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Temaru veut une taxe d’embarquement

lundi 2 octobre 2017

oscar temaru

Oscar Temaru, le maire de Faa’a, souhaite instaurer une taxe d’aéroport afin d’obtenir réparation en raison des nuisances sonores
à proximité de la piste de l’aéroport de Tahiti-Faa’a. S’il avait évoqué, avec le président du Pays, un tarif de 1 000 F, jeudi soir, la taxe aurait fait un bond entre 2 000 et 5 000 F par billet. (© DR)


Un conseil municipal extraordinaire de la commune de Faa’a s’est tenu jeudi soir. Oscar Temaru souhaite qu’une taxe d’aéroport soit instaurée afin d’obtenir réparation en raison des nuisances sonores à proximité de la piste de l’aéroport de Tahiti-Faa’a. Le montant évoqué oscille entre 1 000 et 5 000 F.

Jeudi soir, les élus de Faa’a ont tenu un conseil municipal extraordinaire. En cause, les demandes répétées de la commune envers l’État afin d’obtenir réparation en raison des nuisances sonores à proximité de la piste de l’aéroport de Tahiti-Faa’a.

“Plus de 52 ans que les différentes générations de conseillers municipaux qui se sont succédé demandent par délibération à l’État français et au Pays un soutien bienveillant sur les familles subissant les nuisances en tous genres de l’aéroport International de Faa’a”, explique le communiqué envoyé hier par la communication de la ville tenue par le leader indépendantiste.

“Les différentes tentatives de la commune et du Pays pour instaurer une taxe d’aéroport ont été annulées par le tribunal administratif”, poursuit le communiqué.

Aussi, pour obtenir réparation pour les nuisances causées aux résidents des quartiers environnants, les élus de Faa’a se sont arrêtés sur plusieurs options. Soit majorer la patente liquidée par Aéroport de Tahiti, soit demander l’augmentation des taxes sur le fret aérien, de la quote-part sur la taxe aérienne de l’État, ou encore mettre en place la taxe d’embarquement.

Cette taxe est déjà mise en place par le territoire de Corse depuis cinq ans, constatent les élus de Faa’a, et c’est évidemment vers elle que va la préférence d’Oscar Temaru, jamais avare d’une opportunité de se rapprocher des décisions corses. Une vieille idée en fait qui date de 1975 quand Oscar Temaru demandait déjà à ce que la Société d’équipement de Tahiti et des îles (Sétil) lui reverse 300 F par billet.

Désormais, c’est vers l’État et le Pays que se tourne le président du Tavini pour mettre en place cette taxe pour “le bien-être des familles de la ville de Faa’a”.

Avec cette dernière, il frapperait au cœur les entreprises qui travaillent sur le site de l’aéroport et ferait augmenter le prix des billets d’avion interîles et internationaux.

 

Sur les vols internationaux

 

Selon le site Internet de la douane, la taxe d’embarquement sur les passagers, instituée au profit de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion ou encore la Corse est due par les entreprises de transport aérien et maritime, au titre des opérations d’embarquement de voyageurs réalisées sur les vols commerciaux ou sur les lignes maritimes régulières, y compris les vols “charter”.

Pour la commune de Faa’a, la demande ne concernerait que les vols internationaux et non les vols domestiques internes. Dans un premier temps, mettre en place cette taxe sur les vols intérieurs avait été évoqué avec un surcoût allant de 100 F pour la destination de Moorea, à 500 F pour toutes les autres îles.

Même le fret devait être taxé à hauteur de 65 F par kilo. Air Tahiti peut donc souffler, les Polynésiens aussi.

Toujours selon le site de la douane, sont exclus de la taxe, les vols ou traversées maritimes effectués à bord d’avions ou de navires de l’État, les déplacements privés effectués à bord d’un moyen de transport personnel, les vols n’impliquant pas de transport entre différents aéroports (baptême de l’air, cours de conduite aérienne par exemple) et les transports intérieurs effectués dans un même et unique département.

 

Une taxe de 2 000 F à 5 000 F

 

La taxe est assise sur le nombre de passagers titulaires d’un titre de transport donnant lieu à paiement. Elle est ajoutée au prix demandé au passager.

Se pose alors la question de la perception de cette taxe pour la mairie. En effet, la réservation par billet électronique va considérablement compliquer la perception de la taxe par l’administration des îles du Vent avant d’être rétrocédée à la commune. Un Français qui réserve en ligne à Paris, un Américain qui réserve à Los Angeles, et c’est le casse-tête assuré pour récupérer le produit de la taxe perçu en ligne par la compagnie aérienne.

Cette taxe ne s’appliquerait pas, en revanche, aux militaires voyageant en formations constituées, aux enfants en bas âge n’acquittant pas à titre onéreux de titre de transport, aux passagers malades ou blessés embarqués dans le cadre d’une évacuation sanitaire, aux personnes munies d’un titre de transport ne donnant lieu à aucun paiement à la compagnie de transport, aux passagers en transit direct, effectuant un arrêt momentané à l’aéroport et qui repartent par un aéronef dont le numéro de vol de départ est identique au numéro de vol à l’aéronef à bord duquel ils sont arrivés et aux passagers des navires de croisière ou des navires de lignes régulières offrant des facilités de croisières, qui ne débarquent que temporairement au cours d’une escale.

Pour la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane, La Réunion et la Corse, la taxe n’excède pas 4,57 euros par personnes (531 F).

Le conseil municipal de Faa’a n’exclut pas de pousser cette taxe beaucoup plus loin. En effet, selon nos sources, lors d’un entretien avec Édouard Fritch, Oscar Temaru aurait évoqué un tarif de 1 000 F. Or, jeudi soir, la taxe aurait fait un bond entre 2 000 et 5 000 F par billet. Un coup dur alors que les prix des vols mécontentent déjà les usagers.

 

Bertrand Prévost

 

 

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