Habillage fond de site

Terrains militaires : les surcoûts “s’additionnent” pour les communes

lundi 14 août 2017

terrain militaire

L’État est en train de transférer 22 hectares d’anciens terrains militaires à six communes de Tahiti, à l’euro symbolique. Mais Arue, qui est déjà devenue propriétaire, doit faire face à des dépenses imprévues. (© archives LDT)

Un euro symbolique. C’était la seule contrepartie exigée par l’État, le 22 février 2016, à la cession d’anciens terrains militaires à six communes de Tahiti.

En mai, Arue récupérait ainsi, devant notaire, une emprise de plus de 3,1 hectares sur la corne nord du camp Rimap-p. Une aubaine face à la pénurie de foncier.

Mais aujourd’hui, la municipalité souhaite “tirer la sonnette d’alarme” : alors que les études réalisées par la Défense en 2010 avaient évalué à 30 millions de francs la dépollution du site, la commune de Philip Schyle a eu la mauvaise surprise, il y a un peu plus d’un an, d’obtenir un devis à 120 millions de francs.

“Il y a une pollution à l’amiante et aux hydrocarbures, puisqu’ils faisaient les vidanges des véhicules sur notre site”, raconte Thierry Demary, le directeur de cabinet du maire. “On savait que ce serait à nous de prendre en charge la dépollution, mais depuis 2010, les normes sont devenues beaucoup plus drastiques, et les coûts qu’on nous avait annoncés ont donc été multipliés par quatre”, précise-t-il.

La commune s’est finalement rapprochée d’entreprises métropolitaine et calédonienne, qui disposent d’intermédiaires à Tahiti. “On est revenu à des devis plus raisonnables, de l’ordre de 60 millions de francs”, reconnaît le responsable, mais même en cas d’ouverture du marché à l’international, ce dernier table, au bas mot, sur un surcoût d’une dizaine de millions de francs.

“On a alerté le haut-commissariat, qui a dit qu’il allait voir qu’elles étaient les pistes pour diminuer les coûts, ajoute-t-il. Ce qui pose problème, c’est que les communes ont travaillé sur des plans de financement par rapport aux coûts prévus à l’époque. Et aujourd’hui, je pense que tous leurs projets vont en souffrir.”

Au total, 22 ha, estimés à 4,8 milliards de francs, sont en train d’être rétrocédés aux communes de Arue, Taiarapu-Est, Papeete, Pirae, Mahina et Faa’a, sur lesquels divers projets de requalification sont à l’étude. Nouveau centre-ville à Pirae, marché de proximité à Faa’a… L’objectif est de recréer de l’activité économique là où les forces armées se sont progressivement retirées depuis la fin des essais nucléaires.

À Arue, la mairie souhaite transformer les anciens terrains militaires en zone d’activité économique, où les entreprises, locataires, seraient amenées à construire elles-mêmes le bâti.

“Pour cela, on doit être attractif, avec des loyers modérés pour inciter les entreprises à venir”, affirme l’équipe municipale. Tous les surcoûts seront donc pris en charge sur le budget communal : “On n’a pas le choix.”

Une fois que les cahiers des charges seront finalisés et les appels d’offres lancés, Arue espère entamer les travaux de dépollution et démolition l’année prochaine, pour que les sociétés s’installent sur le site en 2019.

La commune chiffrait initialement son projet à 270 millions de francs, cofinancés avec l’État et le Pays. “Mais au final, on va allègrement dépasser les 300 millions, d’autant plus qu’il y a toujours une marge à prévoir pour les travaux, regrette le directeur de cabinet. On a déjà été surpris par le coût de l’acte de vente. On disait un euro symbolique, mais ça nous a coûté une douzaine de millions, en frais de notaire essentiellement. Donc les coûts s’additionnent, et on voulait prévenir les autres communes, qui en sont encore au stade des études, qu’elles devront sans doute faire face à des dépenses imprévues.”

 

Marie Guitton

 

 

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