Taravao – Des infrastructures à l’abandon ou jamais exploitées

    jeudi 28 janvier 2016

    Marc Cizeron, résident de la Presqu’île, a recensé les situations ubuesques dans lesquelles se trouvent certaines infrastructures neuves ou anciennes à Taravao. Une dizaine d’entre elles sont aujourd’hui abandonnées ou n’ont tout simplement jamais servi, comme à Faratea. Le maire reconnaît que certaines réalisations n’ont pas bénéficié d’une étude préalable suffisante.

    Mille cinq cents. C’est le nombre de partages au compteur de la publication sur Facebook d’un album photo intitulé, non sans ironie : “Taravao, un exemple de bonne gestion des deniers publics”. Le 19 janvier, Marc Cizeron, retraité du service des affaires sociales, partageant aujourd’hui sa vie entre les Philippines et la Presqu’île de Tahiti, a décidé de lancer un pavé dans la mare.
    “Quand je suis revenu à Tahiti en décembre dernier, j’ai été choqué de voir toutes ces choses à l’abandon. Ce fameux centre culturel, je m’attendais à ce que ce soit un lieu ouvert au public. Quand on sait qu’à cent mètres de là, des jeunes font du skateboard sur la route ou sur un parking… Tout est parti de là”, confie-t-il.
    Marc Cizeron collecte alors les photos d’une dizaine d’infrastructures neuves ou anciennes, abandonnées au fil du temps ou jamais exploitées, comme ces fare artisanaux, en direction de Papeari, dont la charpente, plus qu’apparente, est tout ce qu’il reste de la toiture en pandanus.
    Force est de constater que les situations ubuesques de gaspillage ne manquent pas. “Dans l’ancienne cité militaire, il y a je ne sais pas combien de maisons qui sont en train de pourrir sur place. On va encore rétorquer qu’il y a des problèmes de conformité, de sécurité ou de budget. Pendant qu’on s’enlise dans ces considérations, des gens continuent d’être mal logés et on dépense des fortunes dans des plans de logements sociaux”, souligne-t-il.
    Sur le plan humain, Marc Cizeron est tout aussi révolté par la fermeture au public du parc Teaputa – à l’exception de quelques rares événements –, et notamment à la jeunesse, trop souvent qualifiée de désœuvrée.
    Sur certains sujets, comme le port de Faratea, ce sont les dépenses colossales qu’il pointe du doigt. “Ce sont des sommes qui dépassent l’imagination de simples citoyens comme nous. C’est le plus gros scandale sur le plan financier”, précise-t-il.
    Marc Cizeron ne s’attendait pas à ce que sa démarche ait un tel écho sur les réseaux sociaux. Pourtant, il considère qu’il est tout aussi scandaleux de ne pas réagir. “Quoi qu’on achète, de la paire de savates à la boîte de conserve en passant par l’essence, on paie des taxes. C’est de l’argent pris dans nos poches pour financer tous ces projets qui tombent à l’eau”, déplore-t-il, comparant sur Facebook le système politique à une “clinique d’avortement”.

    Quelles perspectives d’avenir ?

    Interrogé par téléphone, le maire de Taiarapu-Est, Anthony Jamet, reconnaît que certaines réalisations n’ont probablement pas bénéficié d’une étude préalable suffisante. Hérités de l’équipe précédente, le parc Teaputa et son centre culturel auraient été financés pour plus de 700 millions de francs, sans qu’aucun crédit n’ait été prévu pour les aménagements intérieurs, ne serait-ce que pour le mobilier.
    Après un an d’attente, Teaputa devrait officiellement ouvrir ses portes au public courant février, au plus tard d’ici la première quinzaine de mars.
    S’agissant du port de pêche de Faratea, qui relève de la compétence du Pays, la commune devrait désormais être consultée. “On a beaucoup d’espoir concernant l’aménagement du site, dans le but de favoriser le développement économique”, souligne Anthony Jamet. En attendant, une pancarte fraîchement installée annonce l’ouverture imminente de la zone industrielle les week-ends et jours fériés, en tant que parcours sportif. Quant aux zones militaires, le contrat devrait être signé à l’occasion de la visite du président de la République en Polynésie, fin février, et la rétrocession serait attendue d’ici la fin de l’année, avec pour finalité de s’inscrire dans une logique de développement économique.
    Une chose est sûre, à en juger par le nombre de fois où la publication de Marc Cizeron a été relayée et commentée, la population a, elle aussi, ses espoirs et ses attentes en la matière.

    A.- C.B.

    LEPETANT 2016-01-29 07:02:00
    Faudra vous résigner, les amis. Nous sommes gouvernés par des politiciens incompétents et corrompus. La population continue néanmoins à voter pour eux. Il n'y a donc aucun espoir d'amélioration.
    Pour ne pas devenir fous de rage et de colère devant une telle situation, il vaut mieux accepter cet état de choses comme un mal nécessaire, conséquence du statut d'autonomie interne.
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