Taravao – L’eau, un sujet en pleine ébullition

    samedi 23 janvier 2016

    Malgré une série d’analyses effectuée deux fois par mois, la potabilité de l’eau ne semble pas faire l’unanimité sur les hauteurs du plateau de Taravao. Suite à notre article paru dans l’édition du 15 janvier, Jean-Pierre Bascou, résident sensible à la question,
    a souhaité réagir. De la vétusté des canalisations à un défaut d’organisation dans un secteur à la fois agricole et résidentiel, selon lui, c’est toute la gestion du réseau qui serait à revoir.

    La question de l’eau est un sujet particulièrement sensible à Taiarapu-Est. À l’heure des réseaux sociaux, “l’eau chocolat” et les coupures sont régulièrement au cœur de débats houleux.
    Du côté du plateau de Taravao, dans le secteur alimenté par la source Van Bastolaer, on pourrait croire que les tensions se seraient quelque peu apaisées suite à la mise en service de la station de chloration, fin octobre dernier, mais il semblerait que cela ne soit pas aussi simple…
    En effet, certains usagers mettent en doute la potabilité de l’eau, au-delà notamment du premier réservoir (cote 80). Suite à notre article paru dans l’édition du 15 janvier, Jean-Pierre Bascou, résident du domaine Croisié
    – dont il est également le président du syndicat des propriétaires –, nous a interpellé sur le sujet. Il s’intéresse depuis près de 20 ans à la question de la gestion de l’eau au sein du lotissement, alimenté par le réseau agricole et situé juste au-dessus du plus haut des trois bassins du réseau communal (cote 240).
    Bien qu’il ne soit pas directement concerné par la récente potabilisation de l’eau, il s’interroge. “Pour moi, mettre de l’eau potable dans des tuyaux vieux de 40 ans, c’est une aberration ! Il y a encore eu une casse récemment, juste en face de chez Jeannine”, précise-t-il, avant d’ajouter : “Le jour où la mairie voudra faire payer l’eau parce qu’elle est potable, elle va avoir de sérieux problèmes. Les gens vont s’y opposer ! S’il le faut, ils seront même prêts à faire analyser l’eau.”

    Analyses et contre-analyses

    Pour la commune, ces suspicions seraient infondées. Sur le réseau désinfecté, des analyses ont lieu deux fois par mois, effectuées par le laboratoire Cairap, à des points stratégiques. S’agissant du bassin supérieur, le prélèvement serait ainsi effectué volontairement le plus en contrebas du tronçon de distribution, afin de s’assurer que l’eau desservie entre le deuxième et le troisième bassin est bien potable. Jusqu’à présent, sauf incident particulier, les résultats de ces analyses, affichés à la mairie de Taravao et diffusés sur les réseaux sociaux, “répondent aux normes de potabilité en vigueur en Polynésie française”.
    Dans un souci de transparence, la mairie invite donc les administrés à venir se renseigner sur place, et pourquoi pas à passer par un laboratoire agréé pour effectuer leurs propres contre-analyses. “Cela voudrait dire que les vaches de Wan boivent de l’eau potable et que Stanley arrose ses orangers et Mareva ses fleurs avec de l’eau chlorée ?”, conclut Jean-Pierre Bascou, s’interrogeant cette fois-ci sur les limites du dispositif.
    “La solution, ce serait d’avoir une double canalisation : l’une agricole, l’autre communale”, suggère-t-il. Les quelques agriculteurs et éleveurs interrogés à ce sujet restent, pour leur part, relativement sceptiques quant à la potabilité de l’eau sur leur exploitation, d’autant que cette donnée ne relève évidemment pas du nécessaire.

    Entre impératifs et besoins

    S’inscrivant en faveur de la lutte contre le gaspillage, un responsable d’exploitation évoque spontanément la nécessité d’une consultation entre le service du développement rural, la commune et les professionnels du secteur afin d’organiser la distribution en prenant en compte les besoins des agriculteurs et des résidents. De fait, c’est tout un système que Jean-Pierre Bascou remet en question.
    Localement, il souligne qu’une potabilisation en amont aurait permis de faire des économies d’énergie.
    À l’échelle du territoire, il n’hésite pas à parler de “l’eau potable française”, évoquant ainsi l’obligation pour les communes de fournir de l’eau potable d’ici 2024.
    “On va dire que je fais encore mon ma’ohi blanc, mais le gros souci, c’est qu’on veut à tout prix appliquer les consignes métropolitaines à la Polynésie”, souligne-t-il, en partant du principe que les gens prennent déjà leurs dispositions en s’approvisionnant directement aux sources ou en investissant dans des équipements spécifiques.
    Pour les autres usages de la vie courante, sur la Presqu’île, nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, se contenteraient d’avoir au moins accès à de l’eau claire.

    A-C.B.

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