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Taatiraa no te hau : à 40 ans, “on souhaite grandir”

lundi 10 avril 2017

taatiraa no te hau

Le Taatiraa no te hau de Charles Fong Loi a fêté son quarantième anniversaire, en présence d’Édouard Fritch et d’environ 800 convives. (© Marie Guitton)

Le Taatiraa no te hau, présidé par Charles Fong Loi, a fêté ses 40 ans, samedi dernier au soir, en présence de près de 800 personnes, dans le bâtiment de l’association philanthropique chinoise. Créé en 1977 par Arthur Chung et Jean Vognin, sous le nom de Taatiraa Porinetia, le parti avait été rebaptisé en 2000 par son président de l’époque, Robert Tanseau.

Déjà souhaitait-il “se revigorer” et attirer les plus jeunes, une volonté renouvelée aujourd’hui en vue des prochaines élections. “On souhaite grandir”, indique ainsi Charles Fong Loi, qui laisse planer le mystère sur les intentions du parti pour les territoriales de 2018.

En attendant, le ralliement au Tapura huiraatira est total : “N’oubliez pas, pour la présidentielle, que le Taatiraa est un parti résolument autonomiste ! Au premier tour, nous soutiendrons le candidat Fillon. Et retenez, surtout, la date du mois de juin, pour les élections législatives. Ce soir, nous avons les candidats Maina Sage, de la circonscription 1, Nicole Sanquer, pour la 2, et Patrick Howell, pour la 3. Faites votre devoir, allez voter !”, a lâché Charles Fong Loi, on ne peut plus clair.

En face de lui : les trois candidats du Tapura aux législatives, donc, mais aussi tout le gouvernement, Édouard Fritch et son épouse, ainsi que la cheffe de file du Rassemblement pour une majorité autonomiste (RMA) à l’assemblée, Sylvana Puhetini. “C’est un signe qu’ils accordent réellement de l’importance à notre parti”, assurait le président du Taatiraa. Et que ce dernier pourrait leur permettre de gagner quelques électeurs ? “Ça va de soi…”

L’occasion était rêvée, en effet, pour le parti majoritaire de faire un appel du pied à la communauté chinoise. Car c’est bien elle, aujourd’hui, la “force” du Taatiraa no te hau, selon son président, qui parle aussi de “liens très étroits avec le consul de Chine”. Il reste vague, néanmoins, sur le nombre d’adhérents : “Qui dit communauté chinoise dit communauté qui aime être discrète… Si on se base sur les résultats que nous avons lors des élections municipales, on voit par exemple qu’on a eu plus de 500 voix sur Punaauia. Mais ce qui est sûr, c’est que notre force se trouve à Papeete.”

 

“Apporter un plus dans la vie politique”

 

Arthur Chung fut, en son temps, le fondateur de l’AS Dragon, dans la vallée de Titioro. “Les élus Taatiraa ont participé activement à la gestion de Papeete de 1977 à ce jour”, a-t-il souligné samedi dernier. “J’ai servi sous la bannière de trois maires !” Robert Tanseau et Charles Fong Loi sont, à leur tour aujourd’hui, adjoints au tavana Michel Buillard, lui aussi présent à leur fête d’anniversaire avec plusieurs membres du conseil municipal.

Mais l’argumentaire du parti, initialement créé pour montrer que la communauté chinoise “existait”, a-t-il encore une portée maintenant que celle-ci semble être bien intégrée ? “Nous avons d’autres valeurs que nous véhiculons”, explique le président du mouvement. “Le respect d’autrui, la transparence, la tolérance, l’intégrité, le non-cumul : pas plus de deux mandatures à l’assemblée et trois au niveau du conseil municipal. Je crois que ce sont des valeurs que les gens aiment.”

Est-ce à dire que le Taatiraa no te hau n’a pas de programme politique à proprement parler et qu’il se cantonne à prêcher la bonne parole auprès des grands partis ? “Ce n’est pas exactement ça”, répond-il. “On peut avoir le plus beau programme, mais dans l’application, ce n’est jamais plus la même chose. Donc pour nous, la priorité, c’est d’essayer d’aider le peuple polynésien à sortir de cette crise que nous vivons actuellement, faire du social et aider le gouvernement actuel à redresser ce territoire sur le plan économique.”

Mise à part une “brève absence” de 1991 à 1995, le Taatiraa a toujours eu son représentant à l’assemblée de la Polynésie, à l’instar de Charles Fong Loi aujourd’hui. “J’ai toujours pensé que personne, ni aucun parti, n’a le monopole de la vérité”, a rappelé Arthur Chung, samedi dernier. “Nous sommes là pour apporter un plus dans la vie politique, économique et sociale du pays.”  

 

Marie Guitton

 

 

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