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Temaru bloque Faa’a pour exprimer sa colère

jeudi 20 avril 2017

blocage faaa

Si le gros des revendications concerne l’aéroport, la commune de Faa’a a ajouté à la liste de ses mécontentements l’insuffisance de la dotation du FIP et l’irresponsabilité de l’État dans l’application du CGCT. (© Vaiana Hargous)


Les agents et élus municipaux de Faa’a ont lancé mardi soir un mouvement de manifestation en bloquant la circulation sur la RT1 Nelson-Mandela, au niveau du flamboyant. Quatre grands thèmes sont au cœur de ce mouvement. La circulation a partiellement été rétablie hier aux alentours de 9 h 30, et la commune souhaite une rencontre avec le Pays et l’État pour discuter de tous ces sujets.

La circulation était plutôt compliquée, hier matin, à Faa’a. Depuis 21 heures la veille, tous les véhicules, autant les voitures que les poids lourds et les transports en commun, étaient systématiquement redirigés vers la RDO, côté est, à partir du rond-point de Carrefour Auae et, côté ouest, au niveau de l’intersection de Pamatai. La cause ? Un blocage organisé par les élus et agents municipaux de la commune sur la RT1 Nelson-Mandela, au niveau de la bretelle du flamboyant à Outuaraea.

La circulation a partiellement été rétablie vers 9 h 30, quand les automobilistes ont été autorisés à contourner le sit-in, mais les revendications restent. Telles “l’absence d’actions concrètes et durables face à la situation désastreuse des familles sinistrées lors des intempéries, face à la colère des usagers des routes détériorées, des propriétaires désespérés vivants aux abords des ruisseaux et rivières ; l’insuffisance de la dotation du FIP (Fonds intercommunal de péréquation) ; l’irresponsabilité de l’État dans l’application du CGCT (Code général des collectivités territoriales) ; et le manque à gagner au budget communal constaté depuis 1975 suite au mépris de l’État et du Pays d’examiner sérieusement la mise en place d’une taxe aéroportuaire”, explique la commune dans un communiqué publié sur sa page Facebook à l’heure du blocage. Sur place, des banderoles relaient le même message.

“La commune a suffisamment entendu de promesses qui n’ont jamais été tenues, lance Robert Maker, premier adjoint au maire de Faa’a. Et notamment sur la problématique des nuisances sonores que la commune de Faa’a rencontre depuis l’implantation de l’aéroport sur son territoire, qui nous a pris tout le littoral. Et depuis 1966, à chaque période des pluies, toute la partie basse du littoral est inondée, les maisons sont inondées, je crois que la comédie a assez duré. Donc on veut mettre l’État et le Pays face à leurs responsabilités. Toujours pour ce qui concerne l’aéroport, en 1974, à l’époque du maire Francis Sanford, le conseil municipal avait voté une délibération instituant une taxe aéroportuaire sur les passagers, de manière à renflouer un peu les caisses de la commune pour répondre au service public dont est en droit d’attendre la population de Faa’a. Or depuis cette époque-là, 1974, rien n’a été fait. Nous, nous sommes arrivés en 1983, en 1984-1985, nous avons pris la même délibération. Ensuite, en 2015, aux 50 ans de la commune, le président du Pays et le haut-commissaire nous ont répondu qu’ils étaient favorables à l’institution d’une taxe aéroportuaire. Moi-même j’ai effectué une mission à Paris en juin 2015 où un dossier complet a été remis à l’Élysée et au ministère des DOM-TOM, mais sans qu’aucune action n’ait été engagée ni décidée. Donc, sur ce plan-là, nous disons  que ça suffit, on en a assez. Maintenant on va marquer le coup pour que la commune puisse bénéficier au moins des retombées de la gestion de cet aéroport.”

Concernant le taux d’alimentation du FIP par le Pays, actuellement de 17 %, la commune demande à ce qu’il remonte à 25 %, tel qu’il avait été fixé au départ.

“Il est important que les communes puissent disposer des fonds qui doivent normalement leur revenir de par l’application de la loi de 1972 sur l’institution des communes, reprend Robert Maker. Mais il faut aller par étapes, peut-être le mettre à 19 % ou 20 % cette année, et monter petit à petit.”

