Tennis – Anne Criqui-Leissner reprend le manche

    jeudi 21 janvier 2016

    Anne Criqui-Leissner est la nouvelle directrice technique de la Fédération tahitienne de tennis. Sur le territoire depuis le mois de novembre dernier, elle souhaite faire profiter, au tennis polynésien, de sa très grande expérience de joueuse et d’enseignante. 
    Le renouvellement fédéral s’accompagne donc d’une direction technique de haut niveau à temps plein, qui devrait remettre la discipline sur le devant de la scène. 

    “Le tennis, c’est ma vie”, c’est ainsi qu’Anne Criqui-Leissner, la nouvelle directrice technique de la Fédération tahitienne de tennis,  se définit. 
    Débarquée de Nouvelle-Calédonie, en novembre dernier, où elle a travaillé à la direction technique pendant quatre ans, cette blonde alsacienne prolonge son rêve océanien à la FTT, qu’elle voulait rejoindre depuis cinq ans. 
    Dans un programme chargé, entre cours à donner et mise en place des nombreuses missions qui lui ont été assignées, elle a trouvé le temps de dresser son portrait et surtout de présenter ses objectifs. 
    Anne Criqui-Leissner a commencé le tennis sur le tard, à 12 ans, en Alsace. Compétitrice dans l’âme, elle gravit très rapidement tous les échelons jusqu’à l’âge de 25 ans, en arrivant à battre des -15. Mais, lucide, elle doit admettre que ses qualités techniques et tactiques ne sont pas suffisantes pour pallier des manques physiques. 
    Tout en continuant à jouer, elle se lance en parallèle dans l’enseignement de la discipline en intégrant le Creps de Strasbourg et en obtenant des brevets d’État de premier et de second degrés. Pendant dix ans en Bretagne, pour suivre son mari, Anne se partage entre ces deux régions en entraînant et en jouant dans des clubs de National 1 et 2. Toujours très active sur les courts, elle fait partie des dix meilleures joueuses nationales de la catégorie vétérans. 
    De retour en Alsace, elle est nommée directrice technique du club de Strasbourg, le plus grand club de l’est de la métropole, plus particulièrement en charge de la détection des petits et des féminines, et travaille aussi avec la Fédération française de tennis. Ses nombreux allers-retours entre Paris et Strasbourg, le plus souvent dans le froid et la grisaille, finissent par la lasser, d’où son envie d’ailleurs qui sera dans une région où le soleil permet de jouer toute l’année. 

    Créer et restructurer

    Son choix se porte sur l’Océanie. En contact, dès 2011, avec Alfred Martin, président de la FTT, les négociations échouent et Anne, détachée par la FFT, prend finalement la direction, début 2012, de la Nouvelle-Calédonie où un poste vient de se créer. 
    Le lien avec Tahiti n’est pour autant pas rompu puisqu’elle se rend une fois par an sur le fenua pour y dispenser des formations. C’est à ces occasions que Ruth Manea, candidate et future présidente de la FTT, lui parle de ses projets pour 2015. La suite, on la connaît…
    Quant à ses missions au sein de la FTT, on peut les qualifier d’ores et déjà d’assez vastes. La directrice technique va devoir œuvrer autant dans la création que dans la restructuration. Il est vrai que l’absence d’une direction technique à temps plein, pendant des années, n’a pas aidé au développement de la discipline qui, comme un peu partout dans le monde, souffre d’une baisse de licenciés. 
    Consciente des tiraillements internes qu’a connus la FTT, et qui ont nui à son développement, elle compte bien sur sa neutralité pour faire passer, en douceur, ses idées, au-delà des querelles de club. Pour synthétiser ses actions, Anne Criqui-Leissner parle de deux axes de travail, le premier portant sur le développement et le second sur l’élévation du niveau de l’élite. 
    L’enthousiasme d’une grande professionnelle transpire dans chacun des dossiers qu’elle aborde. Le tennis polynésien a certainement mis la main sur une perle rare qui a déjà adopté le pays. 

    Luc Ollivier

    Les principaux axes de travail de la directrice technique

    • La partie développement peut se résumer en cinq phases :
    – introduction du tennis à l’école : des contacts ont été pris avec le ministère de l’Éducation et un projet de quatre écoles pilotes est en place pour Tahiti dès cette année. Création de passerelles entre les écoles et les clubs 
    – démocratisation de la discipline : le tennis souffre encore ici d’idées préconçues. Une nouvelle pédagogie, baptisée Galaxie Tennis, devrait faciliter l’accès au tennis grâce à du matériel adapté 
    – création de liens avec les clubs : depuis son élection, le bureau de la FTF insiste sur les échanges entre les clubs et la fédération qui doivent permettre d’être plus constructifs
    – formation des enseignants : deux fois par an, enseignants, initiateurs et moniteurs seront regroupés pour un projet courant sur deux-trois ans, débouchant sur un brevet polynésien professionnel mention tennis, reconnu par le ministère des Sports. Au-delà du gage de sérieux qu’il apportera à ces personnes œuvrant au sein des clubs et leur octroyant de manière officielle matière à rétribution, il s’agit d’uniformiser les courts dispensés 
    – développement du tennis féminin : ont déjà été instaurés des cours collectifs pour les femmes qui connaissent un grand succès. À ces cours seront aussi associées les petites filles qui nécessitent une approche particulière, éloignée de celle des garçons durant les premières années. 

    • La partie élite peut, elle, se résumer en quatre phases :
    poursuite du centre fédéral : dans ce centre déjà existant, ont déjà lieu des regroupements, une à deux fois par semaine, d’une vingtaine d’espoirs garçons et filles âgés de 9 à 16 ans. Ces regroupements sont complémentaires à ceux dispensés par les clubs 
    – détection et formation : elles seront orientées vers les jeunes à potentiel dès l’âge de 6 ans. Un premier rassemblement de détection est déjà prévu à la fin du mois. Puis, ce sera au tour des 8-9 ans. Il s’agit de reproduire le programme “Avenir” de la FTT. Les clubs formateurs y seront associés et devront pour cela respecter un cahier des charges 
    – partenariat : consciente que les déplacements font partie des meilleurs moyens de progression, un jumelage avec la Ligue d’Alsace a déjà été acté et une convention avec la FFT, afin de renouer des liens, se met en place. Elle servira par exemple à accéder à la centrale d’achat de matériel et plus encore à l’obtention d’une double licence donnant accès à des pôles espoirs ou à la participation à des tournois multi chances. Des déplacements en métropole sont prévus tout comme la venue d’arbitres 
    – travail de l’élite : c’est, à ce jour, le principal dossier qui n’a pas encore été clairement défini dans l’attribution des rôles. Cela ne saurait tarder mais, en tout cas, Anne Criqui-Leissner se projette déjà sur les Mini-Jeux et les Jeux du Pacifique. 

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