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Taiarapu-Est : le chemin de Maraeapai encombré par de mystérieux gravats

mardi 27 février 2018

Les gravats auraient été déposés par des véhicules communaux, à la grande surprise des riverains. (Photo A.-C. Bouleau)

Un cadre verdoyant avec une vue imprenable sur l’océan, c’est la quiétude qu’apprécient les résidents du lotissement Maraeapai.

Jeudi dernier, ce calme ambiant a été troublé par le dépôt de gravats le long du chemin emprunté quotidiennement par les riverains.

“Je suis partie en ville, en début de matinée, et c’est là que j’ai vu un premier tas. Je suis rentrée vers 21 heures, et surprise : il n’y avait plus un tas, mais quatre ! C’est vraiment dangereux parce que la route n’est pas éclairée,” précise Janick Aubineau, douze ans d’ancienneté dans le quartier, qui a déposé une main courante à la gendarmerie, dès le lendemain, pour mise en danger de la vie d’autrui.

Une deuxième déposition a été effectuée le même jour par Emmanuelle Delong, présidente de l’association Maraeapai.

“La police municipale est venue sur place pour faire un constat. On a appris plus tard que ces dépôts avaient été réalisés par des véhicules de la commune, pour combler les trous. J’ai contacté plusieurs élus, mais personne ne semblait au courant,” lance-t-elle, excédée.

Blocs de béton armé, tiges de fer apparentes, tuyaux, emballages alimentaires et autres déchets de chantier, dans le détail, la composition est effectivement loin d’être appropriée.

 

Plusieurs signalements

 

“Comment peut-on rouler là-dessus, même étalé ? Les tas ont été déposés où nous passions. Maintenant, on est obligé d’aller dans les parties ravinées. C’est complètement aberrant !” remarque Emmanuelle Delong.

“J’ai prévenu la Direction de l’agriculture, qui avait déjà été mise au courant par un exploitant. On m’a confirmé qu’il n’y avait aucune autorisation du Territoire pour ce dépôt, d’autant qu’une petite somme avait été budgétisée pour intervenir sur la route, en attendant le projet de bitumage,” confie-t-elle.

Confrontés à des difficultés récurrentes de gestion de l’eau et des déchets, les riverains ne cachent pas leur colère.

“C’est comme si on n’existait pas. Pourtant, on est là, on a voté et on paie nos impôts. On a besoin d’être reconnus en tant que résidents, et non comme un dépotoir. Ils viennent détruire ce qu’on préserve. Il y a des oiseaux qui nichent sur les bas-côtés, dans les hautes herbes. En ce moment, c’est la saison des éclosions et on voit des petits traverser le chemin,” mentionne Esther Tavi, citant notamment la marouette fuligineuse (meho), classée en catégorie A sur la liste des espèces protégées par la réglementation locale.

Un signalement a été effectué auprès de la Direction de l’environnement, hier matin, doublé d’un mail adressé au maire de Taiarapu-Est, avec une requête sans appel.

“On demande tout simplement le retrait de ces tas, le plus vite possible. Pour l’instant, on ne sait pas d’où viennent ces déchets, s’ils ont été désamiantés ou pas, ni s’ils présentent un risque par rapport à la petite fourmi de feu,”  s’interroge Emmanuelle Delong.

Malgré de multiples relances pour tenter d’éclaircir la situation, le responsable des services techniques communaux est resté injoignable.

 

Anne-Charlotte Bouleau

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