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Le thon blanc reste rare dans les rayons

vendredi 30 juin 2017

Thons

Dans les grandes surfaces,
le thon blanc se vend en moyenne à 1 800 F le kilo. “L’année dernière, le prix du thon blanc à la même période était inférieur à 1 000 F le kilo”, s’inquiète une employée de Champion Paofai. (© Photo : archives LDT)

Alors que la saison basse du thon blanc s’étend de janvier à avril, les mois de mai et de juin n’ont pas été fructueux pour les pêcheurs. “Y’a plus de poissons, y’a plus de poissons !, s’indignent les gens”, témoigne une employée de la supérette Champion Paofai. À quoi est due cette pénurie ? Malgré un prix du thon blanc au kilo élevé, “la situation n’est pas alarmante” pour le directeur de Vini Vini et mareyeur Yann Ching.

Dans les grandes surfaces, le thon blanc se vend en moyenne à 1 800 F le kilo. “Des plaintes, il y en a tout le temps. Les gens râlent. L’année dernière, le prix du thon blanc à la même période était inférieur à 1 000 F le kilo”, s’inquiète une employée de Champion Paofai. “Mais nous, on ne peut rien faire, on dépend des mareyeurs.”
Elle évoque ainsi une alternative à la hausse du prix du thon blanc : “Les gens se rabattent sur le thon rouge.

Pour 500 F de différence, ils préfèrent acheter du poisson de meilleure qualité.” Dans ce contexte, les armateurs perdent 40 % de leur pêche. L’année dernière, au mois de mars, pêcheurs et consommateurs s’alarmaient d’une très faible offre de thon blanc.
Cette année, un phénomène climatique qui toucherait l’intégralité de la zone économique exclusive (ZEE) de Polynésie serait la première des explications à cette pénurie.

 

“D’ici juillet, la situation sera rétablie”

 

De son côté, le directeur de Vini Vini opte pour un simple “décalage dans la saison”.”Nous avons seulement deux mois de retard, du moins je l’espère”, affirme-t-il, avant d’ajouter : “D’ici juillet, la situation sera rétablie, si on se fie aux statistiques des courants marins et des prévisions climatiques.”

Les bateaux pêchent en moyenne cinq thons blancs par jour, au lieu de vingt en règle générale. “Les pêcheurs n’ont d’autre choix que d’aller récupérer du rouge, mais le problème est que comme il ne s’agit pas d’un produit de première nécessité (PPN), les distributeurs ne jouent pas le jeu et se rajoutent une marge. Automatiquement, les gens achètent bien plus de viande et de poulet en ce moment”, explique Yann Ching, avant de rassurer les consommateurs : “Mais ce n’est pas pour autant que l’on va favoriser l’exportation, le marché local reste notre priorité.”

Ni le phénomène climatique ni un décalage de deux mois dans la saison ne seraient satisfaisants pour expliquer ce manque de thon blanc pour Roland, un capitaine.
Il émet l’hypothèse d’un fléau pour les pêcheurs locaux : l’utilisation d’un outil modeste mais dévastateur appelé dispositif de concentration de poissons (DCP). “C’est à cause des étrangers qui installent des milliers de DCP à la frontière de notre ZEE que nous galérons à trouver du thon blanc”, s’insurge le capitaine.

Il faut dire que le DCP est un procédé bon marché, sans risque et surtout très efficace. Environ 91 000 DCP sont déployés chaque année, selon une étude du Parlement européen réalisée en 2014. Chaque bouée peut attirer près de vingt tonnes de thon. Il se compose généralement d’un petit radeau de bambou, d’une traîne en filet qui peut atteindre les 200 mètres de long et surtout d’une balise GPS qui permet aux marins de le retrouver sans aucune difficulté.

Le principe repose sur le comportement des poissons : les coquillages se fixent dessus et vont progressivement attirer les petits poissons, et constituer alors une zone de nourriture stable pour les thons blancs. Ces derniers ne s’éloignent plus pour chasser et finissent par ne plus suivre leurs itinéraires de migration habituels.
“Les bateaux qui peuvent aller pêcher plus loin vont pêcher du thon rouge. Je pense que la situation ne s’améliorera pas nettement avant août, même si on recommence à pêcher un peu de thon, ce qui est un bon signe”, conclut le capitaine.

La pénurie de thon blanc inquiète de nombreux acteurs impatients d’un retour à la normale. Le fait que ce produit soit un produit PPN pèse aussi dans la balance. En attendant, les raisons de cette pénurie restent encore floues et controversées. 

 

Pauline Lefebvre

Orianne Obrize
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