 

Une rencontre avec l’État et le Pays

 

Au sujet du CGCT, “lorsqu’il a été appliqué en 2008, nous avons été la seule commune à nous opposer à son application ipso facto dans notre pays, poursuit le premier adjoint au maire, parce que c’était un copié-collé du CGCT applicable en France. Or, on n’a pas la même culture, la même vision des choses. C’est la raison pour laquelle nous avons dit qu’il faudrait rester au stade du Code des communes qui était appliqué jusqu’alors en Polynésie, avec certaines améliorations, compte tenu de l’évolution du temps. Et nous avons raison, parce qu’aujourd’hui, les maires se rendent compte qu’ils sont emprisonnés par un système qui fait d’eux des marionnettes, parce que nous ne sommes que des exécutants, les décisions se prennent de l’autre côté. On a l’impression que l’État est en train de vouloir tout contrôler. Ce qu’il a donné d’une main, il est en train de le reprendre de l’autre…”

Avec ce mouvement, la commune souhaite “une rencontre avec l’État et le Pays, qu’on s’asseye autour d’une table et qu’on discute de tous ces sujets”, ce vers quoi la situation semblait hier s’orienter (lire ci-dessous).

Hier soir, le maire de Faa’a, Oscar Temaru, devait tenir une réunion d’information à destination de la population.

 

V.H.

 

Jean-Christophe Bouissou, porte-parole du gouvernement : “On ne va pas régler tous ces problèmes en 24 heures”

bouissou

(© Vaiana Hargous)

“Sur les questions des sinistrés, c’est faire un mauvais procès au Pays parce qu’à Faa’a, nous avons 42 dossiers qui ont été traités. Trente-deux familles ont reçu leur aide et il en reste dix qui vont passer à la prochaine commission. (…) Reste les questions de réfection des ponts, notamment à Piafau, qui nécessite d’être surélevé ; il y a des questions également des lits de rivières et de mieux drainer ces eaux qui se remplissent en situation d’intempéries. Il y a surtout, là c’est clairement dit et nous sommes d’accord avec le maire de Faa’a, le fait d’élargir et de conforter le canal qui longe la piste de Faa’a.

Nous avons demandé, au niveau du conseil d’administration d’ADT, à ce que l’on programme ces travaux parce que ce sont plusieurs milliards de francs qui doivent être programmés. Il faut faire en sorte que nous n’ayons pas à souffrir de la même situation avec des inondations dues aux reflux de toutes les eaux de ruissellement, des canalisations, des rivières, qui depuis la montagne, en passant à l’intérieur des vallées, des lotissements, aboutissent finalement dans cette zone aéroportuaire. Cela pose aussi des problèmes de fonctionnement à l’aéroport.

Donc nous sommes totalement d’accord avec la municipalité de se mettre autour d’une table et de voir comment ce problème peut être résolu dans le temps.

En ce qui concerne le FIP, vous comprenez bien que passer de 17 % à 25 %, (…) c’est vraiment poser un problème d’équilibre budgétaire au niveau du Pays. Ce qu’il faudrait à mon avis, pour aller dans le sens d’un meilleur soutien financier des communes, et y compris donc de la commune de Faa’a, c’est que l’État accepte aussi d’augmenter sa participation. C’est une revendication que nous avons depuis bon nombre d’années aujourd’hui (…).

Et, puis, sur la dernière problématique qui touche aux nuisances aéroportuaires, nous sommes favorables à ce qu’effectivement la commune puisse être indemnisée. (…) Il faut qu’il y ait réparation, nous irons même plus loin au niveau du gouvernement puisque nous souhaitons l’intégration de la commune de Faa’a au sein de l’actionnariat de la société qui gère ou qui gérera l’aéroport en fonction des décisions de justice à venir.

Ce qui est important, c’est que des discussions se tiennent. Les parties qui sont autour de la table, à savoir l’État, le Pays mais aussi la commune, sont des gens qui se connaissent bien. Il n’y a aucune raison d’aller dans les rues pour discuter. Nous sommes capables de nous mettre autour de la table le plus rapidement possible. Je sais que le président est en discussion avec le haut-commissaire, je sais que certaines dates ont été notées pour des réunions techniques, notamment pour un certain nombre de points qui sont envisagés ensemble et bien sûr avec la municipalité. Mais il faut bien se dire une chose, on ne va pas régler tous ces problèmes en 24 heures.”

Propos recueillis par V.H.

 

 

 

 

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