Tabac et sexe oral accroîtraient le risque de cancers buccaux

    mardi 7 octobre 2014

    Fumer et pratiquer du sexe oral accroîtrait nettement le risque de développer un cancer de la bouche et de la gorge causé par le virus papillomavirus, transmis sexuellement, selon une étude publiée mardi dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).
    Les chercheurs ont constaté que les infections buccales par le HPV16 sont plus fréquentes chez les personnes qui fument ou chiquent ou ont récemment consommé un produit du tabac.  
    Ce papillomavirus, trouvé dans 80% des cancers de la gorge, est transmis par la fellation ou le cunnilingus, précisent les auteurs de cette étude, ajoutant que ce type de tumeur a augmenté de 225% aux États-Unis depuis vingt ans.
    « Il semble que le tabac augmente la probabilité des infections orales avec le papillomavirus HPV16 et, bien que nous en ignorions encore la raison, nous suspectons que l’organisme d’un fumeur pourrait ne pas se débarrasser aussi facilement de cet agent pathogène », explique le Dr Gypsyamber D’Souza, professeur adjoint d’épidémiologie à la faculté de médecine Johns Hopkins à Baltimore (Maryland, est), principal auteur de l’étude.
    « Le sexe oral est chose courante mais ce cancer reste encore rare », malgré la forte augmentation enregistrée aux États-Unis, souligne le Dr D’Souza, suggérant qu’il doit y avoir une combinaison de facteurs pour expliquer que certaines personnes porteuses du papillomavirus HPV16 développent des cancers oropharyngés liés à ce virus, alors que d’autres non.
    L’étude a porté sur un échantillon représentatif de la population américaine de 6 887 participants provenant d’une enquête nationale sur la santé et la nutrition. Dans ce groupe, 2 012 consommaient du tabac au moment de l’étude.
    Le virus a été détecté par rinçage buccal. Les participants ont subi des analyses de sang et d’urine pour détecter deux substances chimiques liées à l’usage du tabac, la cotinine et le NNAL.
    Ceux présentant des niveaux élevés de ces biomarqueurs avaient davantage de probabilités d’avoir de l’ADN du virus HPV16 dans leur organisme que ceux ne présentant pas de trace détectable de ces substances chimiques, précisent ces scientifiques.
    Tout accroissement du niveau de cotinine dans le sang, équivalent à trois cigarettes par jour, augmentait le risque d’infection par des HPV16 de 31%.
    Pour chaque augmentation du taux de NNAL détecté dans l’urine -correspondant à quatre cigarettes quotidiennes-, la probabilité d’infection par le HPV16 grimpait de 68%.
    « Ces résultats pourraient être une raison supplémentaire d’arrêter de fumer et suggère que même une consommation limitée de tabac est liée à une fréquence élevée d’infection buccale par l’HPV16 », conclut Dr Carole Fakhry, professeur adjointe d’otorhinolaryngologie à la faculté de médecine de l’Université Johns Hopkins, co-auteur de l’étude.

    AFP

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