Tikahiri, de l’ombre à la lumière… solaire

    dimanche 1 février 2015

    Tikahri vient de sortir son quatrième album, Son of Sun, autoproduit et enregistré dans le studio Question de son à Paris. Avec un son travaillé pour s’exporter à l’international, certains des douze morceaux originaux, comme V8 Car ou I Will,  pourraient devenir des tubes. Dans cette recherche de développement et de professionnalisation Tikahiri a été épaulé par l’ingénieur du son Franck Redlich. Près de quatre mois de préparation, donc, avant d’enregistrer pendant dix jours Son of Sun. Le résultat est que certaines chansons de cet album prennent une direction plus pop, plus arrangée, dans le son notamment, moins écorché. L’objectif est simple : toucher un public plus nombreux et plus large, ambition de commercialisation internationale oblige.
     
    KmH
     
    Lire l’intégralité de l’article dans La Dépêche du dimanche 1er février ou au feuilletage numérique. 

    Aroma Salmon, chanteur, guitariste et leader de Tikahiri : “C’est l’album qui a un son standard international”

    Après trois premiers albums aux titres “guerriers”, Tikahri sort Son of Sun. Le groupe serait-il passé de l’ombre à la lumière ?
    Il faut de la lumière pour faire des ombres. Mais je peux te dire, aujourd’hui, l’homme est religieux, pas dans le sens où il faut croire en un seul dieu, mais que l’on est tous des enfants des étoiles. La bataille finale (Tamaki Hopea, le 1er album, 2008), ça fait partie des galaxies qui se transforment, des roches qui  se touchent, se percutent, se détruisent, il y a un chaos, et ce chaos est la naissance même de ce qui est vivant de ce que l’on est. Le 2e album Merahi Kerekere (L’ange noir, 2010), descend de la lumière, fils du soleil, fils de la lune.
    Après tu as le 3e album, Kaito No Te Tetamanu (Dieu guerrier de Tetamanu, 2011) qui lui aussi est un grand guerrier. Après avoir conquis des galaxies, on demande à en conquérir d’autres, ce sont des phases par lesquelles on est passé et qui étaient actuelles à ce moment là. Aujourd’hui, on se sent plus zen, avec simplement Son of Sun, on reconnaît que, oui, on est tous des enfants du Soleil, et que l’on a besoin de lumière.
     
    De quoi parle Son of Sun ?
    Son of Sun raconte des choses actuelles, de la vie d’aujourd’hui, que l’on peut aimer passionnément tout en ne sautant pas dans le vide, avec de la maîtrise parce que l’on se connaît un peu mieux. Donc on sait où placer nos limites, du moins on essaye. Et puis on sait ce que l’on veut et on sait surtout  ce que l’on ne veut pas. Du coup, ça nous permet d’éclairer le sentier qui était avant très rocheux. (…) Il y a des chansons très légères qui accompagnent les pensées. Tu roules en voiture et on s’imagine pousser une porte  (I Will), aller chez la meuf et la voir toute nue attendre sur le canapé.
     
    Pour ce nouvel album, que vous avez enregistré à Paris, vous avez fait appel à l’ingénieur du son Franck Redlich ? Que vous a-t-il apporté ?
    Son expérience. Il a fait trois albums pour Indochine, c’est un super grand groupe qui remplit le Stade de France deux nuits de suite avec des billets qui sont vendus en une journée. Il y a aussi le fait qu’il bosse avec des professionnels dans un circuit d’ingénieurs du son. Du coup, il a la couleur de ce qui se fait sur le marché actuellement. Il peut nous préparer et faire en sorte que l’on soit actuel.
     
    Quel était le but de sa venue à Tahiti avant l’enregistrement ?
    Franck est venu ici pour nous préparer au studio. Quand on tourne dans un studio à l’étranger avec une structure professionnelle qui est vraiment adaptée pour ça et en plus pour un marché international, il y a des codes. Il faut gagner aussi du temps sur le timing. Quand tu vas dans un studio et que tu es prêt, forcément, au lieu de prendre
    15 jours, tu n’en prends que 10. Les coûts sont limités pour nous. On gagne du temps, on gagne de l’argent, on n’en perd moins. Il est venu là pour s’imprégner de nous. Comme un cuisinier, tu lui donnes les ingrédients et après, lui, il mixe les aliments. Tu peux mettre dix cuisiniers en face de toi avec les mêmes ingrédients, tu n’as jamais le même plat, et nous on aimerait que le plat soit à notre sauce. 
      
