Tautira – Un projet de centrale hydroélectrique inédit

    samedi 24 octobre 2015

    À défaut de barrage, un projet privé de centrale hydroélectrique se dessine depuis trois mois, dans la vallée Ataaroa, à Tautira. Le concept, sans précédent, repose sur l’attribution d’une majorité de 51 % aux propriétaires terriens de la vallée, contre 49 % pour les investisseurs. L’association Vaitapiha No Ataaroa est favorable à ce projet combinant développement économique et écologique, par le biais, notamment, de la mise en place d’un comité de suivi.

    Depuis trois mois, un projet privé de centrale hydroélectrique résonne d’un bout à l’autre de la vallée Ataaroa, à Tautira, et au-delà.
    Par le passé, la construction d’un barrage dans cette vallée “gorgée d’eau” avait été évoquée, mais l’idée avait toujours été fermement rejetée par les anciens, craignant notamment que les terres situées aux alentours ne soient classées en zone rouge.
    D’après les membres du bureau de l’association Vaitapiha No Ataaroa, qui se positionne en faveur du développement économique et écologique de la vallée, l’atout de ce nouveau projet – un captage “au fil de l’eau” – réside dans son originalité structurelle : les propriétaires terriens seraient majoritaires à 51 %, contre 49 % pour les investisseurs.
    “Ce serait une première, et c’est ce qui nous a séduits. Les propriétaires auront leur mot à dire !”, explique Tunui Salmon, deuxième vice-président.

    S’unir pour développer et préserver

    Créée le 22 août, l’association, présidée par Tutavae Paepaetaata, s’est ainsi fixée pour objectif de rassembler et d’unir les propriétaires, copropriétaires et ayants droit de la vallée, en favorisant notamment leur identification et la sauvegarde des terres. Au total, un minimum de 50 familles serait concerné. “Ici, il y a des propriétaires qui ne se connaissent même pas. L’idée, en se regroupant, c’est de former un bloc pour protéger nos intérêts à tous”, souligne Tunui Salmon.
    Cela passe donc, selon l’association, par “un développement économique, agricole, touristique, aquacole, culturel et social”, tout en garantissant “une préservation durable de l’environnement”.
    Pour ce faire, l’adoption du projet de centrale hydroélectrique engendrerait la mise en place d’un comité de suivi et l’élaboration d’un plan de gestion de l’espace naturel, d’autant que la vallée compterait un certain nombre d’espèces endémiques, telles que le pétrel et l’hirondelle de Tahiti, ou encore le pigeon vert. À terme, il est prévu de réunir les propriétaires terriens, ainsi que les investisseurs, dans le cadre d’un groupement d’intérêt économique (GIE). “Ensemble, ils auront pour mission de veiller au bon déroulement du projet, afin d’éviter tout dérapage”, précise Tunui Salmon, qui considère que ce projet est la promesse d’une ressource financière pérenne, valorisant les propriétaires tout en assurant l’avenir de leurs descendants. L’association Vaitapiha No Ataaroa organise une réunion d’information, aujourd’hui, à 9 heures, à la mairie de Tautira.

    A-C.B.

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