Teava Magyari, un Tahitien en Corée du Nord

    jeudi 14 janvier 2016

    Teava Magyari, professeur d’anglais au lycée de Taaone, est un Tahitien passionné de voyages.  Il est parti en Corée du Nord pour découvrir des choses différentes comme le brouillard.  Il se considère comme un touriste insolite
    plutôt qu’un aventurier.

    Alors que certains rêvent de Las Vegas, Venise ou Paris, lui, a déjà coché Tchernobyl sur son carnet de voyage et, au moment des fêtes, Teava Magyari était en Corée du Nord. Vu d’ici, cet état est surtout connu pour avoir un régime totalitaire et dynastique, qui voue un culte à son leader Kim Jong-un.
    Selon une commission d’enquête de l’ONU en 2014, des centaines de milliers d’opposants politiques ont péri dans des camps pendant ces cinquante dernières années et de 80 000 à 120 000 prisonniers politiques sont détenus dans les camps à cette date.
    Mais, pour le professeur d’anglais au lycée de Taaone, passionné de voyages, ce pays n’est pas dénué d’intérêt : “Je suis allé à New York, Tokyo, Kyoto, c’est super, j’adore, mais il y a des milliers de touristes qui se pointent là-bas avec leur perche à selfie, c’est fatigant. J’ai aussi envie de choses vraiment différentes de Tahiti, avec du brouillard et un régime hyperrigide. La Corée du Nord faisait donc partie des destinations auxquelles je pensais depuis un petit bout de temps.”
    Le jeune homme n’est toutefois pas attiré par les zones de guerre ou autres tourismes voyeuristes et morbides. “Je suis super-prudent dans mes choix. Je suis plus un touriste insolite qu’un aventurier, je reste dans ma zone de confort.”
    Aller dans la capitale nord-coréenne n’est pas aussi simple que prendre un vol pour Los Angeles et réserver une chambre à Las Vegas. Il n’est possible d’arriver dans le pays qu’en arrivant par avion de Pékin. Avant cela, il faut passer par l’agence nationale de tourisme installé en Chine. “Ce n’est pas super-compliqué, il n’y a pas
    10 000 questions. Il fallait juste signer un contrat comme quoi je n’étais pas journaliste.”

    Dix jours en Corée du Nord, bien entouré

    À l’arrivée, son ordinateur est fouillé pour vérifier qu’il ne contient pas d’images pornographiques, de “propagandes occidentales” ou documents religieux, “mais les douaniers sont plus sympas que dans beaucoup d’autres pays”. Impossible également de se balader librement, pendant ses dix jours dans le pays, il sera ainsi accompagné par deux guides.
    “Je pense qu’ils sont deux pour surveiller ce que dit l’autre guide” qui lui ont proposé des programmes chaque jour sans possibilité de pouvoir s’en séparer, ni de choisir son itinéraire. “Il nous montre le plus beau du pays. On ne va que dans des restaurants qui sont nickels. Et ils sont les seuls contacts dans le pays avec qui l’on peut parler. De toute façon, il y a la langue qui bloque.”
    Teava Magyari s’est empêché de poser trop de questions dérangeantes ou de donner son avis sur le régime politique comme on le lui a conseillé avant de partir. Ce dialogue avec ses deux guides policiers est tout de même enrichissant : si les jeans sont interdits, “c’est parce que les gens n’aiment pas ça” ; les films de Walt Disney ou Le grand bleu ont été appréciés et diffusés “mais pas Star Wars, car c’est trop violent”.
    Autre incongruité, forcément marquante pour cet amateur de photographie, par manque de fioul pour produire de l’électricité, tout est plongé dans le noir, faute de lampadaires “même sur des autoroutes à quatre-voies. Les voitures sont assez rares. Alors, tu vois les gens se déplacer quand les phares les éclairent”.
    Des anecdotes, Teava Magyari en est revenu plein sa mémoire et des posters de propagande plein la valise, mais il a surtout été étonné par la “gentillesse des gens et même des militaires”.
    Le jeune Tahitien a également vécu un jour historique avec le possible premier essai réussi d’une bombe à hydrogène : “Étonnement, la porte du restaurant était fermée. Au bout de cinq minutes, une personne est venue dire “bonne nouvelle, on a réussi à faire exploser la bombe H”. En fait, tout le personnel était à l’étage en train de regarder la télé qui annonçait l’événement. Ils étaient contents parce que cela fait avancer leur pays et que cela flanque la trouille aux Américains. D’ailleurs, ils ne parlent que d’impérialistes américains et de pantins sud-coréens.”
    Mais Teava Magyari a également écrit l’histoire de ce pays lorsque, dans ce pays privé d’Internet, il a souhaité téléphoner à Tahiti. Il aura fallu trois jours pour que l’opératrice réussisse à établir la première liaison téléphonique entre la Corée du Nord et Tahiti.

    F.C.

    tetuanui 2016-01-16 10:27:00
    sans intérêt :la culture du pito géant ;pitoyable
    Champion 2016-01-15 19:12:00
    Les statues ne sont pas celles de "kim jong un" mais celles de "kim jong il" son père et "kim il sung"son grand père
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