Tensions politiques autour de la Grande barrière de corail

    mardi 12 mai 2015

    La tension se fait sentir en Australie à quelques semaines du verdict de l’Unesco : l’organisation des Nations unies classera-t-elle ce joyau du Queensland sur sa liste du patrimoine mondial en péril ? L’enjeu est de taille pour le gouvernement de Tony Abbott : il risque de voir la réputation de l’Australie écornée, avec de possibles conséquences sur le tourisme et donc, l’économie. Par conséquence, depuis quelques mois, tout est mis en œuvre pour éviter le pire. Plus de 100 000 dollars ont été dépensés par des ministres et des employés gouvernementaux en lobbying et visites dans le monde entier pour convaincre l’Unesco de ne pas déclarer la Grande barrière en danger.
    Et chaque occasion est bonne à saisir. Lors de sa récente tournée en Europe, la ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, en a ainsi profité pour rencontrer la secrétaire-générale de l’Unesco à Paris, et le président du Comité du patrimoine mondial à Berlin. Avec autant d’énergie et d’argent dépensés, le gouvernement conservateur australien supporte difficilement les voix dissonantes. Lors du dernier G20, Barack Obama avait notablement agacé l’Australie en prenant la Grande barrière comme exemple de la menace que fait peser le changement climatique.
    Ces derniers jours, c’est le businessman milliardaire Richard Branson qui s’est attiré les foudres du gouvernement, après avoir posté ce message sur son blog Virgin : « La Grande barrière de corail est totalement accablée par les impacts du changement climatique. En plus de tout cela, l’industrialisation massive de la côte pour les ports d’exportation de charbon et de gaz ajoute encore plus de pression. Je n’arrive pas à comprendre comment ce site du patrimoine mondial pourrait être transformé en un dépotoir industriel. »
    Les réactions ne se sont pas fait attendre. Michael Roche, le directeur du lobby minier Queensland Ressources Council accuse Richard Branson de salir la réputation du récif australien : « On a cet homme d’affaires très riche installé tranquillement aux Caraïbes, qui en train de pontifier sur notre récif sans être au courant de l’état du récif et des efforts faits par l’Australie pour améliorer la santé du récif. »
    Michael Roche rappelle ainsi les dernières annonces du gouvernement. L’État fédéral et l’État du Queensland investissent 2 milliards de dollars pour protéger le site.
    Cette somme, c’est un financement classique, répond Jess Panegyres, porte-parole de Greenpeace. « Les scientifiques expliquent qu’on peut soit avoir un récif en bonne santé, soit privilégier l’expansion du port de charbon, et sous le plan actuel, cette expansion est toujours possible », explique-t-elle. Ce qu’elle perçoit, surtout, c’est que le sujet est devenu trop sensible pour qu’un échange constructif puisse avoir lieu : « Ça arrive fréquemment dans de nombreux débats sur la Grande barrière de corail : les détracteurs de l’approche du gouvernement australien sont souvent attaqués, alors qu’on pourrait travailler tous ensemble à protéger le récif – ce qui, après tout, est ce qui compte le plus. »
    Face aux critiques, Richard Branson est revenu sur ses propos, affirmant qu’il n’avait pas toutes les données en sa possession lorsqu’il a écrit l’article. Le ministre australien de l’Environnement a fait savoir qu’il l’appellerait pour lui parler de ce qu’il qualifie « de fausses allégations émises par des groupes écologistes ».
     
    Radio Australia

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete