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Tahiti iti surfe sur la vague tourisme

lundi 9 septembre 2019

Débarquement des croisiéristes du Paul-Gauguin, début septembre, à Vairao. (© Anne-Charlotte Bouleau)

Débarquement des croisiéristes du Paul-Gauguin, début septembre, à Vairao. (© Anne-Charlotte Bouleau)


Entre activités, hébergement, restauration et artisanat, les offres touristiques se développent progressivement du côté de la Presqu’île. Comme ailleurs, il s’agit d’un tourisme à la fois local et international, sur la base d’un avantage indéniable qui se résume par une forme d’évasion de proximité. Des professionnels du secteur, dont certains présents le week-end dernier au salon du tourisme, apportent quelques éclairages sur le sujet.

À la faveur de l’essor d’internet et du tourisme vert, les “petites” destinations ont le vent en poupe. C’est le cas de Tahiti iti, qui se fait une place sous le soleil du tourisme, doucement, mais sûrement.

Les chiffres annoncés en marge de la conférence annuelle de Tahiti Tourisme mettent en évidence une hausse des activités touristiques dans le secteur.

Il faut dire que la Presqu’île peut se targuer d’être une destination mondialement connue grâce à la célèbre vague de Teahupo’o, qui fait périodiquement le bonheur des free surfeurs, tandis que s’y tient, depuis plus de vingt ans, l’étape polynésienne du circuit professionnel de surf.

À quelques kilomètres, la commune de Vairao a été choisie depuis l’an dernier par le navire Paul-Gauguin pour une dizaine d’escales annuelles jusqu’en 2020.

“Je ne suis pas du tout surprise par ces résultats croissants”, remarque la présidente du comité du tourisme de Taiarapu-Ouest, Annick Paofai, également propriétaire d’une pension de famille au Fenua ‘Aihere depuis vingt-deux ans.

“Je m’y attendais, car depuis qu’on a monté le comité pour accueillir les croisiéristes, on n’arrête pas ! On a des demandes de toutes parts. La Presqu’île a un grand potentiel et on fait en sorte de promouvoir la destination pour son authenticité.”

 

L’atout Fenua ‘Aihere

 

D’autres ont eu le nez fin, étant eux-mêmes tombés sous le charme des lieux. C’est le cas de Karine Lavalle, gérante et propriétaire d’une pension qui surplombe Teahupo’o depuis 2005.

“On a commencé avec quatre bungalows et un fare pote’e. Progressivement, on s’est agrandi pour arriver à neuf bungalows, deux piscines, un fare yoga et un restaurant. On enregistre une augmentation régulière et continue, mais qui n’est pas non plus spectaculaire depuis l’arrivée des nouvelles compagnies aériennes. Ces dernières années, on est passé de 60 % à 72 %, puis 77 % de taux de remplissage, pour 60 % de touristes contre 40 % de résidents, et un séjour moyen de deux à trois jours”, précise-t-elle.

Depuis peu, des excursions nautiques sont également proposées par le petit hôtel. Et pour cause : le Fenua ‘Aihere est plébiscité pour son patrimoine culturel et naturel préservé, en l’absence de route.

“Quand j’ai commencé, en 2012, on était trois prestataires. Aujourd’hui, entre Vairao et Teahupo’o, nous sommes dix bateaux. Ce qui est bien, c’est que ça s’est professionnalisé”, confie Cindy Otcenasek, qui partage son temps entre surf et balades.

À Taiarapu-Est, Taravao fait figure de transition, avec plusieurs magasins, un marché et quelques restaurants, sans oublier le point de vue du belvédère. Les cascades de Faaone valent le détour avant de prendre la route de Tautira.

Prisée par une clientèle locale en quête d’un dépaysement de courte durée, une petite structure implantée à l’entrée du district fait le plein chaque week-end, depuis deux ans.

Si l’offre touristique est moins développée sur cette rive, pour certains, cela signifie que tout reste à faire.

C’est l’avis de Stive Timo, qui propose depuis peu des excursions en quad et jet-ski au départ d’une pension, à Afaahiti.

“C’est simple, dans ce domaine, c’était inexistant. Le but, à terme, c’est de se rendre aussi sur la côte ouest. Il faut innover !”, souligne-t-il.

Une chose est sûre, les projets ne manquent pas. Tahiti iti n’a donc pas fini de surprendre.

 

A.-C. B.

 

Hébergement “sauvage”

Revers de la médaille : chacun veut sa part du gâteau. Si certains optent pour l’artisanat, d’autres tentent leur chance dans l’hébergement de fortune, au travers de plateformes controversées, AirBnB et autres, dû au fait qu’elles favorisent la concurrence déloyale.

“À Teahupo’o, pratiquement tout le village a une chambre à louer, ce qui commence à poser des problèmes de logement. C’est préjudiciable au tourisme, parce qu’on n’est pas soumis aux mêmes règles d’exploitation. Il y a bien l’obligation de se déclarer, mais il n’y a aucun contrôle. Il faudrait vraiment que le gouvernement prenne des mesures, car, à terme, c’est peut-être dangereux pour les pensions de famille”, mentionne une professionnelle du secteur, comparant la situation à celle de Moorea.

 

Aménagements passés et événements récents

Il y a quelques années, plusieurs travaux d’aménagement ont été menés par le service du tourisme, du parc Tatatua de Tautira au PK 0 de Teahupo’o, en passant par le belvédère de Taravao et sa route d’accès.

Deux événements sont également organisés à Teahupo’o chaque année par Tahiti Tourisme : “Tere i te Fenua ‘Aihere”, avec une cinquième édition à la découverte de la côte sauvage, en juillet, et “Fa’ahe’e i te tau matamua” en hommage au surf ancestral, chaque mois d’août, depuis trois ans.

 

Quelques perspectives

À Taiarapu-Est, la municipalité planche sur la reconversion des anciens sites militaires, dont le centre d’instruction nautique de Tautira, pour lequel se dessine une offre de petite hôtellerie familiale.

Du côté du fort de Taravao, entre autres projets, l’édifice d’origine sera préservé et se prêtera certainement à des visites chargées d’histoire.

S’agissant de la Baie Phaëton, l’aménagement d’un parc, combiné à divers services, a été évoqué récemment.

À Taiarapu-Ouest, le jeune comité du tourisme multiplie les initiatives. En marge de l’accueil du Paul-Gauguin, l’opération “Oaoa bring your own day”, lancée en avril pour mettre en avant le savoir-faire artisanal, sera proposée deux fois par an.

Les administrés devraient également être invités à s’impliquer dans l’embellissement de la commune, au travers d’un concours en partenariat avec la municipalité.

Enfin, l’édition d’un livret touristique dédié à la Presqu’île est toujours en réflexion.

 

 

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