Thon rouge : le WWF réclame « une vraie traçabilité »

vendredi 14 novembre 2014

L’ONG WWF a réclamé vendredi « une vraie traçabilité » du thon rouge pour lutter contre les trafics et la pêche illégale, au moment où les pays pêcheurs sont réunis à Gênes pour fixer de nouveaux quotas de prises. « Nous demandons que la méthode de traçabilité de ce stock soit revue », a déclaré le directeur général du Fonds mondial pour la nature (WWF) France, Philippe Germa, au cours d’une conférence de presse.
La traçabilité, « c’est ce qui achoppe le plus » à la conférence de la Cicta, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (l’UE et 47 Etats), réunie à Gênes depuis le 10 novembre, a-t-il ajouté. 
La conférence doit définir de nouveaux quotas de prises de thon rouge en Méditerranée et dans l’Atlantique Est d’ici à sa clôture lundi. « Une grosse partie des thons en Méditerranée sont pêchés petits ou en taille relativement petite, et engraissés dans des cages en Espagne, à Chypre, Malte et en Libye », a expliqué M. Germa. « Les bateaux entre eux se repassent du poisson, ils mettent tout dans les mêmes cages, ils reprennent d’une cage à l’autre, tout ça circule et au bout d’un moment, on n’y comprend plus rien », a souligné la navigatrice Isabelle Autissier, présidente de WWF France, organisation partie prenante aux négociations de la Cicta. « Ça permet d’amener en fraude du thon en plus (au-delà des quotas, ndlr) parce qu’on est incapable de recroiser les chiffres » de prise donnés par les pêcheurs, a-t-elle ajouté. « Ce qu’on demande, c’est une vraie traçabilité: un bateau, une prise, une cage », a résumé la navigatrice.
M. Germa a déploré qu’en cas de trafic, il y ait « peu de risques » de prison. « Vous avez au pire une petite amende », a-t-il dit.
Pour Bertrand Wendling, dirigeant de l’organisation de pêcheurs Sathoan, la principale organisation française de pêcheurs pour les thoniers, « aucun rapport argumenté ne fait valoir des pêches illégales importantes ».  « Je ne dis pas qu’il n’y a pas de pêche illégale, mais la situation s’est radicalement améliorée », a-t-il affirmé à l’AFP.
Selon lui, les mesures prises à la Cicta depuis 2006 « ont radicalement changé les modes de pêche ».  
Elles « font obligation aux senneurs (pêcheurs industriels, ndlr) de capturer des poissons de plus de 30 kg » et les rapports scientifiques de la Cicta « montrent une chute radicale des poissons de deux à cinq ans », ajoute-t-il.
A propos des quotas de pêche, le directeur général du WWF a rappelé que son organisation est favorable à « une augmentation progressive », de 13 500 tonnes par an actuellement « à 20 000, mais en cinq ans ».
 
AFP

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