Tahitisurfview et Tahiti-webcam : en direct de la vague

    samedi 22 août 2015

    En cette période de Billabong Pro, la tentation est grande de se payer une bonne vague. Mais tout le monde ne dispose pas des mêmes informations que les pros sur les conditions météo… Pour éviter de parcourir 30 bornes avant de tomber sur une mer plate, les sites Tahitisurfview.com et Tahiti-webcam.com diffusent en direct depuis 2013 des vidéos de la houle sur les spots de surf de Tahiti. 
    “À l’époque, un site existait déjà, mais il ne publiait que ponctuellement des photos et des prévisions météo. Il n’y avait rien en direct”, raconte Yannick, le créateur du site Tahitisurfview, grand amateur de surf, qui en avait marre des déconvenues. 
    “La météo ne suffit pas. Avec les prévisions, on sait quand la houle va arriver, mais on ne connaît pas trop la qualité des vagues, ni le monde qui est présent sur le spot. Le direct est un meilleur indicateur.”
    Il y a près de trois ans, cet informaticien a donc décidé de mettre ses compétences professionnelles au profit de son hobby. “Il a fallu trouver les endroits et négocier avec les propriétaires”, explique-t-il, remerciant ceux qui ont accepté d’héberger ses caméras moyennant la prise en charge d’une partie de leur abonnement à Internet. “Puis, j’ai fait des essais avec un copain. Il me disait : “Tourne la caméra un peu plus à gauche, zoome moins !”

    La course à l’armement

    Aujourd’hui, Yannick a six caméras : quatre sur la côte est à l’embouchure de Papeno’o, au Motu Martin, à Ahonu et à Orofara ; et deux sur la côte ouest à Sapinus et Taharuu. La plateforme concurrente, Tahiti-webcam, dispose en plus de caméras à Taapuna et Teahupo’o, un site mythique qu’aimerait aussi pouvoir filmer Yannick. 
    “Mais ça demande un investissement que je ne suis pas prêt à faire tout de suite, regrette-t-il. J’ai lancé ce projet sur mes fonds propres, donc pour l’instant, je suis dans l’objectif de trouver des sponsors.” “C’est un peu difficile…”, ajoute-t-il dans l’espoir de trouver rapidement des financements.
    C’est là que réside la plus grande différence entre les deux concurrents. Car, mis à part un replay disponible uniquement sur Tahitisurfview, et les caméras exclusives de Tahiti-webcam à Teahupoo et Taapuna, les deux sites surfent sur la même vague : des prévisions météo théoriques et l’observation de la houle en temps réel sur le terrain. Les tentatives de rapprochement ont échoué, ce qui semble avoir favorisé la course à l’armement, comme à Papeno’o, où Yannick assure que sa caméra, installée sur une structure de l’Institut de la Jeunesse et des Sports occupée par la Fédération de surf, “offre une vue plus rapprochée des vagues !” 
    Quoi qu’il en soit, sur le plan financier, c’est Tahiti-webcam qui semble être parvenu à tirer son épingle du jeu grâce aux annonceurs, au détriment de son concurrent. 
    “Ce site a pris un peu d’avance parce qu’il a fait appel à un prestataire de France qui avait la solution clé en main, analyse Yannick. Moi, c’est 100 % local, je l’ai fait un peu façon garage ! J’ai simplement pris les services d’une webmaster tahitienne pour le design du site.”
    La concurrence, en tout cas, est bénéfique à l’utilisateur qui dispose de deux points de vue différents sur les mêmes spots. 
    “La nouvelle génération a de la chance, affirme Yannick. Nous, la météo, on faisait avec. Dès fois, c’était vraiment mauvais. Si on avait su, on n’aurait pas gâché notre week-end en passant deux heures sur la route pour rien !”
    Les caméras ne font toutefois pas le bonheur de tous. Des surfeurs craignent que ça attire trop de monde sur “leur” spot lorsque les conditions sont bonnes. Des commerçants ont peur, au contraire, de manquer de clients s’ils sont prévenus à l’avance en cas de mauvais temps… Et, plus classiquement, des internautes critiquent l’intrusion dans la vie privée, ce dont l’informaticien se défend : “Je filme un lieu public. Les autorités m’ont dit que je pouvais installer mes caméras tant qu’on ne reconnaissait pas les visages et que je ne gardais pas d’enregistrement.” 
    Les bandes sont donc effacées toutes les 24 heures, et les caméras placées assez loin des zones de passage. “On voit des silhouettes, mais on ne reconnaît pas les visages. J’essaie également de ne pas filmer les voitures. Il n’y a rien qui puisse identifier les surfeurs”, promet-il. Alors souriez, ce n’est pas vous qui êtes filmés ! 

    Marie Guitton

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