Un taote des barrages en auscultation dans nos vallées

    lundi 5 septembre 2016

    barrages

    Pour Hans Flohr, responsable de la cellule chantier, et Maxime Fariki, responsable des installations dans la vallée de Papeno’o, les connaissances de l’ingénieur sont profitables. (Photo : Jean-Luc Massinon)


     

    PAPENO’O – Visite technique approfondie des ouvrages et équipements de Marama Nui

     

    Depuis les intempéries de décembre dernier sur la côte est, les familles qui vivent dans les vallées, le long des petits cours d’eau ou aux embouchures des rivières s’inquiètent désormais lorsque le ciel s’obscurcit au-dessus de leurs têtes.

    Les crues n’avaient jamais fait autant de dégâts.

     

    Autrefois, on craignait bien davantage la rupture d’un des barrages de Marama Nui.

    Mais ce que l’on ne savait pas encore c’est que, depuis 2010, la société qui exploite l’hydroélectricité au cœur de l’île fait contrôler ses aménagements tous les ans par un bureau d’étude métropolitain (Safège). Alors qu’elle n’est pas soumise à la réglementation en vigueur en métropole, Marama Nui fait venir un ingénieur pour s’assurer de la sûreté de ses ouvrages.

     

    Pour la troisième année, c’est Patrick Soulat, celui que l’on appelle le taote des barrages, qui aura la mission d’ausculter les cinq installations situées dans les vallées de Tahinu et Vainavenave à Papeno’o, Faatautia à Hitia’a, Vahiria, Vaite et Titaaviri à Papeari.

    Accompagné dans cette mission par Stéphane Sautet, l’ingénieur expert des barrages a pour objectif de faire un bilan sur l’année écoulée, de contrôler la bonne réalisation des contrôles périodiques par l’exploitant, d’analyser les paramètres de sûreté des ouvrages (débits de fuites, tassement…) ; mais aussi, grâce à une analyse détaillée, de s’assurer du bon état des éléments de sécurité (déversoir de crue, vannes de vidange, étanchéité, crête…).

     

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    Localisation des barrages à Tahiti. (Photo : Marama Nui)


    Barrages sous haute surveillance

     

    Marama Nui ne se paie pas (15 millions de francs) un check-up une fois par an juste pour montrer qu’elle est soucieuse de la sûreté de ses ouvrages.

    La surveillance des barrages est en fait journalière. Un défaut dans un liner, un écoulement sur un mur d’enrochement, un éboulis sur une crête font forcément l’objet d’un signalement.

    Tous les vendredis, les responsables des barrages font l’état des relevés des fuites et des niveaux des bassins et, tous les lundis, une analyse est faite en réunion sous la responsabilité de Yann Wolff.

    Si un seul chiffre apparaît anormal, les équipes retournent sur place pour faire de nouveaux contrôles. Car la crainte, c’est ce qui ne se voit pas.

     

    C’est ainsi que le tassement des barrages, provoqué par l’accumulation des tonnes d’eau, est suivi régulièrement par des géomètres. Rien n’est laissé au hasard, même si cela à un coût pour la société polynésienne (lire ci-contre).

     

    À l’issue de la mission annuelle du taote des barrages, un rapport détaillé d’une quarantaine de pages sera réalisé, avec éventuellement des recommandations.

    Ce rapport – véritable “carnet de santé” de chaque barrage – est conservé d’année en année pour une bonne connaissance de l’historique des ouvrages.

    Ces missions de l’ingénieur senior sont aussi l’occasion pour Marama Nui de former les personnels polynésiens en charge de l’exploitation, de l’entretien et du suivi des barrages.

    Un personnel qui, au regard des vies en jeu plus bas dans les vallées, a conscience qu’il ne peut pas se contenter de la routine.

    J.-L.M.

    Retrouvez l’intégralité de cet article dans votre journal d’aujourd’hui (Lundi 5 Septembre 2016).

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