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Les tatoueurs philippins s’inspirent du renouveau culturel polynésien

mercredi 19 septembre 2018

Le stand des Philippins était régulièrement rempli par le public. (© Jeannot Rey/LDT)

Le stand des Philippins était régulièrement rempli par le public. (© Jeannot Rey/LDT)


Aujourd’hui, c’est le dernier jour du festival Tatau I Moorea, au village Te pu atiti’a à Paopao. D’ores et déjà, les organisateurs parlent d’une belle réussite qui a mis à l’honneur le tatouage traditionnel exercé dans le monde. Avant de clore ce grand rendez-vous par un bilan qui s’annonce déjà positif, un dernier zoom sur les délégations étrangères avec aujourd’hui la tribu philippine “Tatak Ng Apart Na Alon”, entendez par là, “la marque des quatre vagues”.

Parmi les nombreuses délégations étrangères, l’une d’elle est le porte-drapeau des Philippines, avec des membres originaires dans ces îles de l’Asie, dont certains exercent en Californie pour diffuser leur art du tatouage tribal.

La délégation philippine compte trente-six hommes et femmes dont six tatoueurs, trois femmes et trois hommes, tous membres du groupe “Tatak Ng Apat Na Alon” fondée en 1998.

La délégation est aussi composée d’artistes spécialisés dans les danses folkloriques et traditionnelles. C’est à l’invitation de Gilles Lovisa que cette délégation, l’une des plus importantes en nombre d’adhérents de ce festival avec les Néo-zélandais, a effectué ce voyage.

“Il s’agissait pour nous d’une importante rencontre culturelle que nous ne pouvions ignorer du fait des similitudes et de la richesse du tatouage philippin avec celui exercé dans le Pacifique, et qui a toute sa place dans ce panorama des tatouages traditionnels”, explique El’le Festin fondateur de Tatak Ng Apat Na Alon, l’un des tatoueurs de la délégation.

“Le tatouage philippin n’a pas d’âge”, explique El’le Festin. “Il se pratiquait traditionnellement dans les temps anciens sur les hommes et sur les femmes, jusqu’à ce que des peuples venus de l’extérieur, nous aient séparé de nos habitudes ancestrales. La pratique du tatouage s’est, petit à petit, éteinte jusqu’à ce qu’elle revienne après plusieurs générations où elle était en sommeil, pour ensuite disparaître à nouveau, avant de réapparaître vers la fin des années 90 lors de la mouvance du renouveau culturel relayée par de nombreux pays du Pacifique, dont la Polynésie. On dit que le principe du tatouage chez nous, c’est comme les plantes qui apparaissent le temps d’une saison, pour disparaitre le temps d’une autre saison.
Notre tatouage traditionnel c’est comme la nature, il dort, puis se réveille, pour s’endormir à nouveau.”

Aujourd’hui, depuis la mouvance du renouveau culturel, le tatouage philippin semble s’être bien réveillé et pour un long moment. El’le Festin le confirme : “Chez nous philippins, toute personne qui s’intéresse à sa culture se tatoue selon les traditions. Nous exprimons sur la peau ce qui est important dans la vie, nos croyances, notre nature, nos rêves, nos légendes.”

Pour ce festival, la délégation philippine dévoile ses pratiques sur le tatouage traditionnel mais aussi à la machine. Ses spécialités sont le tatouage tribal et indigène, le “hand-tapping” (tatouage frappé), le tatouage tribal philippin, mais aussi le tatouage “occidental”.

Les premières rencontres avec des tatoueurs polynésiens se sont faites à Hawaii lors des premières apparitions du “New Tribal Tattoo”(renouveau du tatouage tribal). Pour El’le et ses amis, ce tatouage s’est révélé frais, éclatant et précis dans le dessin. “C’est là que j’ai découvert le travail de Chime, Purotu, Tihoti, tous ces tatoueurs auxquels on doit le renouveau du tatouage tribal. Leurs travaux m’ont beaucoup inspiré et m’ont donné ma ligne de conduite dans mon tatouage.”

Natif des Philippines, El’le Festin vit une partie de son temps aux État-Unis où il possède un “shop” à Stanton banlieue de Los Angeles, en Californie.

 

De notre correspondant Jeannot Rey

 

El’le Festin

El’le Festin fondateur de Tatak Ng Apat Na Alon : “Nous exprimons sur la peau ce qui est important dans la vie, nos croyances, notre nature, nos rêves, nos légendes.”

tatouage

Un dessin issu du renouveau culturel de 1998, proche du tatouage du grand Pacifique.

tatouage aiguille

À la machine, à l’aiguille, ou au peigne, les Philippins ont répondu à toutes les demandes.

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