compter sur le soutien des élus polynésiens. (© Florent Collet)

C’est la première fois depuis 13 ans que des représentants nationaux du syndicat Unité SGP Police se rendent au fenua.

Après une si longue absence, Daniel Chomette, secrétaire général délégué, et Éric Peretti, secrétaire général adjoint de ce syndicat majoritaire, ont beaucoup de choses à dire, et force est de constater qu’avec la protection que leur confère leur statut de syndicaliste, ils ne se sont pas privés d’exprimer leurs inquiétudes, hier, quant aux forces de l’ordre présentes en Polynésie face à une situation de la délinquance explosive, ni pour égratigner le haut-commissaire.

Inquiète d’une délinquance juvénile et familiale particulièrement préoccupante, la délégation est allée défendre les besoins de moyens de la direction de la sécurité publique (DSP) et de la police de l’air et des frontières (PAF) auprès du représentant de l’État et du président du Pays.

L’accueil a été le même. Si les besoins au niveau matériel sont “corrects, il faut savoir le dire”, au niveau humain, la donne n’est pas la même.

Après la réforme générale des politiques publiques, la DSP manquerait d’hommes – onze selon le patron de la DSP – “pour gérer l’urgence”, commente Daniel Chomette avant d’ajouter : “Il n’est pas suivi. Pour le haut-commissaire, il n’y a pas de sujet, les effectifs sont à niveau et il y a beaucoup plus à faire en métropole.”

Le syndicat estime, de son côté, qu’il faudrait 20 fonctionnaires supplémentaires.

Le constat est encore plus acide au sujet de la PAF. “Nous avons assez rarement vu ça. Nous n’avons pas été reçus par le chef de service, qui était en congés, et on nous a très précisément fait savoir que ce commandant est très, très souvent en mission à l’extérieur. Proche de la retraite, il considère que les effectifs ne sont pas une priorité dont il faut s’occuper, ni aujourd’hui, ni demain.”

Selon le syndicat, à la PAF, dont les effectifs sont de 33 personnes aujourd’hui après avoir perdu 20 agents en cinq ans, le besoin se chiffrerait à un renfort d’une quinzaine de personnes.

“Ils ont à gérer le contrôle sur toute la Polynésie, en manière migratoire et dans la lutte contre les stupéfiants. Si les portes sont ouvertes de partout, cela va vite se savoir que c’est un spot où l’on peut entrer dans tous les sens.”

Là aussi, la réponse du haut-commissaire a hérissé les poils du syndicaliste. “Pour lui, c’est correct.”

Le syndicat rappelle aussi le manque de moyens des douanes, notamment depuis la disparition de leur bateau.

“C’est encore un signal fort d’ouverture de portes. Venez, c’est ‘open bar’, faites entrer la drogue, la prostitution et les armes, car tout ce qui est contrôle aux frontières, il n’y a plus rien !”

 

Extension de la zone DSP de Arue à Punaauia

 

L’autre sujet important, c’est l’extension de la zone DSP, qui regroupe actuellement Papeete et Pirae. Se basant notamment sur le rapport de Jean-Jacques Urvoas et celui de la Cour des comptes, le syndicat souhaiterait que la DSP s’étende désormais de Arue à Punaauia.

“Il ne s’agit pas de faire une guerre police/gendarmerie, ce serait idiot. Il y a une bonne entente entre les collègues.”

Au niveau démographie comme au niveau formation des agents de la DSP, cette extension serait tout à fait justifiée. Mais l’idée n’a pas convaincu René Bidal. “Il nous a dit qu’il n’y était pas favorable.”

Le son de cloche a été différent du côté d’Édouard Fritch, selon le syndicat. “Il nous a dit dix fois qu’il est en complet accord avec la démonstration que nous avons faite pour les problématiques de sécurité aujourd’hui et celles de demain, la montée en puissance des effectifs et la logique territoriale”,  relate le secrétaire général.

“Il nous a dit qu’il se faisait fort de convaincre le haut-commissaire du bien-fondé de soutenir les idées en matière d’effectif et d’élargissement de la circonscription.”

Le syndicat indique également se faire la voix de Mario Banner, dont il se réjouit de la nomination.

“Nous sommes plutôt satisfaits que ce soit un Polynésien qui soit commissaire à ce poste-là. En plus, il a exercé en Corse qui est aussi une île, touristique et avec un phénomène mafieux. Il va amener une véritable expertise et expérience et cela tombe bien, il est très favorable à la montée en puissance des effectifs car il sait qu’il en a besoin maintenant et après, et il est aussi très favorable à l’extension de la circonscription. C’est évident pour ceux qui savent. Pour lui, c’est évident même s’il peut moins s’exprimer devant le haut-commissaire eu égard à l’échelle hiérarchique, mais nous le ferons pour lui.”

Troublant la paix apparente régnant avenue Pouvana’a-a-Oopa entre le haut-commissariat, la présidence, la DSP et la gendarmerie, le message aura sûrement été entendu.

F.C.

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