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Taputapuatea bientôt au patrimoine mondial

jeudi 22 juin 2017

Taputapuatea

Taputapuatea, dont les constructions ont été édifiées entre le XIVe et le XVIIIe siècles, va
compléter la liste des 88 “paysages culturels” déjà inscrits au patrimoine de l’humanité. Montagne sacrée, passe récifale sacrée, îlot, vestiges archéologiques, forêt anthropique patrimoniale,
toponymes sont autant d’éléments inséparables du complexe du marae Taputapuatea.
(© Photo : DR)

Dans moins de trois semaines, les 8 et 9 juillet, la zone de Taputapuatea à Raiatea fera son entrée au patrimoine mondial de l’humanité, en tant que paysage culturel. Plus de 2 000 hectares couvrant terre et lagon, autour du plus mythique marae du triangle polynésien, vont ainsi être reconnus et protégés. Les paysages culturels sont définis par l’Unesco, qui a créé cette catégorie en 1992, comme “des œuvres conjuguées de l’être humain et de la nature”, qui expriment “une longue et intime relation des peuples avec leur environnement”.

Ainsi, les critères pour l’évaluation de la valeur universelle exceptionnelle de Taputapuatea sont au nombre de trois : “apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue” (critère III de l’Unesco) ; “offrir un exemple éminent d’un type de construction ou d’ensemble architectural ou technologique ou de paysage illustrant une période ou des périodes significatives de l’histoire humaine” (critère IV) ; et “être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle” (critère VI).
Le processus, initié en 1997 par la Jeune chambre économique, aura donc nécessité près de vingt ans d’efforts, mobilisant bénévoles, associations, Pays et État.

“Au début, explique Francis Stein du service de la culture et du patrimoine, il n’était question que de la zone archéologique des marae, et de faire un projet conjoint avec d’autres sites du Pacifique.”
Mais les difficultés d’ordre diplomatique pour conjuguer les efforts de plusieurs pays ont eu raison de cette idée. “C’est ainsi que quand le comité d’experts des biens français s’est déplacé pour appréhender la candidature, ils nous ont dit : les marae sont magnifiques, les 5 hectares sont très intéressants, mais quand on voit le paysage dans lequel s’inscrit le marae, on vous recommande fortement de passer à un paysage culturel qui intègre le marae, la nature et les hommes.”

Une délégation polynésienne, menée par le ministre de la Culture Heremoana Maamaatuaiahutapu, se rendra à Cracovie (Pologne) pour la 41e session du Comité du patrimoine mondial. L’inscription de Taputapuatea sera examinée le 8 ou 9 juillet et les porteurs du projet sont confiants.
“Ce ne sera pas la fin, ce ne sera que le début !, s’exclame Francis Stein. Après, il va falloir tout mettre en œuvre, faire les arrêtés, mettre en place les mesures, constituer les équipes ou renforcer les équipes existantes, se préparer aux visites de contrôle des experts de l’Unesco…”

La démarche est-elle bien comprise et soutenue par la population ? “On a eu des éternuements, dit-il, on a essayé de les rassurer, on a intégré les représentants de l’opposition dans les différentes commissions et les choses se sont aplanies, puisqu’ils contribuent à la rédaction de l’arrêté qui déterminera ce qu’il sera possible de faire ou pas. Ils se réunissent tous les mois depuis plusieurs mois, c’est un réel débat démocratique.”
Une page Facebook (https://
www.facebook.com/tahuamarae) a été ouverte pour permettre au grand public de mieux suivre la démarche de classement. On peut également retrouver le dossier de candidature de Taputapuatea sur le site www.culture-patrimoine.pf.

 

C.P.

Orianne Obrize
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