Terrorisme – Le meurtrier a promis “d’autres surprises” pendant l’Euro de football

    mercredi 15 juin 2016

    Jessica Schneider et son compagnon Jean-Baptiste Salvaing ont été assassinés lundi par un homme qui a prêté allégeance au groupe État islamique. (Crédit DR)

    Jessica Schneider et son compagnon Jean-Baptiste Salvaing ont été assassinés lundi par un homme qui a prêté allégeance au groupe État islamique. (Crédit DR)

    La France a été à nouveau frappée par une attaque jihadiste avec l’assassinat lundi soir d’un policier et de sa compagne près de Paris, revendiqué par un homme qui a prêté allégeance au groupe État islamique (EI) et appelé à faire de l’Euro “un cimetière”.
    Dans une vidéo enregistrée avant de mourir dans l’assaut du Raid, le meurtrier Larossi Abballa, 25 ans, a promis “d’autres surprises” pendant l’Euro de football que la France accueille jusqu’au 10 juillet.
    “C’est un acte incontestablement terroriste”, a affirmé hier matin François Hollande. “Un cap dans l’horreur a été franchi”, a insisté Manuel Valls.
    Les présidents François Hollande et Barack Obama se sont convenus hier soir lors d’un entretien téléphonique, d’“augmenter encore la coopération” entre les services français et américains face à une “menace” jihadiste qui “évolue en permanence”, a indiqué l’Élysée. L’entretien a eu lieu “après la tuerie homophobe d’Orlando et le double meurtre” du policier et sa compagne, revendiqués par le groupe État islamique, précise l’Élysée. Les deux dirigeants “ont réaffirmé leur engagement commun à détruire l’EI”, a indiqué pour sa part la Maison Blanche dans un communiqué.
    Larossi Abballa a choisi pour cible Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant de police adjoint du commissariat des Mureaux, dans les Yvelines. Abballa, qui a affirmé avoir prêté allégeance à l’EI et à son chef il y a trois semaines, savait que la victime était un policier, a précisé le procureur de Paris François Molins.
    Aux négociateurs du Raid, il a expliqué “avoir répondu à un communiqué” du chef du groupe jihadiste Abou Bakr al-Baghdadi qui demandait de “tuer des mécréants, chez eux avec leur famille”, a ajouté François Molins. Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête en flagrance, notamment pour assassinats terroristes sur personnes dépositaires de l’autorité publique.
    Le porte-parole officiel de l’EI, le Syrien Abou Mohammed Al-Adnani, ne cesse d’exhorter ses partisans à passer à l’action dans leurs pays d’origine contre les policiers et les militaires des pays de la coalition engagée dans la lutte contre cette organisation, en Syrie et en Irak. Le 22 mai, il a appelé dans un message à commettre des assassinats pendant le mois du ramadan, qui a commencé début juin.
    Lundi, peu après 20 heures, Abballa a tué à coups de couteau le policier devant son pavillon de Magnanville, dans les Yvelines. Il a ensuite séquestré sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, agent administratif du commissariat voisin de Mantes-la-Jolie, qu’il a égorgée, et leur petit garçon de trois ans et demi, retrouvé “en état de sidération” et qui a été hospitalisé. Ce garçonnet sera reconnu pupille de la Nation, a déclaré François Hollande, tout comme un enfant que le policier avait eu d’une autre union.

     

    Jessica Schneider et son compagnon Jean-Baptiste Salvaing ont été assassinés lundi par un homme qui a prêté allégeance au groupe État islamique. (Crédit DR)

    Jessica Schneider et son compagnon Jean-Baptiste Salvaing
    ont été assassinés lundi par un homme qui a prêté allégeance au groupe État islamique. (Crédit DR)

    Abballa a revendiqué son acte sur Twitter et Facebook dans une vidéo filmée depuis la maison des victimes et diffusée hier en fin d’après-midi par l’agence Amaq liée au groupe État Islamique. Il y enjoint également “à attaquer des policiers, des journalistes, des gardiens de prison et des rappeurs”.
    Les enquêteurs ont saisi dans le pavillon des victimes “une liste de cibles mentionnant des personnalités ou des professions ainsi que trois couteaux dont un ‘ensanglanté”, selon François Molins.
    L’homme, originaire de Mantes-la-Jolie, avait un passé dans l’islamisme radical. Il avait notamment été condamné en 2013 à trois ans de prison dont six mois avec sursis pour participation à une filière jihadiste vers le Pakistan. Pendant son incarcération, il s’était “livré à des actes de prosélytisme d’islamisme radical”, a détaillé François Molins.
    Son nom était ensuite apparu cette année dans une enquête sur une filière de départ vers la Syrie. Mais celle-ci n’avait pas permis “de déceler la préparation d’un passage à l’acte violent”, a assuré le procureur.
    Trois hommes de 27, 29 et 44 ans ont été placés en garde à vue. Deux d’entre eux avaient été condamnés avec Abballa en 2013 dans l’affaire de la filière pakistanaise.
    À l’Assemblée, Bernard Cazeneuve a appelé ceux qui s’attaquent aux policiers “à retrouver un peu au fond d’eux-mêmes d’humanité, de tolérance, de respect, simplement en respect de ceux tombés hier et en respect de ce petit enfant”, sous des applaudissements nourris.

     

    AFP

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