Teahupo’o – Son tattoo shop accueille touristes et résidents depuis bientôt vingt ans

    jeudi 14 janvier 2016

    Auguste Lee Tham, alias Terupe, a débuté sa carrière d’artiste au Tiki Village, à Moorea, avant de revenir exercer en tant que tatoueur chez lui, à Teahupo’o. D’un naturel réservé, Terupe révèle l’étendue de son talent et de sa créativité en tatouant régulièrement à main levée. Parmi les derniers – sinon le dernier – à tatouer régulièrement au bout de l’île, il cumule pourtant depuis toujours sa passion avec un second emploi, par nécessité.
    C’est à son domicile de Teahupo’o qu’Auguste Lee Tham a choisi d’installer, il y a bientôt vingt ans, son petit salon de tatouage, niché dans un écrin de verdure. D’ailleurs, il faut avoir l’œil pour ne pas manquer la pancarte portant sobrement l’inscription “Tattoo”, blottie dans une haie d’hibiscus, côté montagne.
    À 41 ans, Terupe, de son nom d’artiste, n’a jamais vraiment quitté le district qui l’a adopté et l’a vu grandir. “Je suis originaire de Papara, mais j’ai toujours vécu à Teahupo’o. Aujourd’hui, presque toute ma famille est ici”, confie-t-il.
    Bien que passionné par le dessin, c’est d’abord comme danseur que Terupe débute sa carrière au Tiki Village, à Moorea. Là-bas, il s’intéresse également à la sculpture, avant de découvrir l’art du tatouage, auprès de ses collègues. Il se forme sur le tas, troquant la mine de crayon pour l’encre et les aiguilles, la feuille de papier pour la peau et les reliefs du corps. De retour à Teahupo’o, Terupe se forge une réputation grâce au bouche-à-oreille. “Tous les rameurs de la Presqu’île sont passés entre ses mains”, confie Kevin, jeune athlète venu terminer ce jour-là une pièce s’étendant de la poitrine jusqu’au milieu du bras.

    Une activité à mi-temps

    À la fois réservé et discret, c’est en action que Terupe révèle l’étendue de son talent. Pour ce jeune homme, l’artiste se contentera de tracer les grandes lignes au feutre, avant de passer directement au tatouage, exprimant ainsi toute sa créativité au travers des différents motifs réalisés à main levée. “En fait, tout dépend du dessin : si c’est trop moderne, je préfère passer par le calque”, précise-t-il. “J’ai quand même une préférence pour le style local. Mais le tatouage évolue : aujourd’hui, les clients demandent de plus en plus de dégradé, donc j’ai dû m’adapter”, ajoute-t-il.
    S’adapter, c’est un peu le quotidien de Terupe, chauffeur de poids lourd le jour, tatoueur le soir et le week-end. “J’ai toujours eu une autre activité à côté. C’est important parce qu’ici, à la Presqu’île, ce n’est pas comme en ville. Il y a beaucoup moins de passage”, explique-t-il. Il serait d’ailleurs parmi les derniers – sinon le dernier – à tatouer encore régulièrement de ce côté-ci de l’île.
    Mais, quand le mythique spot de surf sort de son sommeil et connaît un regain d’activité, il en va de même pour Terupe. “Au moment de la Billabong, j’ai beaucoup de touristes qui viennent me voir, et pas mal d’étrangers. Sinon, le reste du temps, ce sont des locaux. Certains descendent même de la ville, peut-être pour le cadre, mais surtout pour le prix”, souligne-t-il, avant de revenir sur la portée de ces ornements de chair et d’encre, de plus en plus populaires. “Le tatouage permet d’affirmer notre identité et notre culture. Pour les touristes, c’est aussi une façon de laisser une trace de leur passage en Polynésie.”
    Pour les uns comme pour les autres, la symbolique tourne souvent autour de la famille. C’est également le cas pour Terupe, en couple et père de trois enfants. Il lui arrive d’ailleurs de se rendre à Moorea, où réside sa compagne, délocalisant le temps de quelques jours son salon de la Presqu’île sur l’île Sœur, là où tout avait commencé. K

    A.-C.B.

    Contact
    Terupe
    Tél. : 87.75.92.33.

     

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