Teahupo’o – Un artiste à l’univers “ultramarin”

    mardi 19 juillet 2016

    Après avoir longtemps privilégié le contre-plaqué comme support, Baby Maoni se tourne aujourd’hui vers la peinture sur toile. (Photo : Anne-Charlotte Bouleau/LDT)

    Après avoir longtemps privilégié le contre-plaqué comme support, Baby Maoni se tourne aujourd’hui vers la peinture sur toile. (Photo : Anne-Charlotte Bouleau/LDT)


    Baby Maoni, ou l’histoire d’un pêcheur devenu peintre

     

    Au premier abord, rien ne semblait prédisposer Baby Maoni, électricien de métier, à mener une carrière d’artiste.

    Issu d’une famille de champions – son père, qui porte le même prénom, et son frère, Karyl Maoni, se sont respectivement illustrés dans les domaines de la chasse sous-marine et du va’a –, il excelle dans le football, remportant plusieurs titres, avant de devenir capitaine de l’équipe de sa commune, Teahupo’o.

    En 2004, la vie de ce sportif dans l’âme bascule lorsqu’il apprend qu’il souffre d’une tumeur au cerveau. “Ça a été très dur. J’ai dû tout abandonner : le football, et surtout la pêche, que j’aimais tant !”, confie-t-il.

    Baby Maoni se remet doucement de son opération. Au bout de deux ans, il se découvre des talents d’artiste, qu’il considère comme “un don du ciel”. Si la musique occupe désormais une place importante dans son quotidien, depuis dix ans, c’est surtout la peinture qui lui permet de continuer à vivre sa passion pour la mer.

    Désormais, le cinquantenaire ne s’approche plus des poissons un fusil ou un moulinet à la main : il leur donne vie à l’aide de ses pinceaux et d’une palette haute en couleur.

     

    Une fresque d’envergure

     

    Dans cet univers “ultramarin”, l’artiste alterne entre les espèces du lagon et celles du large. “Je connais les poissons presque par cœur”, assure-t-il, se plongeant littéralement dans son ouvrage, sans dessin préparatoire.

    De cette époque où la pêche rythmait sa vie, il a conservé l’habitude de travailler la nuit, au gré de son inspiration et de ses commandes. Après avoir longtemps privilégié le contreplaqué comme support, il se tourne aujourd’hui vers la peinture sur toile – toujours à l’acrylique –, qu’il juge plus pratique et, surtout, plus esthétique.

    “Je voudrais remercier Clotilde Virmaux, collectionneuse de Vairao, qui m’a encouragé à me lancer sur la toile. Ma femme et mes enfants aussi me soutiennent dans ce que j’entreprends”, souligne-t-il.

    À ce sujet, Baby Maoni n’est pas peu fier de son fils, Errol Maoni, et de sa fille, Vaimiti Maoni, tous deux champions du monde de va’a. Le peintre n’a pas manqué de leur réserver une place de choix sur sa fresque rendant hommage à la vague de Teahupo’o, aux côtés de Kelly Slater ou encore Raimana van Bastolaer.

    Réalisé en mai 2013, ce tableau de cinq mètres de long, fourmillant de détails et d’anecdotes, est à la hauteur de la démesure de la célèbre vague de la passe Hava’e. Fruit d’une commande qui n’a finalement pas abouti, il trône dans le garage du peintre, en attendant d’être apprécié à sa juste valeur.

     

    A.-C.B.

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