Tamau, la permanence : un spectacle exceptionnel

    mercredi 11 mai 2016

    C’est plus qu’un spectacle, c’est un événement artistique à part entière que nous concocte le Conservatoire artistique de la Polynésie française. Une rencontre entre les arts traditionnels et classiques à travers la danse, la musique et le chant, tout simplement dénommée Tamau, la permanence.
    Vendredi 20 et samedi 21 mai, au grand théâtre de la Maison de la culture, l’orchestre symphonique du conservatoire, dirigé par Simon Pillard, reprendra de belles œuvres classiques, telles la Danse macabre de Saint-Saens ou Une nuit sur le mont Chauve de Moussorgski. Il sera rejoint par le chœur du conservatoire, mené par Emmanuelle Vidal, et deux solistes de talent pour entonner Nuit et Calumet de la paix de Rameau, ou encore Air du génie du froid de Purcel.

    L’orchestre traditionnel de Te Fare Upa Rau fera aussi son apparition avec des morceaux composés spécialement pour l’occasion, pendant que sur scène, les danseurs et danseuses de ‘ori Tahiti, emmenés par Vaehakaiki Urima (Moon pour les intimes), professeur au conservatoire, ainsi que les danseuses classiques et modernes de l’Académie de danse Annie Fayn et du Centre de danse André Tschan évolueront dans des chorégraphies originales bien distinctes qui s’entremêleront par moments.

    L’apothéose de ce mélange des genres étant le fameux Boléro de Ravel, tombé dans le domaine public le 1er mai, repris par l’orchestre symphonique et l’orchestre traditionnel et dansé entre tamau et pointes.
    “Avoir un orchestre symphonique et faire rencontrer la danse traditionnelle et la danse classique, c’est un sacré boulot”, lâche Guillaume Dor, le coordinateur de la section classique du conservatoire.

    “Un projet très riche et audacieux”

    Et les autres parties prenantes de ce spectacle inédit ne diront pas le contraire. “Pour moi, le plus dur aura été de réunir les éléments pour mener à bien ce spectacle, sachant qu’ils participent tous au Heiva”, confie Moon.
    “Mon bureau a été le bureau des pleurs et des lamentations, dit avec humour Fabien Dinard, le directeur du conservatoire. Ce n’est pas évident de travailler avec tous ces ensembles et j’ai choisi John Mairai, pour son exigence dans le travail, pour faire travailler tout ce monde ensemble.”

    “Mon rôle tient plus à trouver une harmonie, confie John Mairai, le metteur en scène du spectacle. Le travail vient surtout des chorégraphes. Je n’ai fait qu’insuffler l’idée retenue, Tamau, la permanence, en référence au pas de base des femmes, le tamau, et son balancement perpétuel des hanches.”

    Pour Marion Fayn, chorégraphe de l’Académie de danse Annie Fayn, qui emmène sur scène 20 de ses meilleures danseuses, “la rencontre entre le traditionnel et le classique est toujours un challenge et accepter de le relever n’est pas simple, mais très enrichissant”.
    “Et le caractère unique de ce spectacle est d’avoir un orchestre symphonique qui joue de la musique en live. La sensation est différente d’un enregistrement audio, car il y a une interaction entre les danseurs et les musiciens.”

    Florence Yhuel, chorégraphe du Centre de danse André Tschan, confie que “c’était un grand rêve de pouvoir partager la scène avec un orchestre symphonique et de danser sur de grands morceaux classiques avec toute la liberté que nous avons pris pour construire nos chorégraphies”.

    “On a fait un gros travail avec les huit danseuses que j’ai pour ce projet. Et si on a des techniques différentes de la danse traditionnelle, l’émotion reste commune à toutes les danses. C’est un projet très riche et audacieux.”
    Si audacieux que, outre l’aspect artistique, ce spectacle est un réel défi technique pour la Maison de la culture, qui devra modifier une partie du grand théâtre pour créer une fosse qui accueillera les 40 musiciens de l’orchestre symphonique.
    Les billets sont d’ores et déjà en vente à la Maison de la culture, et au vu de la qualité de cet événement à venir, notre conseil serait de ne pas trop tarder à se procurer ses places ! 

    V.H.

    Pratique
    Le Conservatoire artistique de la Polynésie française et la Maison de la culture présentent Tamau, la permanence, un spectacle mis en scène par John Mairai, sur une idée originale de Guillaume Dor, vendredi 20 et samedi 21 mai, à 19 h 30, au grand théâtre de la Maison de la culture. Tarifs : 2 000 F et 1 500 F pour les moins de 12 ans. Billets en vente à la Maison de la culture. Plus d’infos : 40.50.14.18 (CAPF) ou 40.544.544 (TFTN).

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