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Teiva Jacquelain intègre le Top 14 la saison prochaine avec Grenoble

jeudi 31 mai 2018

Rugby

« En arrivant là-bas, j’ai du tout reprendre à zéro car l’écart avec le niveau local est vraiment considérable » confie le rugbyman, également joueur de l’équipe de France à 7.

Teiva Jacquelain, ancien rugbyman de l’AS Pirae qui a récemment signé avec l’équipe professionnelle de Grenoble, est en vacances au fenua. Hier soir, le Tahitien a offert de son temps aux jeunes joueurs de son ancien club en animant des ateliers et en proposant une séance de dédicace. La saison prochaine, lui et son équipe joueront dans le Top 14.

 

Âgé de 24 ans, le jeune homme, qui est arrivé en métropole en 2015 avec comme objectif d’intégrer l’équipe espoir du RC Toulon, est, aujourd’hui, plus fort que jamais. Désormais, il a tout d’un véritable professionnel, et c’est peu de le dire ! En plus du titre, il en a également la carrure. Grand espoir du rugby polynésien dans ses jeunes années, Teiva a intégré le club de Toulon chez les jeunes après une convention signée entre le club de Pirae et celui de Toulon.

Né en France, d’un père métropolitain et d’une mère Tahitienne, il a grandi à Tahiti et a commencé le rugby vers l’âge de 12 ans au sein du club qui l’a ensuite conduit vers l’Hexagone.

Véritable passionné, Teiva Jacquelain aime l’esprit d’équipe, le fait de jouer en collectif et la notion de combat dans le respect que lui inspire la discipline. À force de persévérance, grâce à sa soif de découverte et son mental infaillible, Teiva Jacquelain brille désormais parmi l’élite française et va jouer à plein temps, en tant qu’ailier, dans le Top 14 la saison prochaine avec son club de Grenoble.

 

Le F.C. Grenoble Rugby sera dans le Top 14 à la reprise, l’élite du rugby français.

 

Quel était ton objectif en quittant le fenua en 2015 ?

Je voulais apprendre, découvrir et intégrer l’équipe espoir. Après avoir fait mes preuves ici, j’avais envie de prouver que je pouvais exister à un niveau au-dessus de celui de Tahiti. Je ne voulais pas revenir au fenua avant d’avoir réussi.

À l’époque, atteindre ce niveau c’était mon rêve mais cela me paraissait impossible. Le travail, ça paie et ça m’encourage à toujours vouloir plus.

Qu’est-ce qui a été le plus compliqué pour toi en France ?

La vie en France est vraiment différente de celle que l’on a ici, du coup il faut vraiment s’accrocher et savoir ce que l’on veut. Ce n’est pas facile d’être loin de ce que tu as l’habitude de connaître ou d’avoir. C’est beaucoup de sacrifices. Tu mets de côté les trips, l’alcool… Tu es loin de ta famille, de tes amis et de la vie que tu aimes.

Comment as-tu vécu le fait d’être un Tahitien en métropole ?

Les débuts ont été difficiles. J’ai mis un peu de temps à m’intégrer car je suis un peu timide et que j’avais du mal à aller vers les autres. Je voyais que je pensais et faisais différemment, du coup j’ai beaucoup travaillé sur moi. Je les regardais de loin pour prendre exemple et je me suis adapté. J’ai changé complètement de manière de faire et, surtout, je travaillais beaucoup plus qu’eux. Au bout d’un moment, ils se sont rapprochés naturellement de moi et m’ont aidé et conseillé. Maintenant, je m’y suis fait et, aujourd’hui, ils sont devenus mes amis. On est quand même une belle communauté polynésienne avec les Samoans, les Tongiens, les Neo-Zélandais et les Walisiens.

 

Parle-nous du niveau du rugby métropolitain ?

En arrivant là-bas, j’ai du tout reprendre à zéro. Il faut travailler plus que les autres car l’écart avec le niveau local est vraiment considérable. Si tu ne mets pas les bouchées doubles et que tu es là-bas en vacances, tu n’y arrives pas.

Comment as-tu atteint ton niveau actuel ?

Ça n’a pas été facile, ça s’est fait au fur et à mesure. J’ai d’abord réussi à décrocher un petit contrat à Toulon après ma deuxième année et en même temps, j’ai fait mes premières sélections en équipe de France à VII. J’ai été le premier Tahitien à l’intégrer.

Après de bons résultats à Toulon et en équipe de France, c’est en juillet de l’année dernière que j’ai signé un contrat professionnel avec l’équipe de Grenoble.

Comment te sens-tu avant d’entamer la nouvelle saison de rugby ?

Elle va être compliquée car on est monté en Top 14. Mais je suis excité et j’ai hâte d’affronter les meilleurs joueurs du monde et de France. Je vais goûter à tout ça et voir où j’en suis. Je vais jouer contre des joueurs que j’ai toujours admirés plus jeune et j’ai hâte de voir ce que ça va donner. J’ai fait deux matches de ce niveau-là à Toulon, mais c’est la première fois que je vais faire une saison complète. Pour le moment, je profite pour me ressourcer et voir ma famille avant de reprendre la saison.

Tu as d’autres projets à venir ?

Pour le moment, je vais me concentrer sur ma saison et continuer sur ma lancée pour prendre de l’expérience en Top 14. Je vais continuer de travailler dur car on n’est jamais arrivé au bout. Dans l’avenir, si je fais une belle carrière, j’aimerais bien monter quelque chose ici pour aider les jeunes qui ont la capacité de partir. Pour le moment,
je leur donne quelques conseils, j’essaie de les booster au niveau du mental. K

Propos recueillis par Vaitiare Pereyre-Gobrait

 

 

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