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Tahiti Tourisme – Maïlee Faugerat croit en “l’atout de la relation humaine”

mardi 12 décembre 2017

maïlee faugerat

La nouvelle présidente du conseil d’administration du GIE Tahiti Tourisme, Maïlee Faugerat : “Il est important de développer le tourisme durable.” (© Damien Grivois)


Très impliquée dans le monde économique, associatif et sportif, la directrice générale du groupe Tahiti Sport SA (Nautisport, Tahiti Sport, Intersport…), Maïlee Faugerat, est, depuis le 1er décembre, la nouvelle présidente du conseil d’administration de Tahiti Tourisme. Reconnue pour ses compétences en matière de marketing et de gestion, elle succède à Michel Monvoisin, dont elle salue le travail. La femme d’affaires entend poursuivre l’orientation stratégique du groupement : assurer la promotion de Tahiti et ses îles en insistant, en particulier via internet et les réseaux sociaux, sur la spécificité de l’expérience humaine que représente un séjour au fenua. Le budget prévisionnel 2018 du groupement s’élève à 1,78 milliard de francs, en hausse de 2 % par rapport à 2017.

Quel regard portez-vous sur le travail de Tahiti Tourisme ?

Les supports qui existent et les efforts qui sont réalisés pour la promotion, y compris localement, sont d’une très belle qualité. J’ai adressé un courrier aux administrateurs pour les féliciter de leur travail.

J’ai, au passage, salué la mémoire de Nelson Lévy, pionnier de Tahiti Tourisme. Je le connaissais très bien. Je l’ai vu travailler très dur, sacrifier sa vie personnelle pour sa mission. Il a travaillé à la création d’Air Tahiti Nui, il a lancé easytahiti.com, etc.

Même si c’est un vrai métier et une industrie, nous pouvons nous-mêmes, Polynésiens, auprès de nos amis de l’extérieur, faire le lien avec Tahiti Tourisme, avec les agences de voyages, avec les compagnies aériennes.

 

Quel est votre rôle, pourquoi avez-vous été préférée aux autres candidats ?

Pour moi, c’est surtout le profil marketing qui a été retenu. Je pense que ma mission première est de donner un avis sur le marketing qui est fait par Tahiti Tourisme autour de l’image de Tahiti et ses îles. Avec le ministère et le service du tourisme, chacun joue son rôle à son niveau.

Un plan d’action 2015-2020 a été mis en place. Le travail de refonte est donc déjà largement entamé. Je prends le train en marche !

La richesse de notre destination, c’est la population. C’est elle qui fait que l’expérience d’un voyage en Polynésie reste unique, qui lui donne son mana.

 

Quel est le rôle du conseil d’administration ?

Il définit les lignes stratégiques et vote le budget. Il répartit les moyens alloués pour la promotion auprès des différents pays, ainsi que le budget de fonctionnement. Le Tahiti Tourisme veut développer le tourisme à l’étranger mais il veut aussi mettre l’accent sur le tourisme local. C’est l’une de ses nouvelles missions, avec le soutien à l’embellissement des communes.

Aujourd’hui, la plupart des représentations à l’étranger se font par appels d’offres. Ce sont des sociétés extérieures à qui l’on confie la mission de promotion.

 

Avez-vous rencontré les employés du Tahiti Tourisme ?

Non, pas encore car ils sont en cours de déménagement. Le Tahiti Tourisme quitte le Fare Manihini en raison de la mise en place d’un terminal d’accueil pour les plaisanciers à Vaiete. Il va s’installer, la semaine prochaine, à la gare maritime.

Le GIE a un directeur général, Paul Sloan, qui est marié à une Polynésienne et vit à Moorea, est actuellement en déplacement à Paris pour Tahiti Tourisme. Nous nous verrons à son retour.

 

Le Tahiti Tourisme regroupe l’ensemble des professionnels du secteur. Est-il en phase avec le ministère ?

Oui, nous sommes son bras armé pour la promotion de la destination. Je suis allée au ministère du Tourisme, jeudi matin. Il a en charge tous les paramètres liés au tourisme, le transport aérien, l’aménagement des infrastructures d’accueil pour les croisièristes, l’hébergement, la règlementation, etc. J’y ai rencontré Nicole Bouteau et son équipe, très jeune, très dynamique, très compétente.

J’avais auparavant appelé mon prédécesseur, Michel Monvoisin, pour évoquer le Tahiti Tourisme et la mission que j’avais acceptée. Mon action va s’inscrire dans la continuité de son travail. Je voulais féliciter les équipes du ministère et du groupement.

