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Le Tahoera’a fête ses 40 ans demain

jeudi 5 octobre 2017

TAHOERAA Gaston Flosse

Le 6 mai 1977, Gaston Flosse créait son parti, dans le sillage du Rassemblement pour la République (RPR) dont il fut aussi un des fondateurs. Il gagnera l’admiration de nombreux Polynésiens pour sa capacité à obtenir de Paris les avantages statutaires et financiers nécessaires au développement du pays. Le “système Flosse” suscitera aussi des rancunes tenaces et de nombreux procès. (© DR)


Le Tahoera’a huiraatira va fêter ses 40 ans demain soir, avec quelques mois de retard. Un dîner dansant est organisé pour l’occasion, dans les jardins de la mairie de Papeete. L’occasion de revenir sur l’histoire de ce parti et de son leader historique, Gaston Flosse.

Nous aurions voulu vous faire lire les paroles de son fondateur et unique président, revenant sur l’aventure extraordinaire d’un parti qui a fini par devenir la matrice des formations politiques locales, qu’elles s’en défendent ou pas.

Mais, tel le grand-père ronchon dans les réunions de famille, Gaston Flosse n’a pas souhaité s’adresser aux lecteurs de La Dépêche.

Le Tahoera’a huiraatira s’apprête à fêter ses 40 ans avec quelques mois de retard, demain soir, dans les jardins de la mairie de Papeete, avec un dîner dansant où sont attendus plusieurs milliers de militants et de sympathisants.

Les tables seront sans doute achetées, mais seront-elles occupées ?

Il faut espérer que la météo sera bonne, car récemment, le parti orange n’a guère eu de raisons de se réjouir : son leader historique forcé de rendre les clés de la présidence et toujours abonné au palais de justice, l’échec des dernières législatives, la défection des Tuihani père et fils, un groupe à l’assemblée qui est passé de 38 représentants en 2013 à 13 si l’on compte Marcel Tuihani qui y figure encore, du moins sur le papier…

 

Trois problèmes

 

Enfin, même si les valeurs à géométrie variable ne sont pas l’apanage d’un seul parti, le soutien à Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle n’a pas redoré le blason du Tahoera’a, ni ici ni dans l’Hexagone.

Le Tahoera’a huiraatira doit, bon gré mal gré, se préparer aux territoriales de 2018. Et il a trois gros problèmes.

D’abord, un problème de personne : Gaston Flosse est inéligible jusqu’au 22 juillet 2019, même s’il a un temps essayé d’entretenir le doute sur la possibilité de confusion des deux peines (trois ans dans celle des emplois fictifs et deux ans dans celle du SED, le service d’études et de documentation).

Le Vieux lion, à 86 ans, ne ménage pas ses efforts et continue de sillonner le pays pour rassurer les fidèles et colmater les fuites.

Il “fait le boulot” mais reste à savoir qui sera le prochain dauphin. Il reste peu de temps pour faire émerger de nouveaux talents. Les temps ont-ils changé ou les directives du patron suffiront-elles à donner du charisme à celles et ceux qui en manquent ?

Ensuite, un problème d’argent. Les récentes et infructueuses campagnes électorales ont réduit le trésor de guerre du Tahoera’a – ce qu’a clairement dit Marcel Tuihani Sr avant de claquer la porte.

Enfin, un problème de programme. Va-t-on de nouveau entendre parler de grands projets ou de nouveau statut que seul le Tahoera’a serait capable de faire advenir, malgré son manque de relais à Paris ?

Quoi qu’on pense de Gaston Flosse, qui reste un animal politique exceptionnel, cet anniversaire marque aussi la fin d’une époque.

On ne peut que souhaiter, pour la vitalité du débat démocratique en Polynésie, que le Tahoera’a renaisse de ses cendres et que sa prochaine incarnation entre pleinement dans le XXIe siècle. “The show must go on”, comme on dit à Broadway.

C.P.

 

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