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Tahiti CarPool, tentative pour convertir le fenua au covoiturage

mercredi 15 novembre 2017

carpool

Cyril Légale et Kevin Masson, développeurs citoyens de Tahiti Sphère. Le site web de Tahiti CarPool (https://tahiticarpool.ovh), qu’ils ont créé, est déjà opérationnel. Conçu en “responsive design”, il est parfaitement lisible et facile à utiliser sur smartphone et tablette.
L’application devrait être lancée rapidement, d’abord sous Android, et sous iOS dans le courant de l’année prochaine. (© Caroline Perdrix)

Le covoiturage, on en parle depuis le début des années 2000. À Tahiti, de nombreuses tentatives ont vu le jour, que ce soit sous la forme de sites web, d’applications pour smartphones ou de groupes sur les réseaux sociaux.

Hélas, les résultats n’ont pas été très concluants, pour les conducteurs comme pour les passagers. Pourtant le covoiturage remplit toutes les cases : économies, écologie, sécurité, convivialité, partage, remède aux nombreux inconvénients des transports publics, flexibilité.

Mais lorsqu’il s’agit de leur voiture – même si le covoiturage leur permettrait de grandement réduire leurs frais –, les automobilistes sont farouchement indépendants. 90% d’entre eux sont seuls dans leur véhicule au fenua.

Certains ne se laissent pas décourager si facilement. C’est le cas de l’association Tahiti Sphère, dont le but est de “recréer du lien par l’informatique”, selon Cyril Légale.

Depuis le début de l’année, trois plateformes collaboratives ont vu le jour : les applications “Comparons” pour faire son shopping au meilleur prix, “Garde ton île propre” pour signaler des problèmes liés à l’incivisme et “Vana’a” pour connaître et partager les événements et les loisirs.

La dernière création en date : Tahiti Carpool, un service web et bientôt une application mobile de covoiturage, non seulement pour Tahiti, mais aussi pour Moorea, Raiatea, Huahine et Bora Bora.

 

Développer le civisme

 

Cyril Légale étend ainsi son concept d’“appli vertueuse” à la voiture. “Nous sommes une association, nous n’avons pas vocation à gagner de l’argent”, dit-il.

L’inscription au site est gratuite, conducteurs et passagers sont libres de monétiser ou pas les trajets, mais les conditions générales du site fixent le maximum à 1 000 F le trajet.

“Comme avec nos autres applications, nous voulons développer le civisme, retrouver le sens du partage qui faisait partie de la vie polynésienne. D’autres sites ont peut-être été moins fonctionnels, moins professionnels. Mais les problèmes restent les mêmes, les transports publics sont difficiles et tout le monde n’a pas les moyens d’avoir un véhicule. L’individualisme, c’est dommageable pour tout le monde.”

Quid de la sécurité ? “C’est le premier problème du covoiturage”, dit Cyril Légale. Les utilisateurs du site doivent préciser leur sexe, permettant aux autres “carpoolers” de faire le choix qui leur semble le plus sûr.

Tahiti CarPool veut également associer les communes, les entreprises et les établissements scolaires et universitaires à sa démarche, en leur proposant d’installer une signalétique pour des “points de ramassage” qui seront répertoriés sur le site web.

Plusieurs communes ont manifesté leur intérêt. Le site comporte également un annuaire de taxis et de loueurs de véhicules.

Enfin, Tahiti Sphère s’apprête également à lancer deux autres plateformes collaboratives. Ce mois-ci verra l’apparition d’un site dédié aux activités touristiques avec géolocalisation ; en décembre, un autre site consacré à l’hébergement en lodges et locations sera mis en ligne.

Comme Tahiti CarPool, explique Cyril Légale, il s’agit d’encourager la micro-économie avec des outils modernes et de “créer du lien, intelligent et vertueux”, entre les Polynésiens.

 

C.P.

 

Plus d’informations sur le site de Tahiti CarPool

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