    Que pensez-vous du résultat final de cet album ?
    Il y a des moments où j’ai été un peu perturbé parce que, dès fois, j’ai l’impression que l’on a été un peu lissé au niveau du son en lui-même. Nous, on est connu pour être des hard-rockeurs, des bads boys. Et on a un son de distorsion qui déchire l’air. Lui (Franck Redlich) a apporté un son, que l’on a voulu, hein, on l’a engagé. C’est un son plus standard, pour augmenter le niveau d’écoute, l’audimat. Il faut aller dans ce sens-là pour toucher un public international. Ensuite, ça va avec l’âge que l’on a aujourd’hui, puisque on est beaucoup moins death metal. Un peu plus pop, beaucoup plus ouverts, tout en restant rock bien sûr. Lui, il apporte cette touche là.  
     
    Ce résultat vous a-t-il surpris ?
    C’est sûr que ça perturbe, mais on trouve ça intéressant parce que ça nous ouvre des portes que l’on connaissait mais que l’on refusait de franchir de peur que ça casse notre image bad boys. Mais l’on accepte et l’on découvre aujourd’hui que c’est nous, que c’est vraiment nous.
     
    Peut-on parler de l’album de la maturité ?
    C’est l’album qui a été fait dans un cadre professionnel, c’est l’album qui a un son standard international, c’est un album qui nous permet aussi d’être un peu plus mature pour faire des lives, connaître un peu plus les rouages du système musical, comment il fonctionne avec ses codes. On peut dire que ce n’est pas l’album de la maturité, mais on est plus matures.
    Des chœurs chantent dans V8 Car, et amènent une fraîcheur. Les chœurs, c’est un désir de longue date dans cet album. ça s’est fait tout naturellement avec l’appui de Franck. Il disait que ça manquait de ci, ça manquait de ça, et lui il a apporté ses ingrédients en plus. Quand on écoute les chœurs, moi ça me transporte, ça élargit la musique.
     
    Le violoncelle est en revanche moins présent dans cet album. Pourquoi ?
    Il y a un peu moins de violoncelle dans celui-ci, il  se trouve à des endroits bien précis. On a la chance que Simon  touche le clavier, aux sons électro aussi. Mais le violoncelle est toujours présent, il faut bien l’écouter.
     
    Electro… ?
    On se dirige un peu vers l’électro, entre guillemets, c’est vraiment un tout début.  Une musique  atmosphérique en tout cas, pour ma part, puisque l’album est divisé en deux, entre Mano et moi.
     
    Effectivement, les morceaux sont variés. Était-ce une volonté de votre part de partager l’écriture des morceaux entre vous et votre frère Mano ?
    C’était volontaire parce que Mano a énormément de chansons aussi. Dans les précédents albums, il s’impliquait un peu moins dans la composition en elle-même, mais il participait beaucoup lorsque moi j’écrivais ou lorsque je composais, ne serait-ce que par sa présence. On en discutait ensemble et indirectement ça avait une influence sur ce que j’écrivais moi. Dans ce dernier album, il a pris la plume, il est venu avec ses propres titres, on a fait moitié-moitié. Mais il en a d’autres, moi aussi j’en ai d’autres.
     
    Quels sont vos projets ?
    Il y a des albums en préparation. Ce qui nous manque c’est le côté financier, parce que ça coûte de l’argent. On se parle aussi souvent avec Patric Ullaeus (producteur suédois), qui a fait le clip Save me my love. Il veut revenir avec sa femme faire le clip Son of Sun, le scénario a été tapé. Il est super enthousiaste, il ne pense qu’à revenir passer trois semaines  avec ses frères et sa famille tahitienne. Et puis il y a deux autres clips que l’on aimerait mettre en route là, tout de suite là : I will et V8 Car. On est bien parti pour trois clips avec cet album. On a presque plus de sous dans la caisse. Il va falloir vendre des CD, des tee-shirts, des casquettes, faire du merchandising, et puis embêter un peu nos partenaires qui nous soutiennent énormément  (ATN, on est ambassadeur, Brasserie de Tahiti et Magic City).
     
    Propos recueillis par K.Mh.

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