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Le Tahoera’a a signé un accord avec le Here Ai’a

vendredi 2 février 2018

ROMEA TAURAA

Roméo Tauraa a signé, mercredi, au titre du Here ai’a, un accord avec le Tahoera’a. (© archives LDT)

À l’occasion des territoriales, le parti orange devrait offrir un légère colorisation rosée…

Sandra Manutahi Levy-Agami, représentante Tahoera’a huiraatira à l’assemblée, évoquait mercredi, sur sa page Facebook, la mission pour les cadres d’entériner « le partenariat avec le Here ai’a ». « L’accord a en effet été signé en conseil politique » confirmait hier le Tahoera’a.

« Il a été paraphé par le nouveau représentant du Here Ai’a, Roméo Tauraa », directeur du marché de Papeete, désigné par le parti début janvier pour succéder à Gustave Taputu.

Une alliance qui n’est pas de nature à modifier les grands équilibres puisque le pupu Here ai’a te nuna’a ia ora n’est plus que l’ombre de lui-même, avec une estimation de 300 adhérents en 2016.

Un parti moribond et dont les membres (Tony Adams, Georges Handerson, Toni Hiro, Patrick Bordet ou encore Matahi Hiro…) se sont longtemps entre-déchirés.

Mais dans la logique d’un Gaston Flosse qui ne renonce jamais, tout est bon à prendre ! Pourtant, le parti fondé en 1965 par John Teariki, sur le socle de l’ancien Rassemblement démocratique des populations tahitiennes (RDPT) de Pouvana’a a Oopa, était un authentique poids lourd de la scène politique, jusqu’à la moitié des années 1990.

 

 

Le baiser de la mort

 

 

Son leader Jean Juventin, l’indéboulonnable maire de Papeete, depuis 1977, s’était allié avec Alexandre Léontieff au sein du Te tiarama. L’ancien « dauphin » de Gaston Flosse avait profité, en 1987, d’un séjour du Vieux lion en métropole pour devenir calife à la place du calife, et prendre les commandes du gouvernement territorial.

Rien de bien formidable, au regard des us et coutumes locales, entre alliances inattendues, trahisons, retournements de pareu et réconciliations opportunistes.

Mais pourquoi diable cet éléphant de la politique tahitienne qu’était le Here ai’a a-t-il a ce point maigri en deux décennies ?

L’histoire est ironique. Le Here ai’a semble avoir la mémoire courte. Car c’est précisément une alliance, jugée contre nature à l’époque, avec le même Tahoera’a huiraatira, le 11 septembre 1991, qui est à l’origine de sa chute. Jean Juventin a fait confiance à Gaston Flosse, ce qui lui a permis au passage d’être élu député pour la troisième fois de sa carrière en 1993, sous l’étiquette RPR.

Pour symboliser la force de ce nouveau gouvernement de coalition, Jean Juventin avait rejoint Gaston Flosse à Raiatea, où le leader orange se trouvait dans le cadre d’une mission aux îles Sous-le-Vent. Colliers de fleurs et embrassades appuyées, sous les objectifs des caméras et appareils photo.

Mais la lune de miel n’a duré qu’un temps. Le parti rose ne s’est jamais relevé de cette alliance. Le Tahoera’a a eu beau avoir intégré des ministres Here ai’a (Maco Tevane, Toni Hiro, Raymond Van Bastolaer…), il a pris tout l’espace, et affaibli son allié. Tout comme il l’avait fait auparavant avec le Ai’a api.

S’allier au Tahoeraa, c’est parfois le baiser de la mort. Reste que, dans son état de faiblesse actuel, pour espérer une représentation à l’assemblée, le Here ai’a n’avait guère d’autre choix que de nouer un nouveau « partenariat ».

On ignore s’il a été tenté, ou même approché, par le Tavini et le Tapura.

 

 

Damien Grivois

 

HERE AIA émile vernaudon

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