Taarii Maraea : “L’esprit de tolérance est sacré”

    mercredi 4 mars 2015

    L’Église protestante ma’ohi célèbre demain, l’arrivée de l’Évangile en Polynésie française. C’est le 218e anniversaire cette année, est-ce que comme chaque année, on doit s’attendre à de grandes manifestations religieuses ?
    Cette année, chaque paroisse travaille en interne. Chacune d’elle va organiser le 5 mars à sa façon. Il y aura très peu de rassemblements, comme on a pu le voir les années passées. Cela est une question de budget et de moyens matériels… Nous préférons organiser de grands événements aux grandes dates, comme cela avait été le cas par exemple pour les 200 ans. Il faut au moins deux à trois ans pour préparer une telle manifestation. Aussi, chaque paroisse le fêtera à sa manière. 

    Aujourd’hui, le 5 mars a-t-il autant d’importance pour les protestants, ou s’agit-il plus d’un jour chômé comme un autre ?
    À partir du moment où la date du 5 mars a été classée comme jour férié, cette date n’est plus une fête religieuse uniquement protestante. C’est un jour qui revient à tout le pays. Je pense que c’est une bonne chose, mais cela a aussi ses revers. Cela devient un jour chômé et les gens ont besoin de se reposer et à chaque occasion de se reposer dans notre société d’aujourd’hui, les gens préfèrent aller ailleurs que de venir aux commémorations. Il faut donc à chaque fois que les paroisses trouvent les moyens pour intéresser les fidèles et en particulier la jeunesse. 
    Ensuite la question est de savoir si l’Évangile a autant d’attrait que par le passé ? Et là, je crois que comme dans toute société moderne, nous subissons de plein fouet la vague de sécularisation. Cela a donné une certaine émancipation aux gens sans pour autant que ces personnes-là ne deviennent plus croyantes. 
    Simplement, le protestant d’aujourd’hui, est un protestant émancipé et fera son choix de participer ou pas à un culte, sans pour autant renier sa foi. 

    Jenny Hunter

    Lire l’intégralité de l’interview dans La Dépêche du 4 mars ou au feuilletage numérique.

    Qui succèdera à Taarii Maraea ?

    Taarii Maraea est à la tête de l’Église protestante ma’ohi depuis 2003. Une fonction qui s’exerce pour un mandat de quatre ans. Actuellement, le président est à son troisième mandat et l’Église, ou plutôt le conseil permanent, regroupant tous les représentants de tous les arrondissements, doit se prononcer sur l’élection du nouveau président des protestants en Polynésie française. “Cette année, je dois déposer mon bilan et le conseil permanent doit apprécier mon travail. Je ne participe pas aux délibérations et ne peux me représenter. C’est le conseil permanent qui décide s’il souhaite me voir occuper ce poste à nouveau ou pas”, souligne Taarii Maraea. Ce fameux conseil est en réalité l’ordre permanent qui siège entre deux synodes. Il suit les décisions, orientations et applications du synode. Il apprécie le bilan du président actuel et juge les candidatures potentielles au poste de président de l’Église. À l’heure actuelle, aucune candidature n’a été déposée. L’Église doit renouveler ou pas sa présidence lors du prochain synode en juillet 2015 à Taha’a. “Au conseil permanent de juger si mon bilan est satisfaisant ou pas. Mais quoi qu’il en soit, si le président sortant n’est pas reconduit, il faudra trouver des candidats potentiels, trouver un consensus et porter ce consensus devant le synode pour qu’il n’y ait pas de bataille de chiffonniers”, précise Taarii Maraea.

    Histoire et programme du 5 mars

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