Tea Frogier renvoie SOS village d’enfants à ses comptes

    vendredi 10 juin 2016

    Lors de la séance de questions orales jeudi en préambule de la journée de débat à l’assemblée de la Polynésie française, la situation de l’association SOS village d’enfants de Papara a été évoquée.

    À la fin du mois dernier, l’association provoquait une conférence de presse pour se plaindre de l’inaction et du manque de moyens délivrés par les pouvoirs publics, qui mettent en péril leur mission.

    “Depuis 2008-2009, nos subventions ne bougent pas et nos ressources propres sont en baisse”, expliquait alors Georges Siu, le président de l’association. “Nous avions six mois d’avance de trésorerie, aujourd’hui
    nous sommes à moins d’un mois. (…) Nous avons sollicité une entrevue, il y a plus de quatre mois à notre ministre (Tea Frogier, NDLR). Nous n’avons eu aucune réponse.”
    La réponse de la ministre est intervenue hier suite à une question déposée par la représentante Béatrice Lucas (Rassemblement pour une majorité autonomiste, RMA).

    Mauvaise gestion salariale

    Malgré les enjeux pour les enfants, Tea Frogier n’a pas cherché à éviter la polémique, renvoyant l’association devant un miroir pour faire sa propre analyse de la situation.
    “Le financement octroyé à l’association est calculé selon des modalités et des règles qui sont identiques à celles prévalant pour les autres associations du même type”, a-t-elle souhaité rappeler.
    “La subvention de fonctionnement de 99 millions en 2010 est en 2016 de 143 millions, soit 44 % d’augmentation. (…) Rien qu’entre 2015 et 2016, la subvention a été augmentée de 16 millions.”

    Tea Frogier a expliqué le manque de revenus de l’association sous deux aspects différents. La baisse puis la disparition de la subvention venue de métropole de l’association SOS France, mais surtout la faillite structurelle de l’association.
    “La cause (…) réside dans la politique salariale et sa politique d’embauche sans ressources suffisantes”, a-t-elle poursuivi. “La politique de surrémunération et de création de postes non validés techniquement (…) relève d’une gestion non-conforme aux principes de prudence inhérents à toute gestion en bon père de famille”, a-t-elle poursuivi.

    Avant de conclure : “Il va sans dire que le RSPF (où sont piochées les subventions, NDLR) ne saurait être contraint de suivre financièrement la politique de rémunération et d’embauche de l’association sans s’exposer lui-même à un risque budgétaire en vertu du principe de libre gestion associative. Le Pays est allé au bout de ses ressources pour lui donner l’opportunité de rétablir sa situation financière”.

    Le monde associatif risque une nouvelle fois de grincer des dents dans un monde où caritatif et économie font de moins en moins bon ménage.

    Bertrand Prévost

    PSG 2 : la réforme votée en fin d’année

    La réforme de la PSG se transforme de plus en plus en running gag, à mesure que les années passent. Faute de temps, Armelle Merceron n’avait pas pu la conduire. Après elle, Teura Iriti s’y était aussi cassé les dents, au point de fuir systématiquement les micros après les réunions. Idem pour Nicolas Bertholon ou encore Charles Tetaria après lui.
    En 2013, Béatrice Chansin a relancé le chantier avant de laisser sa place, contrainte, à Tea Frogier. Depuis 2009, année du premier vrai coup d’alarme sur la situation des comptes sociaux, rien n’a bougé.

    Aujourd’hui, le gouvernement joue la carte de la concertation pour travailler à la réforme. Résultat, les syndicats des salariés bloquent, se battent entre eux, les syndicats des patrons ont quitté la table des négociations, et les professionnels de santé, assez discrets sur la question jusqu’à présent, attendent la divulgation des premières vraies orientations pour à leur tour monter au créneau et défendre leurs intérêts.

    Hier, Teura Iriti (Taho’era’a huira’atira) a demandé un point de situation sur les travaux alors que l’an dernier, le gouvernement promettait la fin des discussions pour ce mois-ci.  Aussi, Tea Frogier a-t-elle dû s’expliquer. “Le projet continuera à bénéficier d’une large concertation”, a-t-elle assuré. “L’ensemble des observations faites depuis 2015 seront synthétisées (…). Nous allons désormais pouvoir passer à la préparation des textes qui seront constitués lors du second semestre 2016 pour présentation à la prochaine session budgétaire et mise en action au 1er janvier 2017.”

    B.P.

    Et Aussi

    Toujours dans l’attente des accords de Papeete

    C’était un des vœux de François Hollande, lors de sa venue en Polynésie française en février, la mise en place des accords de Papeete qui devaient ouvrir une nouvelle voie aux relations entre le fenua et la métropole.
    Toujours en attente d’informations sur le sujet, l’opposition a demandé au président Fritch des points d’avancée sur le sujet. Ce dernier est resté assez flou, évoquant une fois encore le volet nucléaire, l’affirmation du choix de l’autonomie du Pays ou encore l’éligibilité de la Polynésie française à certains fonds européens.
    “Le projet de texte sera transmis au CESC et, bien entendu, à votre assemblée”, a assuré Édouard Fritch.  “L’objectif du gouvernement est que ces accords soient signés entre la Polynésie française et l’État, d’ici le mois de décembre 2016.”
    Les premières pages de ces accords pourraient être dévoilées dans le courant du mois.
     

    Élections dans les communes associées

    Le texte défendu par la sénatrice Lana Tetuanui pour clarifier les élections dans les conseils municipaux des communes associées a été étudié, hier après-midi. Deux heures de débat et finalement un vote par 32 voix “pour” (deux membres du Taho’era’a ont soutenu le projet de texte), alors que l’opposition a voté contre.
    Il est donc proposé, dans les communes associées de plus de 1 000 habitants, une élection avec liste unique, avec représentativité obligatoire de chaque section de commune, et application de la parité, ainsi que l’application de la prime majoritaire habituelle à la liste ayant gagné au niveau communal.
    La répartition de cette prime garantira que la liste ayant gagné dans une section de commune puisse disposer d’au moins un élu. La garantie que le tavana de la commune soit élu dans la liste l’ayant emporté dans cette dernière est elle aussi précisée.

    B.P.

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