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The Voice – L’Océanie donne de la voix

lundi 25 juin 2018

Parmi le troisième groupe de castings, des têtes déjà connues comme celle de Mano Salmon (Tikahiri), Raimana Bareille (Pepena) ou Vaithiare Tuhoe (Manavibs). (Photo : Le Grand Casting)

Parmi le troisième groupe de castings, des têtes déjà connues comme celle de Mano Salmon (Tikahiri), Raimana Bareille (Pepena) ou Vaithiare Tuhoe (Manavibs). (Photo : Le Grand Casting)


Cinquante-huit  candidats présélectionnés ont été auditionnés samedi dernier au Méridien pour participer au télé-crochet The Voice. Ce premier casting du genre marque l’intérêt de l’Hexagone pour les artistes de l’Océanie. Une école du Grand Casting devrait bientôt ouvrir au fenua.

Erietera s’avance sur scène. Une mâchoire et des dents de cochon se balancent autour de son cou. “Il vient de Raiatea, des îles Sous-le- Vent”, précise Xavier Vergès, directeur du Grand Casting. Le jeune homme de 28 ans interprète la chanson de Christophe Maé, Ça fait mal. Ou plutôt sa version du tube, où des passages tahitiens ont été ajoutés.

Cette identité tahitienne, Xavier Vergès a poussé Erietera à l’affirmer : “Je l’ai encouragé à rajouter un peu de tahitien, parce que ça semblait en phase avec lui, avec sa personnalité”. Des personnalités, c’est justement ce que cherche Bruno Berberes. Le directeur du casting The Voice sillonne tous les recoins français pour trouver les futurs candidats au télé-crochet de TF1.

Samedi dernier au Méridien de Punaauia, 58 candidats présélectionnés se sont succédé en espérant rejoindre les auditions à l’aveugle. L’éclat des artistes contrastait avec l’obscurité de la salle, où les applaudissements ont souvent suivi les frissons collectifs. Mais malgré leurs prestations, tous conservaient leur naturel en montant sur scène pieds nus, sourire aux lèvres ou coiffé d’une couronne de fleurs.

Bruno Berberes ne peut que le reconnaître : “Culturellement et musicalement, il y a quelque chose de fort ici. Ce qui est intéressant pour tous les chanteurs d’outre-mer, c’est d’arriver avec sa culture. Si c’est pour trouver les mêmes chanteurs qu’en métropole, ça ne sert à rien”.

 

 

“Trois ou quatre coups de cœur”

 

Quand on évoque The Voice et la zone Pacifique, le nom de Gulaan revient sans cesse. “C’est devenu une énorme référence pour tout le monde. Mais il n’a pas parlé de lui, il a parlé de sa culture et de ses ancêtres”, poursuit Bruno Berberes.

Dans le sillage du chanteur kanak s’est ouvert une brèche, dans laquelle Xavier Vergès s’est engouffré. “L’année dernière j’avais présenté 60 talents néo-calédoniens à Bruno, 20 lui ont tapé dans l’oeil. Dans certains castings métropolitains, 200 candidats sont auditionnés et 0 intéresse les jurys. Alors on a élargi ma mission et je suis venu organiser des sélections ici.”

Et les trois salves de candidats qui ont défilé samedi dernier ont visiblement donné satisfaction à Bruno Berberes. Chez les enfants (5-15 ans) passés le matin pour participer au programme The Voice Kids, il avoue avoir eu “trois-quatre coups de cœur et j’ai fait deux belles rencontres
chez leurs aînés (15-28 ans)”. Les plus expérimentés (29-42 ans) qui fermaient les auditions n’ont fait que confirmer les attentes placées en les candidats locaux.

Est-ce un regain de reconnaissance pour les talents du fenua? Nul doute là-dessus. Mais c’est également un coup d’accélérateur pour eux. Si tous les candidats ne participeront pas à The Voice, certains se constitueront un réseau dans l’Hexagone, ou l’élargiront, d’autres travailleront directement avec Xavier Vergès.

Le producteur compte même ouvrir une école du Grand Casting à Tahiti prochainement : “Les capacités de chanteurs sont innées mais roots ici. Il n’y a aucun accompagnement technique”. Convaincu que certains de ses poulains rejoindront Paris pour les auditions à l’aveugle, il fulmine tout de même: “Mon seul regret, c’est le manque de soutien des services publics. Quand j’ai organisé la résidence d’artistes et que j’ai demandé des subventions pour l’aide à la création, on m’a répondu qu’il y avait un changement de gouvernement”.

 

Victor Le Boisselier

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