Tahiti Congrès lance un club d’idées pour les managers

    vendredi 28 août 2015

    En mars, l’association Tahiti Congrès organisait un colloque consacré aux relations humaines.  Elle propose aux chefs d’entreprise et à leurs cadres d’intégrer le club idéo, un réseau déjà présent en Nouvelle-Calédonie, en France, en Belgique ou au Québec. Une plateforme pour venir en aide aux managers dans les entreprises de Polynésie française.

    “Rémunérations, stimulations… C’est réconfortant de voir que tous les pays rencontrent les mêmes problèmes que nous.”
    Djina Sandford, directrice des ressources humaines à la Socredo, assistait hier à la conférence de présentation de “Club ideo !”, une plateforme lancée par l’association Tahiti Congrès pour venir en aide aux managers dans les entreprises de Polynésie française.
    L’idée : créer une communauté de professionnels et partager les bonnes pratiques en termes de gestion du personnel.
    “De par mon métier, j’ai constaté qu’avec la crise économique et sociale au fenua, on ne savait pas toujours où on allait”, explique Laurent Devemy, dirigeant de MCDC consulting, une entreprise de conseil et de formation en ressources humaines, et président de l’association Tahiti Congrès.
    “Avec le congrès que nous avons organisé cette année, on a touché du doigt un élément essentiel : l’équilibre entre la performance et le bien-être au travail.” Plus de 200 personnes y avaient participé. “On a donc décidé d’aller plus loin en lançant Club ideo !” Laurent Devemy compte sur “l’intelligence collective” pour trouver des solutions concrètes aux problèmes récurrents que rencontrent les dirigeants d’entreprise.
    Sur la plateforme club-ideo.com seront donc mis en ligne, pour les membres et en contrepartie d’une cotisation de 7 500 Fpar mois, des vidéos de formation, des études comportementales, des tutoriels, mais également un espace collaboratif permettant aux managers de communiquer entre eux et d’échanger avec des intervenants qualifiés.
    En complément, Tahiti Congrès organisera huit ateliers de travail par an à 25 000 F, ainsi que deux sessions “d’hyper-formation” à 95 000 F, des tarifs jugés “très raisonnables” par les potentiels adhérents. “L’idéal serait qu’à l’issue de chaque workshop, les participants sortent avec un plan d’action à mettre en œuvre dans leur entreprise sur le thème débattu”, explique Laurent Devemy.

    “À Tahiti, on rencontre les mêmes problématiques qu’ailleurs”

    Dialogue social en octobre, évaluation des compétences et fixation des objectifs en novembre… “Comment stimuler nos jeunes et, en parallèle, satisfaire les plus anciens ?”, s’interroge aussi Djina Sandford, de la Socredo, qui participera peut-être à l’atelier organisé sur ce sujet en avril 2016.
    “À Tahiti, assure-t-elle, on rencontre les mêmes problématiques qu’ailleurs, parfois accentuées ou atténuées par nos spécificités culturelles, comme la timidité ou, plus positive, la grande capacité des gens à discuter. Ces ateliers vont être une source d’informations, d’éclairage, pour voir dans quelle mesure on peut améliorer nos connaissances.”
    Moerani Lehartel et Reva Juventin, au service RH de l’Océanienne de services bancaires (OSB), deviendront elles aussi, “sans hésitation”, membres de Club ideo !.
    La première s’intéresse particulièrement à l’atelier sur les rémunérations proposées en décembre. La seconde aux relations entre les employés et la société. “La motivation au travail, les valeurs d’entreprise, la performance… C’est ce volet-là que j’aimerais développer”, explique-t-elle. Car la rémunération, contrairement aux idées reçues, ne serait pas le meilleur gage de productivité du salarié. “Est-ce que l’argent peut acheter le bonheur et la performance ? Non, l’argent achète le confort”, expliquait hier par webcam interposée Jacques Forest, professeur de comportement organisationnel au Canada. Il pourrait à l’avenir dispenser ses conseils aux membres de Club ideo !
    Sa première intervention semble en tout cas avoir convaincu les 65 managers présents dans la salle de conférence du Manava. “L’être humain a trois besoins”, a-t-il précisé. L’autonomie, qui exige qu’on lui laisse une marge de manœuvre pour agir en conformité avec ses valeurs. La compétence, portée par sa volonté d’être efficace et d’atteindre des objectifs.
    Et l’affiliation sociale, qui suppose des relations inter-personnels au sein de l’entreprise.
    “Le plaisir et le sens sont les deux motivations les plus importantes. Au contraire, l’orgueil et l’argent sont les motivations les moins bénéfiques qu’il faut donc juguler en faisant en sorte que les trois besoins de l’employé ne soient pas frustrés.”

    “OK, donc on fait quoi maintenant ?”

    Reva Juventin, de l’OSB, a désormais besoin d’outils pour atteindre ces objectifs : “C’est très bien sur le papier, mais c’est plus dur sur le terrain.” “OK, donc on fait quoi maintenant ?” Laurent Devemy est certain d’apporter, avec Club ideo !, des réponses concrètes aux managers. Par exemple, en regardant ce qui se fait au Québec, “à la pointe” en matière de ressources humaines. “Ils ont 10 ans d’avance sur la France, affirme le président de Tahiti Congrès. Là-bas, les RH ont un ordre professionnel qui rassemble 11 000 membres, et un code de déontologie !”
    “En accédant à cette plateforme, on va voir ce qui se fait ailleurs et peut-être faire évoluer notre modèle”, espère, confiant, Cédric Vidal, le deuxième vice-président du Medef. “On a des problèmes récurrents, comme le dialogue de sourds qui se noue chaque année lors des négociations sur les salaires. Les salariés demandent des augmentations, et les entreprises présentent les raisons pour lesquelles elles ne le pourront pas… Ce serait intéressant de découvrir d’autres pratiques, hors de la Polynésie. Je pense que Club ideo ! va marcher.”
    La marque, quoi qu’il en soit, ne rapportera rien à Tahiti Congrès, une association à but non lucratif dont les quatre membres ne sont pas rémunérés. “C’est un cercle vertueux, se félicite Laurent Devemy. L’argent gagné sera réinvesti pour financer la plateforme ou payer des intervenants.” Car si la rémunération ne fait pas le bonheur, certains experts coûtent cher de l’heure…
    Marie Guitton

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