Teahupo’o – Leurs bateaux étaient les premiers sur le spot, au plus près de la vague

    vendredi 26 août 2016

    teahupo'o

    Après cet aparté dans le monde du surf, Émile Faito et Patrick Manavarere se préparent à reprendre la pêche. (Photo : Anne-Charlotte Bouleau)

     

    Émile et Patrick, capitaines de compétition !

     

    Patrick Manavarere, 47 ans, et Émile Faito, 50 ans, résidents de Teahupo’o, sont des pêcheurs aguerris. Depuis quelques années, ils ont pris l’habitude de laisser leurs moulinets de côté pendant une partie du mois d’août pour accueillir photographes et cameramen du monde entier à bord de leurs poti marara, dans le cadre de la Billabong Pro Tahiti.

    La World Surf League, organisatrice de l’événement, ne les a pas choisis au hasard : ils connaissent tous les deux la vague de la passe Hava’e comme le fond de leur poche.

    On la voit tous les jours. Il faut aussi avoir quelques petites notions de surf, pour anticiper les séries, tout en contentant les photographes et les cameramen. Parfois, on ne peut pas satisfaire tout le monde. Le plus important, ça reste la sécurité”, souligne Patrick Manavarere, capitaine du Manuhititua 2.

     

    Une activité complémentaire

     

    Mais avant de s’approcher au plus près de la célèbre vague, mieux vaut bien se préparer.

    Chaque année, on vérifie le moteur et l’hélice, pour s’assurer que tout fonctionne bien. Il y a aussi de la  à faire, pour déclarer ce changement d’activité temporaire”, précise Patrick Manavarere.

    En début d’année, les deux pêcheurs ont d’ailleurs obtenu leur certificat de pilote lagonaire (CPL) dans cette optique.

    Mais transporter des passagers du matin jusqu’au soir en faisant du surplace peut s’avérer frustrant pour ces hommes habitués à parcourir de longues distances.

    C’est dur de rester des heures sans bouger, surtout quand il n’y a pas de vagues et qu’il ne se passe rien. Dans ces cas-là, le moral est à zéro”, remarque Patrick Manavarere, qui reconnaît tout de même être aux premières loges.

    C’est un événement que tout le monde attend. On a la chance de voir surfer des champions, qui font le tour du monde dans le cadre du championnat, juste là, sous nos yeux. C’est quelque chose d’exceptionnel, qu’il ne faut pas rater !”.

    Émile Faito, capitaine du Tihani 4, partage le même point de vue, à un détail près.

    C’est vrai que c’est difficile de rester tout le temps à un même endroit. Mais c’est une fois dans l’année, et ça me plaît. On profite de l’occasion pour voir les surfeurs, et aussi les jolies filles !”, ajoute-t-il en riant.

    Au-delà du spectacle, l’enjeu est aussi financier pour ces deux pilotes, qui vivent essentiellement de la pêche, laquelle n’a pas été très fructueuse au cours des derniers mois.

    Cette année, c’était plus rentable d’être sur la vague. Ça a vraiment été une aubaine pour nous”, précise Patrick Manavarere.

    Leurs bateaux étant déclarés comme affiliés à la compétition jusqu’à la fin de la waiting period, soit jusqu’au 30 août, ils devront s’acquitter de quelques formalités administratives avant de pouvoir enfin reprendre la pêche.

     

    A.-C.B.

     

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