Temeharo et Riveta retournent à l’assemblée

    mercredi 7 octobre 2015

    En mai dernier, Edouard Fritch avait expliqué qu’il ne ferait aucun sentiment si, pour se constituer une majorité à l’assemblée de Polynésie française, il devait démissionner certains de ses ministres pour les faire redescendre dans l’hémicycle.
    Après des mois de tergiversations, le président de la Polynésie française semble vouloir passer à la vitesse supérieure. Les revers successifs à l’assemblée (report des textes sur les avantages en nature, report des textes sur le transport interinsulaire, création d’une commission d’enquête sur son action) ont fini de lasser un Edouard Fritch qui voit la fin d’année se profiler en un long chemin de croix. Le gouvernement est toujours en quête d’une majorité pour faire passer projets de lois et budget.
    Le président a annoncé vouloir tenir une conférence de presse exceptionnelle jeudi sur les thèmes « déplacement à Paris et actualité politique ». Il apparaît désormais clair que cela concerne le remaniement du gouvernement. Cette annonce a aussi pour jeu de faire comprendre à certains élus orange qui hésitent encore à le rejoindre que ce dernier souhaite poursuivre sa route.
    Fernand Tahiata et Evans Haumani seraient les deux victimes de ce remaniement si Frédéric Riveta et René Temeharo devaient descendre. Hier, un proche du gouvernement nous indiquait qu’aucun nom pour les remplacer ne serait donné lors de cette conférence de presse. Edouard Fritch devrait prendre en charge les portefeuilles des ministres sortant ou procéder à une redistribution, mais plus tard. La priorité n’est pas dans la reconstitution de son gouvernement, mais dans la constitution de sa majorité.
     
    ATP et Tapura deviendront un seul groupe
     

    D’autres ministres moins politiques pourraient eux aussi faire les frais de ce remaniement. Le peu apprécié Patrick Howell ou encore Albert Solia pourraient être remplacés par des représentants Tapura à l’assemblée. Par effet d’ascenseur, cela ferait monter deux élus issus de la liste Tahoera’a en 2013. Des élus qui ne sont peut-être plus fidèles à Gaston Flosse et qui rejoindraient les rangs du Tapura. Exemple, si Dylma Aro devait devenir ministre, cela ferait monter le député Jean-Paul Tuaiva qui apporterait une voix de plus au Tapura.
    Edouard Fritch cherche ses 29 élus. Mercredi, ils étaient nombreux à rester injoignables. Une posture certainement mise en place pour éviter le cas Jacques Raioha. Ce dernier a été annoncé partant du Tahoera’a pour le Tapura par la presse avant qu’il ait signé son adhésion un samedi. Deux jours de pression plus tard, il faisait machine arrière pour retourner sagement dans les rangs du Tahoera’a et disparaître aussi de son fauteuil à l’assemblée.
    A l’assemblée, ce remaniement pourrait s’accompagner d’une fusion des groupes politiques. Tapura et ATP formeraient alors un seul et même groupe de 26 élus, suffisant pour prendre la majorité relative, un meilleur temps de parole, et mieux défende ses dossiers et pourquoi pas, redistribuer une fois encore les commissions législatives.
     
    Bertrand Prévost
     
     

    Conseil des ministres. Tea Frogier revient sur les textes proposés ce matin à l’assemblée

    Inégalité de traitement sur les avantages en nature
     
    Hier, la ministre du Travail, Tea Frogier, est revenue sur la batterie de textes qui vont prochainement passer les portes de l’assemblée de Polynésie française concernant les avantages en nature dans les entreprises.
    Un problème une première fois levé par la CPS en 2009, qui revient à l’ordre du jour. Plusieurs textes sont finalisés sur le sujet. Demain, deux d’entre eux ont pour objet de sortir de l’assiette des cotisations sociales, les souscriptions aux complémentaires retraites et aux complémentaires maladies, tout en étalant la dette pour ceux qui auraient des retards de paiement signalés par la CPS.
    Malgré ces nouveaux textes, le monde du privé devra tout de même s’acquitter du paiement des sommes indues à la CPS. Tout le monde, ou presque puisque les établissements scolaires du privé auront la chance de voir leur dette annulée. Une disposition dans les textes qui met les syndicats des patrons en colère et qui doit certainement rassurer la ministre de l’Education en métropole. « L’annulation de la dette pour l’enseignement privé est lié au fait que les écoles ont des missions de service public. C’est de l’ordre de l’intérêt général », expliquait hier Tea Frogier. « Les sommes dues correspondent en 2016 à la fermeture de 80 classes. »
    La définition de service public ne s’applique pas pour les entreprises du privé en revanche qui verront des plans sur dix ans se mettre en place pour rembourser les dettes. La ministre l’a confirmé hier. « Sur l’ensemble des entreprises concernées, certaines ont payé, d’autres ont attaqué la CPS en justice. Il y a déjà une inégalité. Je sais le risque que cela représente, mais les entreprises savaient déjà depuis 2010 que ces cotisations seraient un jour contrôlées puis redressées par la CPS au besoin », a conclu la ministre.
    Ce matin à l’assemblée de Polynésie française, il n’est pas certain que le Tahoera’a et l’UPLD, qui ont la majorité ensemble quand ils le souhaitent, suivent le gouvernement et ne donne pas satisfaction aux patrons.
    D’autres textes pour préciser les avantages en nature seront prochainement présentés. Il s’agira alors de sortir la prime panier de l’assiette des cotisations, comme les primes versées pour les téléphones portables ou les outils informatiques dans le cadre du travail.
     
    Bertrand Prévost
     
     

     

    En bref

    Tourisme : organisation des réunions du SPTO et du SPCF à Tahiti
     
    Deux évènements internationaux, concernant le secteur du tourisme, les réunions de la South Pacific Tourism Organisation (SPTO) et du South Pacific Cruise Forum (SPCF) sont organisés par le gouvernement du 12 au 17 octobre à Tahiti.
    Le premier évènement, la réunion du SPTO vise à développer le secteur du tourisme dans le Pacifique. Cette organisation non gouvernementale regroupe les directeurs des offices du tourisme membres, à savoir : des îles Cook, de Fidji, des Kiribati, des îles Marshall, de Nauru, de Niue, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, de la République Populaire de Chine, des Samoa, des Salomon, de Tonga, de Tuvalu, du Vanuatu, des Etats Fédérés de Micronésie, du Timor Oriental, de la Nouvelle-Calédonie, et de la Polynésie française. Les travaux de cette 25ème réunion du SPTO se dérouleront du 12 au 15 octobre.
    La réunion du South Pacific Cruise Forum (SPCF) se tiendra ensuite à l’Assemblée de la Polynésie française les 16 et 17 octobre 2015. Cette toute première édition du SPCF consistera à rassembler 11 États et territoires insulaires du Pacifique Sud, pour parler du développement régional de la croisière
     
    Création d’un groupe de travail pour l’activité éco-touristique du « Fish-watching »
     
    Le « Fish-watching » est la dénomination anglo-saxonne de l’activité d’observation en milieu naturel de poissons. Ces activités contribuent significativement à l’attractivité de la Polynésie française pour les touristes et représentent une manne financière conséquente (500 millions Fcfp de chiffre d’affaires annuel estimé sur Moorea et Bora Bora). Elles ne sont néanmoins pas exemptes de risques à la fois pour l’homme et pour les animaux impliqués.
    Ce comité de travail permettra d’établir, avec les professionnels du secteur, des organismes scientifiques, comme le Centre de Recherche Insulaire et Observatoire de l’Environnement (CRIOBE), une synthèse des pratiques souhaitables.
     
     
     

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