Temaeva célèbre la joie, l’amour et la tradition

    vendredi 8 juillet 2016

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    Le jeune qui défendra le titre de meilleur danseur ce soir, lors du Heiva i Tahiti, n’avait jamais dansé avant cette année. (Photo : Élénore Pelletier)


    En clôture de la 5e soirée du concours de danses et chants traditionnels

     

    La joie, l’amour, la fête. Voilà ce qui anime les spectacles de Temaeva depuis de nombreuses années. Un cocktail gagnant, puisque, l’an dernier, le groupe a remporté le grand prix Madeleine Moua.

     

    “Heiva, ça veut dire ‘amusement’. Cela ne veut pas dire la ‘guerre’, ni le ‘deuil’, ni les ‘pleurs’… C’est l’’amusement’ ! C’est pour cela qu’on a retenu le thème du tama’a car il est un prétexte pour présenter de nombreux divertissements et surtout un spectacle rempli de joie et de bonheur”, lance Coco Hotahota, le chef de groupe de Temaeva.

     

    Temaeva fête cette année ses 54 ans. “54 ans de bonheur, de jouissance, de passion”, souligne Coco Hotahota.

    Depuis sa création, la troupe n’a pas manqué beaucoup de Heiva, car pour son chef de groupe, “c’est le seul moment de l’année où la culture, la danse et la langue polynésiennes sont mises en avant, alors, pas question de rater ça”, affirme-t-il avec aplomb.

    Il déplore d’ailleurs que le Pays ne soit pas plus impliqué dans la promotion et la conservation de sa propre culture, au détriment d’un modernisme et d’une mondialisation grandissants.

    “On dirait que nos dirigeants ont honte de notre pays et de notre culture. Ils ont lâché les pareu pour des complets costards. Quel pays !”, se lamente-t-il.

     

    La culture polynésienne, Coco Hotahota est bien décidé à la faire revivre sur la scène de To’ata, ce soir.

    Il s’est d’ailleurs inspiré d’anciennes danses traditionnelles apprises de ses aînées, dans les années 1950, pour les différents tableaux de son spectacle Ta’u piti peu tumu.

    “Le Heiva i Tahiti, c’est un concours de chants et de danses traditionnels. Et la tradition, c’est quoi ? C’est quelque chose qui se répète ! Je prends les anciennes danses que j’ai vues et vécues et je les ramène au goût du jour.

     

    C’est important de faire revivre ces danses, pour ne pas qu’elles se perdent dans l’oubli…

    Fut un temps où je courais de partout pour rencontrer les anciens et pour leur demander de nous donner cet héritage culturel. Il y en a quelques-uns qui  ne voulaient pas dévoiler leurs savoirs mais je leur disais : ‘Si vous mourez, qu’est-ce qu’on va devenir, nous ?’ Alors ils se décidaient à m’apprendre.

    Aujourd’hui, on a plus la technique des anciens, alors il faut adapter la danse à ce que l’on sait faire”, se souvient l’homme de culture.

     

    Provocation et innovation

     

    Les apparitions de Temaeva sur la scène de Toa’ta ont souvent été très remarquées. On se souvient d’ailleurs des spectacles où Coco Hotahota aimait jouer la provocation en présentant des danseuses en talons aiguilles ou des hommes déguisés en boîtes de conserve.

    Cette année, il a choisi de faire danser “ses mama”. “ J’ai un groupe d’une quarantaine de mama qui ont voulu relever le défi et participer au Heiva. Elles font partie intégrante du groupe. C’est la première fois dans l’histoire de notre pays que des dames viennent concourir pour essayer d’avoir le premier prix pour le groupe !”, lance-t-il avec fierté.

    Le spectacle que Temaeva présentera ce soir s’articule autour des festivités organisées à l’occasion de l’inauguration du Tahua farereira’a, lieu de rassemblement et centre culturel.

    Un grand tama’a est offert, la boisson coule à flot et de nombreux divertissement sont proposés pour amuser les invités. Parmi eux : la cérémonie des tambours, la danse du filet pour attraper les femmes, l’histoire du bossu, la maison de guirlandes de fleurs…

    Sur scène, 150 danseurs et chanteurs donneront vie à ces différents tableaux.

    Selon Coco Hotahota, 98 % des danseurs qui ont rejoint le groupe pour ce Heiva sont des novices qui n’avaient jamais fait de danse, avant cette année.

     

    Les répétitions ont dont été laborieuses, “douloureuses”, mais aujourd’hui, Coco Hotahota est fier du résultat.

     

    É.P.

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