 

Quel est l’impact du travail d’Air Tahiti Nui sur la promotion ?

C’est considérable… Je sais qu’avec la double casquette ATN/Tahiti Tourisme, Michel Monvoisin ne cessait personnellement de promouvoir notre destination.

Air Tahiti Nui, qui a ses propres représentations, est aussi l’étendard de Tahiti et ses îles. Toute la communication de la compagnie aérienne participe à la promotion du fenua. Air Tahiti Nui soutient la plupart des événements locaux et facilite les démarches des acteurs. C’est un partenaire stratégique.

 

Où en est la campagne “Embraced by mana” ? Pourquoi fallait-il repositionner la marque Tahiti et ses îles ?

Cette campagne appuie davantage sur la dimension culturelle, sur l’expérience que constitue un voyage en Polynésie, ce qui nous différencie vraiment des autres destinations tropicales. Tahiti Tourisme travaille beaucoup sur la notion de ressenti, notamment au travers du vécu de trois couples, un peu à la manière d’une télé-réalité.

Il s’appuie beaucoup sur les nouveaux moyens de communications, les réseaux sociaux, qui sont des outils beaucoup plus interactifs. C’est une excellente façon d’aborder la promotion. La communication ne peut jamais être meilleure que lorsqu’elle s’exerce au travers de nos sens. Tahiti Tourisme travaille à la refonte de ses sites internet.

 

Tahiti et ses îles doivent affirmer leur spécificité ?

Du sable blanc et du soleil, il y en a partout… La concurrence ne manque pas ! La Polynésie n’est pas que riche de ses paysages, de ses lagons. Il y a toute la dimension culturelle autour de laquelle il faut communiquer, sur l’authenticité.

Dans nos îles, par rapport aux Caraïbes par exemple, le touriste bénéficie de beaucoup plus d’interactions avec la population. Cet atout de la relation humaine bénéficie beaucoup et à la petite et moyenne hôtellerie, et aux pensions de famille.

 

Que pensez-vous du développement du Airbnb ?

Cette plateforme communautaire payante de location et de réservation de logements de particuliers a sa place ici. Ce sont des touristes supplémentaires qui n’auraient sans doute pas été au Four Seasons, par exemple… Je ne crois pas que ça fasse de l’ombre aux hôtels qui affichent de bons taux de remplissage. Le soleil brille pour tout le monde !

 

Quel regard portez-vous sur la nouvelle donne dans le transport aérien ?

Je n’ai aucune expertise dans ce domaine. Je sais qu’Air France et ATN font un excellent travail sur la ligne Paris-Papeete. Il me semble que les compagnies gagnent de l’argent sur cette ligne, mais en perdent sur d’autres comme le Japon.

Je trouve que l’arrivée de nouveaux acteurs est une bonne chose. Il est positif que les offres se multiplient. Ce doit être l’amorce d’une augmentation significative de la fréquentation touristique.

 

Quel type de tourisme la Polynésie souhaite-t-elle ?

Il est important de développer le tourisme durable. On aimerait bien avoir 150 000 touristes de plus mais avec l’offre hôtelière actuelle, le défi est complexe. L’éternelle équation : pas assez de chambres, pas assez de sièges d’avion ? L’objectif premier pour Tahiti, c’est d’augmenter les flux, mais pas n’importe comment. La qualité du séjour doit rester à la hauteur de nos promesses.

Au niveau marketing, il faut essayer d’avoir une fréquentation linéaire sur toute l’année.

Ensuite, il faut aller au-delà du schéma Tahiti-Moorea-Bora Bora. Nous avons de très belles pensions dans les îles, dans tous les archipels. Chaque année, j’en visite et j’adore !

 

Quelle est la cible de communication de Tahiti Tourisme ?

Notre message de promotion s’adresse à tout le monde. On ne sélectionne pas une cible supposée “haut de gamme”. Il y a de nouveaux types de tourisme, par exemple le tourisme sportif, avec la Ronde tahitienne, Hawaiki Nui Va’a, le Xterra, les charters nautiques… qui font venir des visiteurs du monde entier.

Le GIE travaille beaucoup sur les clientèles américaine et française. Son effort de promotion va être accentué sur l’Asie : le Japon, la Chine et la Corée du Sud.

 

Propos recueillis par Damien Grivois

 

colette baert

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