Habillage fond de site

Taputapuatea : l’Unesco, et après ?

jeudi 2 mai 2019

Le processus complexe de patrimonialisation du site a duré plus de 10 ans. Photo : DR

Le processus complexe de patrimonialisation du site a duré plus de 10 ans. (Photo : DR)

Le 3 avril, le service de la culture organisait à la mairie de Uturoa, une réunion publique à l’attention des agents et des principaux acteurs locaux comme les prestataires du tourisme. La réunion portait essentiellement sur le constat émis par l’administration rattachée à la Direction de la Culture et du Patrimoine concernant l’irrespect du règlement intérieur mis en place depuis l’inscription du site au patrimoine mondial de l’Unesco le 9 juillet 2017.

Si le service de la Culture semble principalement préoccupé par la gestion juridique et administrative du lieu, la population locale s’inquiète que cette gestion du site ôte à celui-ci son réel “mana”, et l’exclut, pour la partie initialement concernée, du processus de gestion.

Le 11 mars, Jean-Brice Herrenschmidt, président du GIE Océanide, a adressé un courrier au président de la Polynésie française, Édouard Fritch, énumérant les inquiétudes concernant la gestion du paysage culturel de Taputapuatea. Le groupement d’expertise et de recherche Océanide a contribué aux côtés de la Polynésie française et de son service de la culture et du patrimoine, au montage du dossier de candidature  de Taputapuatea à l’inscription mondial du patrimoine de l’Unesco ainsi qu’à l’élaboration de son plan de gestion de 2012 à 2016.

Le dossier de candidature de Taputapuatea au patrimoine mondial insistait dans son annexe 1, intitulée “Une communauté engagée” sur le dernier objectif stratégique du patrimoine mondial.

Proposé par le peuple Maori, ce cinquième objectif consistait à “valoriser le rôle des communautés dans la mise en oeuvre de la Convention du patrimoine mondial”. Son adoption permet en 2007 de légitimer la participation des Néo-Zélandais mais également des peuples océaniens dans la mise en oeuvre de la convention mondiale. Or cette annexe 1 qui met en évidence l’implication des acteurs locaux, c’est-à-dire la commune, le conseil des sages, le comité de gestion participative et l’association Na Papa e Va’u, présente aujourd’hui quelques signes de dysfonctionnement.

La gestion du site uniquement prise en charge par l’administration, a engendré une démotivation des autres acteurs normalement inclus dans celle-ci. De plus, la série d’actions prévues (et stipulées dans le dossier de candidature) au développement économique local est quasi-inexistante (dont le soutien aux activités de transmission culturelle, 3A-2, et aux activités pédagogiques, 3A-3, la formation des membres du bureau du comité de gestion à la gestion participative, 2B-3, les ateliers destinés à la population locale pour le développement économique,1C-2, etc.). Des suggestions ont été émises par le président du GIE Océanide pour l’amélioration de la situation.

La population interrogée se sent mise de côté et dénonce une incompréhension de l’administration public du réel potentiel culturel que dégage le marae de Taputapuatea. Celle-ci souhaite une approche du marae plus authentique à son peuple.

Partager un site au monde, c’est évidemment connaître son histoire, mais avant tout comprendre son peuple. La complexité que présente la gestion du site inscrit au patrimoine de l’Unesco est d’autant plus alarmante à l’approche d’une préparation d’un second dossier d’inscription pour la Polynésie, celui des îles Marquises.

 

De notre correspondante A.M.

 

 

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